Le secteur d’Ishasha se mérite ! Pour atteindre ce coin isolé de Queen Elizabeth National Park en Ouganda, il faut prendre une mauvaise piste pendant plusieurs heures mais le spectacle en vaut la peine. Nous roulerons toute la fin de l’après-midi jusqu’à ce que le soleil soit couché et le spectacle de la savane pendant que le soleil baisse est inoubliable. Les rayons dorés du soleil illuminent les hautes herbes en dégradé de vert, de jaune et de rose saumon. Un petit vent les fait onduler doucement et le mouvement donne l’impression d’une grande vague multicolore. Et sur cette route, pas un chat… (en tout cas, pas de GROS chats)… enfin, il semble que nous allons avoir droit au coucher de soleil que nous attendions depuis le début du voyage, celui que rêve de voir tout .e voyageur.se en Afrique ! On prend le temps de s’arrêter devant un arbre et qui semble dévoré par un brasier rose et orange.

A la chasse aux lions dans les arbres !

Il fait nuit noire quand nous arrivons enfin à notre logement : l’Ishasha Jungle Lodge et c’est à la lueur des torches que l’on vient nous chercher. On a vraiment l’impression d’être un peu au bout du monde et pourtant… C’est Costantino, un jeune Italien qui est à la tête d’une petite chaîne d’hôtels en Ouganda, et son équipe qui nous accueille dans ce lodge un peu particulier, situé dans sa propre petite forêt (mais je reviendrai sur le logement plus tard).

Pourquoi prendre la peine de venir jusqu’au Secteur d’Ishasha ? Tout simplement pour avoir une chance de voir les « lions dans les arbres ». Ces lions qu’on ne trouve qu’ici ont deux particularités : les mâles ont souvent une crinière noire et ils grimpent dans les arbres, ce que les autres lions ne font pas. Pourquoi ? On ne le sait pas vraiment. Sans doute pour profiter d’un peu de fraîcheur aux heures les plus chaudes ? On va donc essayer de le dénicher lors de notre safari !

Nous voilà donc lancés en milieu de matinée mais nous allons très vite réaliser que la tâche ne sera pas facile. Comme la matinée est déjà bien avancée, la plupart des animaux ne se montrent pas vraiment. Nous croisons quelques troupeaux de buffles, ce qui est toujours impressionnant, mais pas grand chose d’autre. Chaque arbre aux branches étendues et tortueuses est scruté avec attention mais pas la moindre crinière à l’horizon ! Nous aurons quand même droit à un spectacle qu’on ne voit pas tous les jours… cela commence par un petit groupe d’éléphants qui déboule de derrière de gros buissons. Sauf que d’autres suivent, et suivent encore. Il doit y avoir pas moins de 40 pachydermes, ce qui est exceptionnel ! Le souffle coupé, nous les contemplons. En petits noyaux, mais toujours ensemble, ils se suivent les uns, les autres, marchant comme au ralenti. Protégeant les quelques jeunes entre deux adultes. Où vont-ils ? Seuls la tête du groupe le sait mais cette vision restera l’une des plus impressionnantes de ce voyage en Ouganda.

Par contre, malgré nos efforts et une recherche prolongée, pas de lions ! Nous avons eu énormément de chance jusqu’ici, il fallait bien qu’elle nous abandonne un petit peu.

Si près du Congo !

Michael notre guide principal, qui a rejoint notre jeep, nous dit finalement : « Bon, on va aller au Congo ». A voir nos mines sceptiques, il rétorque : « Je ne rigole pas ». Et nous faisons un arrêt près d’un camping le long d’une rivière qu’on pourrait facilement traverser à la nage, si ce n’était pour les petits groupes de hippos qu’il vaut mieux éviter : voilà, de l’autre côté, c’est la République Démocratique du Congo ! Ceux qui ont leurs téléphones allumés reçoivent même des messages de bienvenue de la part du réseau de GSM congolais !

Michael tient à nous emmener faire un tour dans les installations du camping… qui sont plutôt rudimentaires : des latrines, une douche, un coin pour le feu de camp (indispensable pour tenir les animaux à distance). Ce qui prouve que tous les budgets et les aventuriers sont bienvenus en Ouganda !

Avant de rentrer au lodge pour le déjeuner, nous retentons un passage dans la savane. Peut-être que les lions se sont décidés à se montrer ? On scrute, on guette le moindre figuier, aux branches assez larges et confortables pour un gros félin mais rien de rien. C’est donc bredouille et affamés que nous revenons.

Un petit tour à l »école

Après le repas, Costantino nous a invités à visiter une école toute proche, la Kameme Primary Parent’s School, que son lodge soutient.  C’est en uniforme et au garde à vous qu’une partie des élèves (on est samedi, on a fait venir les volontaires) nous accueille avec le directeur de l’école. Cette école privée (comme pas mal en Ouganda) a été créée par les parents du village et après quelques mots de bienvenue, les enfants au garde-à-vous nous accueillent en chanson.

Autant le dire tout de suite, nous étions un peu mal à l’aise devant une scène qui semblait parfaitement répétée. J’ai l’impression de me retrouver dans les cases de Tintin au Congo, lorsque le petit reporter débarque à l’école tenue par les missionnaires. Le moment le plus gênant étant celui où le directeur donnera le signal aux enfants d’aller vers nous. Nous voilà soudain entourés de bambins, mi-timides, mi-curieux, qui ne savent pas trop comment nous appréhender. Ça tombe bien, nous non plus ! Mais je m’avance et j’y vais. Je pose des questions, sur leurs noms, la classe dans laquelle ils sont, ce qu’ils apprennent, de temps en temps, quand je ne regarde pas, je sens une petite main qui vient toucher mes cheveux. Ca me fait sourire. Ici, petits garçons comme petites filles portent les cheveux TRES courts. J’imagine que mes cheveux un peu longs et un peu blonds sont un objet de curiosité. Enfin, je leur demande si je peux voir la classe et me voilà emmenée fissa à l’intérieur avec un groupe de garçons un peu plus âgés, ceux qui sont en dernière classe de primaire. Les plus grands s’apprêtent à passer l’examen de fin de primaire. « Et c’est pas facile ! » me déclare l’un des garçons. Ni une, ni deux, on me place la dernière interro devant les yeux. Voyons comment l’Occidentale va s’en sortir. Disons que sur trois questions très afrio-centrées, elle n’avait la réponse que pour une. Les gamins rigolent de bon cœur. « T’en connais pas beaucoup sur l’Afrique, hein ? » J’admets… mais j’apprends ! De temps en temps, un gamin fait un saut pour me toucher les cheveux en riant. Je sors mon smartphone, et je leur montre Bruxelles. Regards étonnés. C’est grand où je vis. Oui, mais pas tellement, moins grand que Kampala. Mais pour eux, cela reste abstrait. Kampala est loin.

Pour aller plus loin

Comment se rendre au Secteur d’Ishasha

Comme mentionné, Ishasha est plutôt isolé. Il existe une piste d’atterrissage pour les avions qu’on peut charteriser au départ de Entebbe mais vous devrez conduire, ou vous faire conduire, sur une piste pendant plusieurs heures depuis le secteur du chenal de Kazinga (si c’est là d’où vous venez). Vous pouvez également accéder au Secteur d’Ishasha via le parc voisin de Bwindi Impenetrable Forest (SPOILER : c’est notre prochaine étape).  La route y est un peu meilleure, même si il faut conduire dans la montagne.

Où séjourner dans le Secteur d’Ishasha ? 

Ishasha Jungle Lodge

C’est à la lueur des lampes torches que nous sommes arrivés au Lodge. Un petit établissement au coeur d’une forêt et en bordure d’une rivière. Le lodge est le fruit du travail de Costantino, un Italien expatrié en Ouganda depuis des années. D’abords impliqué dans des ONGs, il a vite décelé le potentiel touristique du pays une fois l’Ouganda devenu stable. Très impliqué dans la vie associative, dans le développement durable et le tourisme durable. Une vie bien remplie, quoi !

Cet éco-lodge est plutôt intime, et les chambres, plutôt simples et laissant une grande partie aux éléments naturels comme le bois et la pierre.  Le corps principal est joliment décoré et c’est l’impression qui se dégage, c’est plutôt d’être dans une chambre d’hôte que dans un lodge. On y mange aussi très bien. Costantino suit le mouvement « Slow food’ initié en Italie et fusionne des plats traditionnels ougandais avec une touche européenne. C’était un des meilleurs endroits où nous avons mangé d’ailleurs !

Le lodge étant dans un coin plutôt isolé, ne soyez pas étonné de voir des gardes circuler avec une arme. Ils sont là pour surveiller les animaux. Comme Costantino nous ‘a raconté, de temps en temps, un léopard traine (et aime particulièrement les terrasses des bungalows et les éléphants ont déjà causé quelques dégâts au lodge. Mais croyez moi, vous vous sentirez l’âme d’un.e aventurier.ère une fois arrivé.e ici.

Ce voyage en Ouganda a été organisé en collaboration avec l’Uganda Tourism Board, l’Association of Uganda Tour Operators, l’Ambassade de France en Ouganda, l’Ambassade de Belgique en Ouganda et Brussels Airlines. Les opinions de l’auteure lui restent propres, malgré le nombre de Nile Beers ingurgitées.