- Chengdu , Chine -

October 2016

Chengdu et le Sichuan, impressions de Chine

Un nouveau pays à découvrir n’est jamais anodin, surtout s’il s’agit de la Chine. On y arrive avec des tas d’idées, de préjugés, des saveurs des restaurants chinois, des récits de voyages déjà lus, d’autres blogueurs qui nous ont raconté leurs mésaventure(s)…

Aussi, lorsque je débarque à Chengdu pour le travail et que je pose les pieds pour la première fois de ma vie sur le sol chinois, je suis curieuse, excitée… Chengdu n’est pas Pékin, Chengdu n’est pas l’image que l’on se fait du pays. La Grande Muraille et la Cité interdite sont loin ! Le Sichuan est bien la patrie des pandas, trésors nationaux, mais cette région du sud-ouest, longtemps isolée, a toujours été un peu rebelle. Entre plaines fertiles et contreforts du Tibet, le Sichuan a pas mal d’atouts dans sa manche.

Chengdu va nous apparaître dans un épais brouillard, mélange de brume naturelle et de pollution qui quitte rarement la ville. Les chiffres donnent le tournis : la capitale du Sichuan et sa région métropolitaine compte 14 millions d’habitants ! Pas moins de 5 « ring roads » l’encerclent et partout, partout, des immeubles en construction, des grues… La Chine ne construit un avenir qui a l’air brillant… bien qu’un peu impersonnel. C’est une foule de gratte-ciels anonymes que nous croiserons. Le développement à taille humaine n’a pas vraiment de sens pour un pays qui pèse autant.  Mais en y regardant de plus près… certains chantiers sont à l’arrêt, des bâtiments finis sont laissés à l’abandon et la ligne 7 du métro, fièrement annoncée sur les cartes et même les machines de vente de tickets, n’existe toujours pas. Dans le métro, on a pudiquement recouvert les stations de transit avec un autocollant opaque.

La Chine au travail

Mais avant de découvrir plus, il y a cette longue semaine de travail à effectuer où, cloîtrés dans un centre de congrès à l’écart de la ville, nous allons découvrir la Chine, via les Chinois et leur manière de travailler et de vivre. Et que dire ? Notre première prise de contact avec la société chinoise se fera… dans un méga-mall, un des plus grands d’Asie, situé juste à côté de l’hôtel. Une espèce d’extravagance de verre et d’acier qui abrite même un parc aquatique.  Toutes les grandes marques sont là et la foule se presse pour faire du shopping. Pourtant, n’est-ce pas une pancarte rouge flanquée du marteau et de l’enclume que j’ai vue pas très loin ? Tout un petit monde se presse, en famille, en amoureux ou entre en bande d’amis. Un spectacle on ne peut plus familier. Je me mets à sourire et je pense à Tintin dans le « Lotus bleu », quand il révèle à Tchang les absurdes préjugés des Européens sur les Chinois. Certes, je ne m’attendais pas à trouver des hommes aux allures de Fu-Manchu et des femmes aux pieds bandés mais le tableau est si proche de que je connais…

Copyright Moulinsart SA

Copyright Moulinsart SA

Je ne peux m’empêcher de penser que finalement, les gens, et surtout les citadins, sont bien les mêmes sont toutes les latitudes. Ils prennent les transports en commun ou vont perdre leur temps dans des embouteillages, vont travailler (ou pas). faire du tourisme (comme je vais pouvoir le constater plus tard), se détendre au parc, jouer avec leurs enfants, boire des verres, manger au restaurant…

Pour le boulot par contre, ce ne fut pas toujours facile. Il y a des moments « lost in translation » bien sûr et c’est sans doute le plus dur des challenges (même si les applis de traduction aident), des pratiques qui à nous Occidentaux, semblent absurdes, des manies qui pourraient paraître agaçantes (ah, les fameux raclements de gorge suivi de crachats dont j’avais si souvent entendu parler ou la manie de vouloir doubler tout le monde, quitte à bousculer, que ce soit dans une file ou sur une route)… Mais ce qui m’a frappé le plus, c’est l’envie de bien faire. Une envie de bien faire et une efficacité qui semble complètement s’écrouler quand un inattendu arrive ou quand une demande est faite qui ne cadre pas dans les plans prévus. J’ai observé deux réactions : la quasi-panique et le silence-radio (qui signifie en fait qu’ils feront comme ils voudront). Deux attitudes très frustrantes quand on n’est pas au courant ou pas habitué.

C’est aussi la première fois que je me retrouve dans un pays où des sites internet sont massivement censurés : pas de Facebook, pas de Twitter, pas de Google ni de Snapchat. Ni même certains journaux étrangers (comme Le Soir). Le « Grand Pare-feu de Chine » n’est rien dont un bon VPN ne puisse venir à bout… mais cela mène à des situations plutôt cocasses. Comme de voir le site de l’association pour laquelle on travaille, et vient en Chine, se faire bloquer quelques jours après notre arrivée. En utiliser un n’est d’ailleurs pas illégal. Bienvenue en absurdie !

Une aventure épicée

Et il y a la cuisine, cette cuisine du Sichuan qu’on dit la meilleure de Chine. Palais et estomacs sensibles, attention : ça chauffe, ça pique, et à des degrés TRES élevés. On aime ou pas mais si on aime ce mélange de piment et de l’arôme citronné du poivre du Sichuan, il parait que l’on ne peut plus s’en passer après un certain temps. Cette odeur que l’on sent sortir de presque tous les restaurants, restera pour moi associée à jamais à Chengdu. Mais avant de goûter, il s’agit de pouvoir deviner ce qu’un plat peut être dans des menus avec photos sans autres légendes que d’élégants sinogrammes.  Et ça, c’est déjà tout un challenge et toute une aventure.

Finalement, la Chine m’apparait comme une étrange géante. Une espèce de grande adolescente consciente de ce qu’elle pourrait être mais qui tâtonne, se cherche, apprend tout en se raccrochant à de vieux principes et de vieilles habitudes.

Et elle n’aura pas fini de me fasciner…

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  1. Chengdu, extrait de Chine - Mel Loves Travels
    le 21.08.2017

    […] Les plans d’extension du réseau sont assez ambitieux mais ont du mal à se concrétiser (je vous avais parqué de la ligne « 7 » qui devait normalement être en service cette année et dont on essaie d’effacer les traces […]

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