Le 24 juillet 2010, votre dévouée blogueuse écrivait : « Ce blog, c’est pour vous. Pour ceux comme moi qui sont atteints de wanderlust aigüe et qui attendent entre deux départs. C’est aussi pour ceux qui restent joyeusement à la maison et qui se délectent des récits des autres.  C’est pour les petits curieux qui se demandent où ils iront, ou ce qu’ils feront la prochaine fois. C’est surtout pour ceux qui n’osent pas. Qui voudraient bien. Qui ne savent pas par où commencer. » Nous voilà 10 ans plus tard, et à part peut-être ma section « Geekeries de voyage » qui a été un peu négligée, cette promesse, Lectrice, Lecteur, je pense l’avoir maintenue.

Il s’en est passé des choses en 10 ans… dans ma vie privée (deux déménagements, un divorce, un changement de cap professionnel), dans ma vie de voyageuse (j’ai appris à voyager seule, de plus en plus longtemps et de plus loin, j’ai réalisé quelques vieux rêves, relevé des défis et échoué aussi). Et il y a le blogging, qui a énormément changé lui aussi.

Il y a 10 ans, jamais je n’aurai imaginé que cela pourrait devenir un plan de carrière. Ce blog avait été lancé sans autre réflexion que le plaisir d’écrire. Cela faisait 5 ans que je tenais un blog perso et après toutes ces années, m’atermoyer sur mes états d’âmes me semblait de plus en plus vain. L’impression de tourner en rond s’était installée… 3 ans auparavant, j’avais décroché un CDI et j’ai commencé à voyager. De plus en plus. C’est d’ailleurs une des premières choses que je me suis offerte avec mon salaire : un week-end à Tallinn, seule. J’étais déjà atteinte de voyagite aigüe mais maintenant, je pouvais désormais céder à mes penchants nomades sans autre restriction que l’obligation de travailler pour justement pouvoir les satisfaire. Et naturellement, ce qui était devenu une partie importante de ma vie devait être racontée. Parce que c’est comme ça, votre servante aime raconter des histoires.  Un peu plus d’un an plus tard, j’étais conviée à mon premier « blogtrip » au Pays de Galles. C’était aussi une première pour eux et depuis, j’ai assisté à l’évolution de ce qui est devenu une industrie… parallèlement à celle des réseaux sociaux. J’ai vu des blogs se monter avec des plans marketing digne d’une marque, la montée en puissance des influenceurs, la ringardisation de Facebook, avant peut-être bien celle d’Instagram au profit de TikTok qui semble pointer le bout de son nez.

Et chaque fois, je reste étonnée qu’on me sollicite car même si ça fait longtemps que j’écris mes bafouilles, je reste un blog modeste. Oh, il pourrait faire mieux mais entre manque de temps, prudence face à ce qu’on appelle « l’influence », paresse et sans doute un sérieux syndrome de l’imposteur, je n’ai jamais « poussé » mon bébé. Je l’ai laissé grandir, comptant sur ma constance et mon envie d’écrire qui ne décroît pas avec les années.

Pourtant, quand je m’efforce de regarder en arrière, je me dis que ma « créature » m’a apporté tellement plus que ce que je ne lui ai donné. Plein de merveilleux voyages dont je n’aurai pu rêver (la Thaïlande, l’Indonésie, l’Ouganda), les coups de pied au derrière qu’il fallait pour réaliser de vieux rêves (les Îles Féroé, le Svalbard et évidemment, mon tour du monde), de me lancer dans un défi qui aura pris 9 ans pour le réaliser (Rapa Iti) et à me dépasser, à puiser dans les ressources, à me prouver à moi-même que je suis capable de plus quand je suis sur la route. Et par là à prouver, surtout à celles qui me suivent, qu’elles aussi sont capables tout autant que moi, et probablement même plus que moi, de se lancer dans cette belle aventure qu’est le voyage en solo. On, je ne te cache pas que le dépassement de soi, ce n’est pas toujours et pas tout le temps. Je pense qu’on ne refera jamais l’introvertie que je suis… et c’est peut-être aussi un peu pour ça que je persiste et signe. Parce que ce blog, et surtout les réseaux sociaux, c’est une de mes manières de communiquer avec toi. Lectrice, Lecteur, il faut que tu le saches, si l’acte d’écrire est un plaisir tout personnel, c’est à toi que je pense à chaque ligne. C’est toi que je veux divertir, inspirer quelque fois, j’ose l’espérer. Rien ne me fait plus plaisir que d’échanger avec toi, de t’aider à concrétiser tes projets… c’est ce qui me rend la plus fière.

Ce 10ème anniversaire, j’avais songé en faire quelque chose d’un peu spécial. J’aurai voulu te gâter… mais voilà, 2020 est ce qu’elle est, une p****n d’année dont on n’est même pas sûr.e.s que tout son mauvais karma s’éteigne le 31 décembre. Je n’avais pas le cœur d’en faire tout un tralala et j’ai préféré t’adresser ces quelques lignes et te renouveller la promesse de continuer comme je l’ai fait depuis le début : de te parler d’ailleurs aussi honnêtement que je puisse faire, avec empathie, cœur et exactitude.  

Que tu sois là depuis le premier article ou depuis celui-ci, merci Lectrice, Lecteur !

Je te l’ai dit : tout ça, c’est pour toi.

Avec ma plus profonde amitié,

Mélissa

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