- Papeete , Polynésie française -

March 2016

Voir Tahiti en mode express

Tahiti aura finalement été un “arrêt technique”. Les 4 jours que je me suis accordées sont déjà quasi écoulés et je n’ai rien vu de l’île ! Il va falloir y remédier. Par contre,  il faut bien me rendre à l’évidence, pour ceux qui sont privés de permis de conduire, découvrir Tahiti est un peu (voire beaucoup) difficile. Certes, il y a quelques bus depuis Pape’ete mais c’est à peu près tout et ils ne vous emmènerons pas très loin. Je décide donc de réserver une excursion à la demi-journée. “Votre guide vous attendra à côté de la meilleure boulangerie de la ville”. Rien qu’à ce petit détail, je sens que ça va être drôle!

Très tôt le matin, me voilà au coin de la rue. La fameuse boulangerie n’est même pas ouverte, pas de chance, mais c’est une petite dame d’un certain âge qui débarque en mini-bus. “Viens t’asseoir à côté de moi!” me dit-elle. Je me sens déjà adoptée ! “On va juste chercher deux autres clientes puis on est parties, que des femmes ce matin, c’est bien. Elles sont plus attentives!”. Ma guide est volubile et plutôt comique. “Je suis mariée à un Japonais. Il ne parle pas beaucoup alors, je compense. Lui, quand il te réponds, c’est toujours avec un grognement ou un “Aï !” me révelle t’elle avant de partir dans un grand éclat de rire. Nous stoppons devant un hôtel de luxe pour embarquer deux américaines d’une cinquantaine d’années et c’est parti!

Le moins que l’on puisse dire, c’est que Tahiti ne correspond pas (et c’est sans doute tant mieux) au fantasme que l’on peut nourrir sur la Polynésie. Divisée en deux (Tahiti Nui, la grande, qui représente pus ou moins le corps d’un poisson, et Tahiti Iti, la petite, qui figure sa queue), c’est plutôt dans son intérieur, montagneux et sauvage. Ues montagnes que l’on peut voir même depuis Pape’ete mais ce mystérieux coeur de Tahiti restera un secret pour moi, du moins cette fois-ci. C’est le long de la route circulaire que nous roulerons.

Premier arrêt, la Pointe Venus.

Ce Cap est le point le plus au nord de Tahiti et a vu y débarquer James Cook, venu observer le transit de Venus en 1769. C’est aussi le point de débarquement des premiers missionnaires protestants, des Anglais, qui marqueront à jamais la vie des Polynésiens. Une stèle commémore d’ailleurs ce débarquement. Avec son phare rouge et blanc, l’endroit est vraiment atmosphérique ! Sous un ciel un peu plombé , une petite plage de sable noir s’étend devant nous. Une petite pluie commence d’ailleurs à tomber, et je m’abrite en dessous d’un arbre pour prendre quelques photos.  Le lieu est paisible, et assez évocateur avec son phare rouge et blanc. Il sert à présent plutôt aux avions qu’aux bateaux. Mais le phare n’a pas toujours été blanc. Pour éviter qu’il ne soit repérer par des troupes de débarquement japonaises, les Tahitiens ont déguisé la surface du phare en y peignant des cocotiers! La légende raconte que le gardien, s’il avait un coup dans le nez, n’arrivait pas à le retrouver parmi les autres arbres. Tout autour, il y a un petit marché et même une boutique d’artisanat couverte et dans le sable noir, des tas de petits trous. La plage est un vrai gruyère, percé par des crabes terrestres qui s’y réfugient.

Le prochain arrêt est le trou du souffleur Arahoho, une curiosité naturelle sur la route circulaire, juste à la sortie d’un tunnel de la route territoriale N°2. Depuis le côté de la route, à intervalles irréguliers, un panache d’eau souflée d’on ne sait où sort à toute vitesse de la roche. L’explication est plutôt simple : en dessous de l’eau se trouve une grotte avec une cheminée qui monte le longue grotte sous marine qui se prolonge jusqu’au niveau de la route et quand les vagues s’engouffrent dans la grotte, l’eau est propulsée dans la cheminée et est expulsée avec un souffle qui ressemble à un long râle. Impossible de prévoir quand aura lieu le “spectacle” et même si je l’ai vu, les travaux qui s’y déroulaient à proximité m’ont empêchée de faire une jolie photo. J’ai donc préférée me tourner vers la plage juste à côté, où un grand ado était en train de faire un peu de surf.

Le surf à Tahiti
Si c’est à Hawai’i que le surf a décollé, et si c’est un Américain qui a fait découvrir le surf moderne au Tahitiens, il s’agit bien d’une discipline née en Polynésie, et très ancienne, même si à Tahiti, elle avait disparu avec l’arrivée des Missionnaires. Maintenant, tout comme pour les cousins hawaïens, le surf est devenu indissociable de Tahiti avec sa vague mythique :  Teahupo’o aussi belle que dangereuse (le fond n’est à quelques dizaines de centimètres).

Entre jardin et grotte

Nous continuons notre route pour arriver au Jardin d’eau de Vaipahi, un magnifique site qui est à la fois une espèce de jardin botanique et de sentier balisé. Il y a plusieurs boucles de randonnées à y faire (la plus longue de deux heures environs), balisé et rempli d’explication sur les plantes et la culture polynésienne. En bas, on trouve une foule de plantes de toutes sortes (roses de porcelaine, nénuphars, hibiscus et autres arbres pagodes) tandis que des sentiers ombragés vous emmène vers le haut, et des points de vue que j’imagine pas mal du tout. Malheureusement pour moi, nous n’avons qu’un bon 45 minutes pour nous promener à travers les fleurs.

Les grottes de Mara’a sont plutôt enchanteresses et ont un petit air mystérieux qui titille l’aventurièr(e) en toi, Lectrice, Lecteur. Imagine la bouche de la grotte creusée dans la roche comme une scène de théâtre. Au fut et à mesure que l’on s’enfonce dans la grotte, l’arche se rétrécit et partout, des fougères tapissent le plafond de la grotte. Un plafond vert qui n’arrivent pas à faire prendre leur couleur à une eau bleue laiteuse. Pas étonnant que pour les Tahitiens, cette grotte abritent une foule d’esprits des morts!

Enfin, notre dernier arrêt du jour sera culturel : le marae Arahurahu. C’est le premier de nombreux maraes que je verrais en Polynésie française. Le marae est une plate-forme, souvent dallée en pierre volcanique ou corallienne, à vocation de célébration religieuses, rituelles, sociales… C’est à la fois un lieu de culte, un lieu de rencontres sociales comme un forum romain mais aussi politique (lieux d’intronisation). Le marae de Arahurahu est particulièrement beau après sa restauration. Un tiki (représentation d’un être humain) surveille le site entouré d’arbres fruitiers et de plantes médicinales.

Te Fare Manaha

Cette première incursions dans l’ancestrale culture polynésienne ne sera pas la dernière mais apr!s m’être laissée guidé, j’ai des envies d’indépendance, ne fut-ce qu’un petit bout : je vais donc me rendre au Musée de Tahiti et des îles en transport en commun.

Pendant des années, le symbole du bus polynésien, c’était Le Truck, une espèce de gros camion/bus ouvert, ombragé et customisé où l’on s’entassait joyeusement et où il était facile de faire des rencontres. Fini ce temps-là ! Le Truck n’est guère plus utilisé que pour les touristes, sauf quelques résistants (mais je n’en ai pas vu). Ce sont des bus tout ce qu’il y a de plus classiques qui sillonnent l’île. Mais pas d’arrêt devant le Musée (demander au chauffeur l’arrêt le plus proche). Il faudra donc marcher une dizaine de minutes avant d’y arriver (pour le retour, soyez à l’arrêt de bus avant 16 heures!).

Installé en bords de mer, le musée est un des plus importants de tout le triangle polynésien ; pirogue, sculpture sur bois ou pierre, outils et objets de tous les jours, ornements… c’est une collection impressionnante qui est réunie dans le musée, le tout avec des panneaux explicatifs mais la plus grande particularité du musée, c’est son jardin, qui lui aussi se visite comme un musée avec ses arbres et plantes, où l’on laisse se conduire le long de légendes tahitiennes. Et coïncidence des coïncidences, c’est au moment où je quitte le musée qu’apparaît Mélina, mon hôtesse Air BnB ! Elle est venue faire une petite pause avant d’aller chercher son fils qui a cours de japonais dans le coin. Assises sou un arbre à contempler la mer, elle va partager avec moi son petit en-cas. J’ai l’esprit plein de regrets de quitter Tahiti en l’ayant à peine entrevue mais finalement, en regardant le sourire de Mélina et en pensant à l’amitié qui a commencé à se créer entre nous, je me demande si finalement, je n’ai pas fait encore mieux !





  1. serenity
    le 14.12.2017

    ça doit être très enrichissant de découvrir d’autres cultures, j’adorerai pouvoir voyager un jour! En attendant, j’ai voyagé par procuration en lisant ton article, jolies photos 😉

    http://serenity-photographies.blogspot.fr

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