- Moorea , Polynésie française -

May 2016

Visiter la Douce Moorea

Petit matin, tout le monde se presse au port de Papeete pour prendre le "bateau-navette" pour Moorea. J'ai fait une course effrénée, arrivée juste à temps pour embarquer ! A bords, je retrouve une foule d'enfants partis pour la journée... et des navetteurs, des gens qui vont travailler à Moorea pendant la journée. Après tout, la traversée ne dure qu'une heure et il est si agréable d'avoir les cheveux au vent plutôt que d'être collée-serrée dans le métro. Pour le départ, je suis suis le pont, à regarder les bateaux encore amarrés au port. L'Ocean Princess est à quai, attendant patiemment d'embarquer de nouveaux passagers , quelques yachts sont dispersés également. Et mon esprit vagabonde. A qui appartiennent-ils ? Où vont-ils ? Comment c'est à l'intérieur ? Comment la vie à bords peut-elle être , Et si je sautais du pont pour les rejoindre ? Je sais nager ! Je leur demanderais de m'embarquer ! Mais je secoue la tête en souriant... folles idées ! Je ferai mieux de regarder les manœuvres du ferry qui va s'engager dans une passe à travers le lagon à la mer ouverte et devant moi, c'est un camaïeu de bleu : turquoise, bleu-vert, bleu marine. Une fois en mer, la houle saisit tout de suite le bateau qui se met à tanguer plus fort, et le vent se fait plus insistant. Je rentre donc m’abriter un peu dans les jolis salons du ferry. On peut y manger et y boire, s'installer sur de confortable fauteuils.

 

Oh, tiens, une raie! ; ) #Moorea #snorkeling

Une vidéo publiée par Melissa M. (@mellovestravels) le

 

"Tu vas voir, m'avait dit Mélina, les gens sur Moorea, ils sont cool! Vraiment gentils." Je me demande ce que ça va donc donner étant donné l'énorme vague de bonhommie qui me submerge depuis que je suis arrivée en Polynésie ! "Et puis, quand tu arrives au port de Moorea, tu vas voir... ça te prend tout de suite!" Je suis retournée sur le pont exprès pour assister aux manoeuvres d'arrivée et en effet... Si vue depuis un satellite, Moorea a des formes très douce, lorsqu'on l'aborde par la mer, c'est un mur de montagnes vertes qui se dresse devant le voyageur. Un aspect rude et sauvage qui frappe à l'âme... comme un mélange de fascination qu'exerce la beauté du lieu mêlé a une peur venue du fond des âges : mais quels dangers peuvent bien cacher toutes cette végétation et ces pics ?  Mais non! Pas de bêtes sauvages à l'intérieur de la belle Moorea... c'est plutôt dans l'eau qu'il faut faire attention! Mais pour l'heure, il est temps de débarquer et de trouver un taxi pou me rendre au Fare Aute, mon lieu de résidence pour les 2 prochains jours.  C'est ici que je vais rencontrer un sacré personnage, la maman de la propriétaire : Mamie Caro. En l'absence de sa fille qui était sur Tahiti pour un salon du tourisme, c'est elle qui supervise ses petites-filles et j'ai à peine eut le temps que je suis immédiatement prises en charge par cette dame au sourire malicieux. C'est qu'il faut m’approvisionner pour les deux jours, pas de village à côté du fare (pension). Est-ce que je dois passer au magasin ? Pas de problèmes !  Et quand Mamie Caro s'arrête avec vous chez un vendeur de fruit, vous repartirez avec deux belles mangues.  Avec elle, j'ai l'impression de me retrouver sous l'aile protectrice de ma propre grand-mère.

C'est elle aussi qui me conduira à un lieu qu'il ne faut pas manquer à Moorea : le Lagoonarium.

 

Lagoonarium de Moorea

Le Lagoonarium, kesako ? Eh bien tout simplement un jardin de corail (qui a quand même un peu souffert) avec parcours cordé où on peut faire du snorkeling au milieu des poissons tropicaux, des raies pastenagues et des requins à pointes noires qui fréquentent les lieux. On vient vous chercher en pirogue sur le ponton et c'est parti pour quelques heures hors du temps sur un petit motu!  A bords de la pirogue, j'ai déjà l'impression d'être un peu hors du monde. C'est un jeune métro au cheveux décolorés par le sel et le soleil et à la petite barbe qui vient me chercher. On sympathise tout de suite et j'ai droit à ma première explication sur le lieu.

Comme c'est la saison basse, à part une famille, je suis la seule cliente du jour et je peux entreposer mes affaires dans une petite cabane, qui ont aussi des chaises pour profiter des alizés à l'ombre. Et je suis arrivée pile à l'heure pour le feeding des raies, une des activités comprises dans le prix d'entrée qui vous permet d'être au plus près de ces drôles de poissons, et même de les toucher! Les petits requins à pointes noires aussi viennent s'en mêler et même si je sais qu'ils sont plutôt inoffensifs pour l'homme, je ne peux pas m’empêcher d'être un peu inquiète quand ils passent à quelques centimètres de moi. Entre deux sauts dans l'eau, j'en profite pour papoter avec Matahi et son collègue, qui m'ont invité à casser la croûte avec eux (baguette et patté au menu).  Le lieu est vraiment idéal pour les enfants et ceux qui ne nagent pas très bien, le parcours dans le jardin de corail est cordé et il suffit de se tenir aux cordes si on est pas très sûr de soi( même les bons nageurs y sont quelques fois obligés car le courant est fort) mais j'ai passé un excellent moment à me délecter des 50 nuances de bleus du lagon, d'échanges avec nos anges-gardiens maritimes  et de m'émerveiller sur les centaines de poissons multicolores croisés toute l'après-midi.

Et au retour, c'est Mamie Caro qui vient me chercher, toute fière que j'aie adoré mon premier jour à Moorea. Elle a d'ailleurs une surprise pour moi : des boulettes de poisson, qu'il n'est évidemment pas question de refuser. Mon petit coeur fond. Je ne sais pas si c'est le fait d'être maintenant seule sur la route depuis deux mois mais ce soudain déferlement de sollicitude m'émeut jusqu'au fond. C'est donc l'esprit plein de belles pensées que je vais admirer le coucher du soleil depuis la plage privée du faré. Je m'attendais à un flamboiement de couleurs mais non, l'eau devient bleu pastel, le ciel un dégradé de saumon clair, en passant par le jaune et le rose avant de se fondre dans un azur de plus en plus sombres... C'est doux, calme, et tranquille, comme Moorea.

Moorea express

Que faire quand vous n'avez plus que 24 heures pour découvrir un endroit qu'on ne peut découvrir qu'avec un véhicule et que vous ne conduisez pas ? Réserver une excursion ! Pas le choix. Me voilà donc embarquée pour une visite guidée par Moana, un solide gaillard à côté de qui je m'installerai, sur le siège passager, puisque je suis la seule à être seule dans notre petit groupe. Pour commencer la visite, on va prendre de la hauteur pour se donner une idée du paysage de Moorea. Direction la Montagne magique pour un panorama sur le nord de l'île. Moorea possède deux baies jumelles qui s'enfonce profondément dans les terres : la baie de Cook et celle d’Opunohu, C'est cette dernière que la terrasse de la Montagne magique. La vue est imprenable sur le lagon, qu'il vaut mieux visiter quand le soleil est déjà assez haut pour pouvoir distinguer toutes les nuances de l'eau.

Moorea, outre le tourisme, est aussi une île agricole. ce n'est donc pas étonnant d'y trouver un Lycée agricole. On y croise donc des champs de culture, dont l'ananas, qui est un peu le fruit chouchou de Moorea. On croisera de grandes plantations de ces fruits au fur et à mesure de la découverte.

Prochain arrêt : le Belvédère. Sans doute le plus joli point de vue de Moorea puisqu'il donne sur les deux baies mais aussi, sur le beau Mont Rotui (899 mètres), une montagne conique aux airs de volcans qui surplombe les deux baies. C'est majestueux... et on peut faire une randonnée jusqu'à son sommet (environ 6 heures). Randonnée qui à l'air vertigineuse quand on voit les crêtes de la montagne.

Nous sommes bien vite tiré du spectacle pour reprendre la route et découvrir un marae récemment restauré : le Marae Ahu o Mahine, perdu au milieu de la forêt. Il faut utiliser un peu de son imagination pour imaginer le marae au XVIIIème siècle, avec des tikis colorés, un jardin et les habitants du coin qui venaient y célébrer de grandes occasions. Il ne reste plus qu'une plateforme de pierres de basalte mais au milieu de cette forêt, il plane malgré tout quelque chose d'étrange et de sacré dans l'air. Mahine était un grand chef de Moorea et le Capitaine Cook, le célèbre explorateur de sa gracieuse majesté,  avait ou constater lors de son second passage à Moorea, que ce grand chef avait réussi  repousser une attaque venant de Tahiti. Pas étonnant que ce marae y soit consacré.

Nous allons reprendre un peu de hauteur pour nous arrêter au Tropical Garden de Moorea. C'est le projet de Loana mais c'est Mamie Rita qui nous accueille dans un jardin dont l'équipe tire fruits et fleurs pour y produire de la confiture (hmmmm.... la confiture de coco et d'ananas!!!), du monoï, des glaces, des jus... Pour couronner le tout : la terrasse offre une vue superbe. On peut y visiter une serre de vanille et un sentier , que je n'ai malheureusement pas pu tester, mène à une cascade dans la forêt.

La petite troupe reprend le chemin vers le bas pour un arrêt un peu spécial qui m' fait un peu froncer les sourcils mais en y réfléchissant, c'est plutôt signifiant : la visite du magasin de l'usine à jus Rotui.

Rotui, une histoire de jus

Si vous passez un peu de temps en Polynésie, vous ne manquerez de vous souvenirs de deux icônes de la consommation polynésienne : la vahine des bières Hinano et les grosses briques de jus Rotui. J'en aurai consommé pas mal lors de mon séjour, surtout le si parfumé jus d'ananas et si je pouvais m'en faire expédier des hectolitres, je le ferai ! Mangue, banane, goyave, orange, pamplemousse... tous les fruits tropicaux y sont transformés en jus plus délicieux les uns que les autres. Mais les jus ne sont pas les seuls choses que l'on fabrique à l'usine : on y trouve aussi de l'alcool d'ananas : mousseux (brut d'ananas) et tranquilles (sec et moelleux), qu'on va nous faire goûter abondement. Sur le papier, on se dit que ça pourrait être bon mais malheureusement... le brut et le second avait vraiment du mal à passer : trop sec, ça arrache vraiment le palais (étonnant, pour de l'ananas). Je reviendrai donc de cette visite les mains libres.

La visite se termine sur les pontons de la baie de Cook, probablement la plus belle... et aussi le moment où mon appareil-photo a décidé de me lâcher! Petit détail amusant, ce n'est pas dans cette baie de Cook est venu pour la première fois à Moorea, mais bien dans l'autre baie, celle d’Opunohu et on comprend vite pourquoi Moorea devient très rapidement une des îles préférée des voyageurs qui découvrent la Polynésie.

Na na, douce Moorea

Le soleil se couche vite sous les tropiques ! Vers 18 heures, le soleil est déjà bien bas, prêt à se faire engloutir par l'océan Pacifique. J'en profite pour aller taper la causette à Mamie Caro et ses petites filles, qui sont justement sur le devant de leur fare. C'est ma dernière nuit ! Demain, je partirai tôt, probablement sans les voir. Les jeunes filles me posent des tas de questions : sur mon parcours, où je vais après, si j'ai peur... J'essaie de leur expliquer que non. Mamie Caro n'a pas l'air très convaincue et pose sa main sur mon épaule en me recommandant la prudence. Comment le monde ne ferait pas un peu peur aux habitants de ce petit morceau de Planète Terre si doux et préservé de affres du monde ? Comment ne pas se sentir loin de tout ce qui mauvais et négatif aussi, ne pas se sentir protégé, n'avoir à craindre que les caprices de la nature, la plupart du temps ? On passera une petite heure à converser avant que je ne me décide à rejoindre mon petit fare et profiter du coucher de soleil. Je vois Mamie Caro émue aux larmes. Ca ne fait pas deux jours que je suis ici, et elle s'inquiète comme si c'était son enfant qui allait la quitter. Moi aussi, j'ai bien du mal à ravaler mes larmes lorsqu'une de ses petites filles vient me passer un collier de coquillage autour du coup, symbole de l'espérance, et de la promesse, du retour en Polynésie.

Point des photos de ce trio de femmes, mais leurs visages et leurs sourires, ils sont là, présents, et sont les premières images qui apparaissent quand je me rappelle de Moorea. Et confidence pour confidence, Lectrice, Lecteur, ce sont les yeux humides que je conclus cet article. Na na , Moorea !

Pour aller plus loin

S'y rendre

Moorea se trouve à 16 kilomètres seulement de Tahiti, le plus commode est de s'y rendre par bateau, soit par ferry (l'Aremiti) qui fait la liaison en 45 minutes à soit par catamaran rapide en 30 minutes l'Amermiti 5 et le Terevau). Celà dépend si vous devez y emmener un véhicule ou l'heure à laquelle vous partez. Les réservations ne sont pas obligatoires, sauf les week-end, où c'est plutôt conseillé. Départ de Tahiti à la gare maritime de Papeete en plein centre/ A Moorea, la gare maritime se trouve à

Il est aussi possible de prendre l'avion avec Air Tahiti (ce sera probablement le vol le plus court de vitre vie, 7 minutes) mais en général, il s'agit plutôt d'une simple escale pour se rendre dans d'autres îles de l'archipel de la Société et ce n'est pas recommandé (aucun gain de temps).

Loger

Moorea n'est pas bon marché et à côté de Singapour, sera le lieu le plus cher où j'ai séjourné. Il y évidemment les hôtels de luxe avec bungalow sur pilotis mais il faudra être prêt à mettre le prix. Les budgets plus modestes logeront dans des pensions (souvent un bon deal quand on est au moins à deux).

Le Fare Aute est situé en bords de mer, côté couché du soleil et possède sa propre petite plage. Situé dans un joli jardin, la propriété propose des petits fare (cabanes) avec sa cuisine, une chambre avec moustiquaire, salle de bain et une belle terrasse. Impossible de ne pas se sentir transportés quand on découvre le lit de bois avec sa moustiquaire qui donne sur la fenêtre de la terrasse.

Des kayaks de mer sont à disposition (gratuites) des hôtes.

 





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