- Leshan , Chine -

February 2017

Leshan, le plus grand Bouddha de Chine

Je n’arrive pas à croire que c’est déjà presque fini ! Notre dernière journée complète en Chine… Je repense à toutes les marches que nous avons montées et descendues, depuis le complexe où nous tenions notre conférence jusqu’aux escaliers de Qingchengshan et d’Emeishan… Nous voilà dans le train à grande vitesse, une fois de plus… Un quart d’heure suffira à nous faire rejoindre Leshan depuis Emeishan, cette proximité fait que pas mal de touristes combinent les deux en une seule journée, ce que votre blogueuse ne vous recommande absolument pas, à moins de manquer de temps et de ne pas vouloir manquer ces deux hauts-lieux du tourisme chinois. A première vue, Leshan ne fait pas envie. C’est une ville de belle taille… plus de 3 millions d’habitants tout de même, avec un paysage parsemés de gratte-ciel plongés dans une brume où, comme à Chengdu, on ne sait pas trop si c’est surtout de la pollution, ou surtout du brouillard et pourtant, Leshan possède un trésor: son Grand Bouddha et c’est précisément lui que nous sommes venues voir.

Giant Buddha Scenic Area

Après une course de près d’une heure en bus depuis la gare pour rejoindre l’entrée de la « Giant Buddha Scenic Area », nous y voilà… nous avons franchi la rivière. Car Leshan est une ville d’eau, à la confluence des rivières Min et Dadu, elle a toujours vécu au rythme, et jusqu’à récemment dans la crainte, des eaux des rivières. On dit d’ailleurs que la construction du Grand Bouddha est due à la volonté d’un moine voulant protéger les marins des forts courants des rivières et les habitants des  inondations. Ce qui est certain par contre sont les dates de sa construction, à la fin du VIIIème siècle. Il a pris presque cent ans à être construit ! Il est à présent inscrit au patrimoine de l’UNESCO, en même temps qu’Emeishan.

Pour pouvoir apercevoir le Grand Bouddha, il faudra d’abords prendre un peu de hauteur. Mais voilà, nous sommes sans doute à une des heures les pires pour les visites : entre 10 et 11 heures du matin… et nous voilà noyées dans une masse de touristes chinois à faire la file… enfin… si on accepte le concept de « file à la chinoise » où on n’hésitera pas à vous doubler et même à vous bousculer un peu en passant. Pas la peine de lutter ou de t’offusquer, Lectrice, Lecteur : tu ne gagneras pas ! Nous avons finalement adopté la même attitude « Pousse toi de là, que je m’y mette ! », ne fut ce que pour garder notre place dans les files. Oui, je parle de fileS car il faudra plusieurs : en premier pour acheter le billet, pour aller admirer le Bouddha depuis un point de vue et enfin, la plus grande, pour descendre des escaliers qui dévalent jusqu’aux doigts de pieds du Bouddha au bords de la rivière.

Et lorsqu’on arrive à se frayer une petite place sur la balustrade du premier point de vue, on sait pourquoi on est venues : c’est une énorme statue creusée dans une roche couleur brique qui se révèle à nous. En fait, il ne s’agit pas du Bouddha Siddhartha Gautama (LE Bouddha que tout le monde connait) mais de Maitreya, le « Bouddha du futur » dont la venue est prophétisée. Il est traditionnellement représenté assis, avec les mains posées sur les cuisses, en position d’attente de son avènement. Et c’est exactement comme çà qu’il nous apparaît, les yeux mi-clos, un peu baisés, regardant le rivière du haut de ses 71 mètres et protégeant les hommes qui la parcourent.

Quand on arrive à se détacher de la fascination de cette taille gigantesque, l’oeil peut commencer à s’attacher aux détails : par exemple, la coiffure composée de plus de 1000 petits chignons de pierre, les détails et plis du vêtement, les lèvres qui sourient légèrement… je vous conseille de le faire pendant la descente le long de l’escalier en bois puisque cela se fait très lentement, vu le monde (çà peut prendre jusqu’à deux heures dans le pire des cas). On a tout le loisir d’observer le Grand Bouddha sous tous les angles mais c’est finalement quand on arrive en bas, devant ses orteils (ne me demandez pas pourquoi, je suis restée fascinée par ses ongles de doigts de pied) qu’il est le plus impressionnant, avec toute sa masse qui vous domine. Ce qui est assez bluffant est en fait caché : le système d’évacuation de l’eau de pluie à l’intérieur du Bouddha, afin d’éviter qu’il ne s’écroule de l’intérieur (et on dirait bien que c’est efficace puisque ça fait 12 siècles qu’il tient debout). La plupart des visiteurs venus en circuit s’arrêteront là, hors, il y a bien plus à voir dans la « Scenic Area ».

Les tombes de Mahao et le village de pêcheurs

Sur le côté opposé de l’escalier en bois, nous en trouvons d’autres… mais creusés dans roche. Attention, c’est assez sportif (Grande Blonde a criée grâce plusieurs fois avant d’arriver) car les marches sont inégales et souvent très hautes ! Sur le chemin, on croise des grottes, un peu comme des petites stations où sont sculptés de nombreux bas reliefs et statues.

Bien laminées par la montée, nous décidons de nous arrêter à Ma-ho, un village de pêcheurs reconstitué qui est une étape-repos bienvenue entre deux efforts. L’endroit est vraiment joli : il consiste en une petite rue bordée de maisons dont les toits se touchent presque. On y trouve des restaurants et quelques boutiques mais à notre grande surprise, il n’y a presque personne ! C’est l’occasion de déguster un bon poisson de rivière (qui risque d’être dans un seau juste à côté de toi, Lectrice, Lecteur, quand tu arriveras pour prendre place). On ne va pas dire que ce fut le meilleur repas du voyage mais l’atmosphère est plaisante et autant dire qu’on avait besoin de se refaire un plein énergie avant d’entamer la grimpette vers le Temple de Wuyou.

Mais avant de rejoindre le temple, nous allons faire un crochet par un petit musée, le Mahao Cliff Tomb Museum, où ont peut admirer des tombes datant de la Dynastie Han qui vaut le coup pour les bas relief représentant des histoires et mythes très en vogue à l’époque (comme l’assassinat de l’empereur Qin par Jingke ou Angling et la Reine-mère de l’Ouest accordant des remèdes. Des bas-reliefs d’une qualité et d’une rareté apparemment inestimable, d’après ce que j’ai pu comprendre.

Le ticket reçu à l’entrée du Grand Bouddha de Leshan vous donne également accès au temple. Situé sur une île au milieu du fleuve Min, on le rejoint en traversant un pont à trois arches qui semble sorti d’une vieille aquarelle. Une fois passé le pont, c’est reparti pour une ascension sans doute un peu moins compliquée que celles qui ont menées aux tombes mais tout de même conséquentte. La récompense qui vous attend là-haut est le plus joli temple bouddhiste de Leshan ! Connu pour ses calligraphies et pour ses statues de terres-cuites, le temple de Wuyou date de la dynastie Tang et a été plusieurs fois remanié, notamment dans les années 20. Etonnement, il n’y a presque pas de visiteurs ici (la plupart étant des Occidentaux) et l’endroit respire le calme ! Pour ceux qui auraient passé leur chemin en traversant le village de Ma-Ho et qui seraient pris de fringale, il y a un restaurant végétarien sur place.

A la fin de la visite, on arrive a une grande terrace où la vue sur les fleuves et les environs vous enlève le souvenir d’avoir eu mal aux cuisses pour arriver jusqu’ici. Il ne reste plus qu’à profiter de la vue… et de la descente.

Vers le milieu de l’après-midi, la brume qui enveloppe Leshan se dissipe enfin et révèle le ciel bleu. Il existe donc bien en Chine ! Nous ne l’avions qu’entraperçu à Qingchengshan mais le voilà, franc, clair, avec quelques nuages… c’est le moment idéal, avant de reprendre le train, d’admirer le Grand Bouddha depuis une autre perspective : celle d’un bateau la rivière.

La majesté du Grand Bouddha

L’embarcadère se trouve un peu avant d’arriver à l’entrée de la « Scenic Area » et cette mini-croisière dure une petite demi-heure. Si le temps ou le budget vous est compté, cette petite balade fluviale n’est pas indispensable mais dans le cas contraire, ne vous en privez pas : c’est le seul moyen de pouvoir admirer le Bouddha avec ses deux disciples, invisibles d’une autre manière. L’heure est idéale et les couleurs rouges-orangées claquent dans l’air de la fin d’après-midi. Du coup, la sculpture prend encore une autre dimension, un autre relief. On réalise à quel point elle est « encastrée » dans la montagne. Ca valait les … yuans que coutaient la traversée.

Une veille de congé en Chine

Avec le soleil couchant, nous nous engouffrons dans un bus pour reprendre le train à grande vitesse vers Chengdu, cette fois en 2ème classe. Le confort est sensiblement moindre (sièges plus étroits et moins moelleux, plus de tablettes) mais ça reste au niveau d’un Thalys et lorsque nous arrivons à la Gare du Nord, c’est la surprise : des milliers et des milliers de passagers ont envahi les lieux. Le spectacle est tout simplement ahurissant : de tous les côtés, il y a une foule qui se précipite, pas un coin du hall central de la gare n’est vide. C’est une véritable fourmilière mais qui se déplace de manière anarchique : les passagers essaient de se frayer un chemin pour rejoindre les quais ou la station de métro… sauf que la fille pour acheter son billet fait au moins 50 mètres ! Gardienne-des-cordons-de-Bourse, Grande-Blonde et moi ouvrons la bouche à s’en décrocher les mâchoires… c’est que nous sommes vendredi mais n’importe lequel : le vendredi qui précède la « Golden Week », la semaine de congé accordée pour la Fête Nationale chinoise. Nous venons d’assister au 2eme plus grand déplacement de personne avant celle du Nouvel an chinois. Même les taxis sont pris d’assaut ! Nous décidons donc de nous arrêter dans un snack de la gare pour laisser passer le plus gros du flux mais même après çà, lorsque nous sommes enfin arrivées à prendre notre métro, il faudra se coller/serrer aux autres navetteurs dans un grand bain d’immersion de culture populaire chinoise. Ce qui me mettait le sourire au lèvres… mais l’expérience avait l’air de moins réjouir mes compagnes d’aventure. Entre un coude, une hanche et le nez presque sur la paroi de la rame, je repense à tout ce monde venu admirer Maitreya ce matin… et je me dis que nous l’avons plutôt échappé belle !

Pour aller plus loin

Arriver à Leshan

Le train

Un train à grande vitesse relie la gare de Chengdu-Est à  Leshan puis continue vers Emeishan ‘ce qui signifie qu’on peut facilement visiter les deux sites dans le même voyage). Le trajet prend à peu près une heure et coûte une dizaine d’euro. Depuis Emeishan, le trajet en train dure un peu plus d’un quart d’heure.

Attention, ce train nécessite une réservation et je conseille vivement de le faire bien à l’avance car ces trains se remplissent vite. Vous pouvez le faire à la gare (en n’oubliant surtout pas votre passeport, vous en aurez besoin pour faire votre réservation), soit en ligne, ce que nous avons fait avec https://www.travelchinaguide.com et vous serez livrés en 48 heures en Chine mais il existe aussi d’autre prestataires comme http://trains.china.org.cn/ et d’autres.

Le bus 

Depuis Chengdu : il suffit de se rendre à la gare  des bus de Xinnanmen d’où partent des bus inter-villes. Vous serez déposés à la gare routière Xiaoba

Depuis Emeishan : Il ya des bus toutes les dix minutes

Arriver au Grand Bouddha de Leshan

Une fois arrivés à la gare de trains , trouver l’arrêt des bus et emprunter le bus N¨3. Compter 45 minutes pour rejoindre le Bouddha.

Depuis la gare des bus, prenez le bus 13.

Il n’y a pas de consigne à bagages à la Gare de Leshan (j’ai cherché en vain) par contre, à l’entrée de la « Scenic Area », on trouve de nombreuses supérettes. Pour quelques yuans (et une consommation, par courtoisie), vous pourrez laisser vos bagages sous bonne garde.

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