- Auckland , Nouvelle-Zélande -

January 2017

Non, je n’ai pas spécialement aimé Auckland et pourtant…

J’ai mis du temps à savoir comment tourner cet article… un passage important dans l’histoire de mon tour du monde puisqu’il s’agissait de l’étape qui allait durer le plus longtemps : la Nouvelle-Zélande et Auckland. En montant dans l’avion d’Air Tahiti Nui qui allait m’emmener jusque là, j’étais excitée. Premièrement, nous allions passer la ligne de changement de date mais en plus, j’allais découvrir un pays dont tous ceux qui en sont revenus sont tombés amoureux. Cela allait être formidable !

La ligne de changement de date est une drôle de chose : lorsque vous la passer, vous êtes déjà demain. Subitement, en une seconde. Le 14 février 2015 n’a donc quasi pas existé pour moi. Je décollais au matin du 14 et 6 heures plus tard, me voilà en début d’après-midi le 15. Une journée complètement envolée !

Lorsque la navette de l’aéroport m’emmenait vers mon auberge, j’ai commencé à ressentir un drôle de déjà vu. Ces reliefs escarpés, ces maisons en bois souvent coloré… tout cela m’était étrangement familier. On aurait dit une Norvège chaude. Ou le Nord-Ouest des Etats-Unis. Étrange…

Après avoir déposé mes affaires à l’auberge, je n’avais qu’une envie, me précipiter dans le centre-ville et trouver un nouvel appareil-photo, encore un, puisque mon Nikon m’avait honteusement lâché en Polynésie !

Je grimpe donc dans le premier bus qui passe… pas énormément de lignes à Auckland, mais elles sont efficaces ! Prendre le bus à Auckland, c’est déjà entrer dans un autre monde. Le chauffeur vous sourit et vous salue (d’ailleurs, les passagers le font avant qu’il n’ait le temps de dire bonjour) et un « Good day » est lancé à la sortie. Serais-je dans une espèce de société idéale où les interactions sociales ne sont pas marquées par l’agressivité ?

Là, je me dis que la Nouvelle-Zélande va sans doute beaucoup me plaire. Enfin, voilà lâchée en ville et là… tout est retombé comme un soufflet mal préparé. Me voilà au cœur du CBD (Central Business District), sur Queen Street, l’artère principale du centre et là… rien. Aucune émotion particulière. Auckland, la « ville des voiles ». une ville que semblent apprécier de nombreux voyageurs et pourtant, elle ressemble à des tas de ville que j’ai déjà vu ailleurs, souvent. Pourtant, le soleil brille, pourtant, la Skytower, le symbole d’Auckland, est bien là, devant moi. Mais non. C’est sans doute ce qui m’a le plus retourné. Le fait de ne rien ressentir de particuliers. Comme si rien ne retenait mon attention. Auckland restera dans ma mémoire comme une ville certes plaisante mais noyée dans un brouillard où seuls quelques éléments arrivaient à s’en détacher. Comment ne pas aimer une ville avec un front de mer pareil ? Tournée sur l’océan ? Votre blogueuse sera finalement restée sur sa faim. Cette connexion avec Auckland, je l’ai cherchée… je voyais de jolies choses, certaines beaucoup plus que d’autres et j’ai beaucoup photographié, comme si mon cerveau avait tenté absolument à se raccrocher à quelque chose qui puisse susciter cette petite étincelle que je connais si bien quand je découvre une ville mais rien à faire, je restais comme étrangement détachée. Pourtant la ville est agréable… c’est la plus grande de Nouvelle-Zélande avec ses deux millions d’habitants et on s’y sent plutôt à l’aise, relax… mais c’est comme si j’avais devant moi une très jolie personne dont je reconnaîtrai la beauté sans qu’elle ne me touche.

Néanmoins, parmi les highlights…

Les immanquables d’Auckland

  • La Sky Tower : Comment la louper ? Cette tour élancée surmontée d’une espèce de soucoupe volante est l’élément marquant de la skyline d’Auckland et y monter en fin d’après-midi pour regarder le coucher du soleil sur la baie d’Auckland est immanquable, avec un cocktail en prime !
  • St-Kevins Arcade : Situé juste en bordure de « K’ Road » (le surnom de Karangahape Road), dans un quartier bohème d’Auckland, cette galerie marchande Art-Déco est une des survivantes de l’Auckland du début du XXème siècle. A l’intérieur, on y trouve des boutiques et petits restos tous plus branchés les uns que les autres : vêtements vintages, déco, barbier, bar à burgers, bars tout court… Il fait bon y flâner et en sortant, on peut aller se promener dans le joli petit Myers Park où on peut se mêler à une foule d’étudiants venus prendre l’air.
  • Au nord de Britomart : Britomart, c’est le point névralgique du système de transport urbain à Auckland. C’est de là que partent la plupart des bus, du RER local et c’est à quelques minutes à pied de l’embarcadère. Déjà rien que le complexe en lui-même est intéressant à voir ! Je pense que vous n’aurez jamais vu un nœud de transport aussi engageant que celui-là ! C’est l’ancien bâtiment de la poste qui a servi de point de départ et des extensions y ont été construites. C’est aéré, plaisant, on y trouve des boutiques et des restaurants et vous savez quoi ? On aurait envie de s’y attarder… si ce n’était pour les autres atouts du quartier. juste à l’est de Britmart, se trouve un rectangle délimité par Commerce Street, Quay Street et Custom Street East où on trouve toute une série de bars, restaurants et boutiques. C’est d’ailleurs au Garage (à présent fermé) que j’ai bu ma première bière néo-zélandaise.
  • Wynyard Quarter : Encore un superbe exemple de réhabilitation d’ancien quartier portuaire, une de mes marottes. Une fois arrivés au bout de Queen Street et passé Britomart, tournez à gauche, admirez les yachts, voiliers (pas pour rien qu’on appelle Auckland ‘The City of Sails ») et bateau de croisière avant de passer le pont de Wynyard Crossing pour arriver au Wynyard Quarter. Il y a encore quelques années, c’était le coin où l’on stockait le pétrole et les produits chimiques nécessaire au port d’Auckland. Fin des années 2000, la ville d’Auckland remet la main sur cette partie du port et décide de le transformer à la veille de la coupe du monde de Rugby. Chose faite : avant l’inauguration de l’événement en 2011, Wynyard Quarter est officiellement ouvert. Et c’est sans doute un des endroits les plus intéressant d’Auckland. Le projet a essayé de garder des traces de ce passé industriel (en conservant par exemple des silos, qui sont maintenant décorés à Silo Park) avec de larges bâtiments où se sont installés d’immenses restaurants et bars et même un cinéma. Le tout est parsemé d’oeuvres d’art public et en été, la rue principale se remplit d’échoppes pour un faire un joli petit marché. On y vient en famille, en amoureux et entre potes… face à la mer et mon impression est que c’était vraiment « the place to be » à Auckland ! Wynyard Quarter n’a pas encore fini son expansion et il y a de fortes chances pour que Lectrice, Lecteur, tu découvres encore plus que moi ! Tu as faim ou soif et tu es dans le quartier ? Je te recommande The Conservatory. Ce resto bar face à l’eau a eu le petit truc en plus quand je suis passée devant : une foule de plantes et un petit air d’orangerie qui m’ont convaincue de venir m’asseoir un moment pour déguster un cocktail.

Musées d’Auckland

Si tu me suis depuis un moment, Lectrice, Lecteur, tu sais que je suis un rat de musée et à Auckland, j’ai été servie !

  • Auckland Art Gallery Toi o Tāmaki’ : La galerie d’art d’Auckland est une des plus anciennes institutions culturelles d’Auckland. L’ancien bâtiment, dans le style château français, était l’ancienne bibliothèque de la ville. Une annexe contemporaine a également ouvert récemment et c’est sur celle-là que je vais me concentrer. Ce qui est excellent, c’est l’éclectisme de la galerie : on part de la renaissance, en passant par des paysages de la période coloniale de la Nouvelle-Zélande, des portraits des maoris en terminant par de l’art moderne et contemporain. C’est cette partie de la collection qui m’a le plus inspiré : le moment où l’art en Nouvelle-Zélande s’affranchit des codes et où il devient accessible à tous ! Lors de ma visite, il y avait des expos temporaires et interactives avec des installations basées sur le jeux de lumières et de couleurs et une autre où ce sont les visiteurs eux-même qui crée une oeuvre géante à base de modules en plastique qui ressemblent à des Légos : la « skyline » d’une ville qui évolue sans cesse selon les désirs des visiteurs. Les formes les plus folles prennent vie en modèle réduit ! De mon côté, j’imagine deux grande tours avec deux passerelles situées en haut des tours, des ponts suspendus que j’imagine les gens traverser à pied ou à vélo, suspendus dans l’air… François Schuytten approuverait ! 
    La galerie des portraits Maoris et la Belgique
    La galerie des portraits maoris, l’un des joyaux de la collection, fut un don par le riche homme d’affaire, Gottfried Lindauer. Il acceptât de donner sa collection au musée à condition que les habitants d’Auckland arrivent à donner 10.000 livres au Belgium Relief Fund, un fonds de soutien à la Belgique crée suite à la Première Guerre Mondiale. L’argent fur récolté en quelques semaines et Lindauer tint sa promesse.
  • Auckland War Memorial Museum : situé dans le grand parc d’Auckland Domain, c’est le plus important musée de Nouvelle-Zélande, même avant le Te Papa à Wellington. Ce grand bâtiment classique est l’hôte d’une impressionnante collection sur les Maoris mais aussi toutes les civilisations du Pacifique. Les espaces sont immenses, permettant la reconstruction de maisons et notamment Hotonui, une très grande maison commune finement sculptée et décorée de nacre. Mais on y trouve aussi de nombreuses sculptures monumentales et évidemment, des canoës… ceux qui ont permis aux Polynésiens de se déplacer à travers tout le Pacifique et de coloniser des îles aussi loin les unes des autres que la Nouvelle-Zélande, Rapa Nui (l’Île de Pâques) ou l’archipel d’Hawai’i. Impossible pour moi de ne pas rester fascinée par ce que j’y ai vu et appris. Comment imaginer cela ? Une flottille de canoës dans cet immense océan, naviguant le jour selon les vents, la direction des nuages et le comportement des vagues (un art apparemment perdu en Polynésie), la nuit suivant des étoiles avec femmes, enfants, animaux, vivres et plantes pour coloniser les nouvelles terres qu’ils découvriraient… sans savoir s’il allaient trouver quelque chose. Comment ces embarcations d’apparence fragile arrivaient à braver une tempête ? Et pourtant… les polynésiens l’ont fait. Et la Nouvelle-Zélande fut la dernière a être colonisée. La légende veut que ce soit la femme d’un chef qui ait vu un « grand nuage blanc », signal que la terre était proche. En maori, on dit « Aotearoa ». C’est le nom qu’a porté la Nouvelle-Zélande jusqu’à la colonisation européenne. Le musée couvre aussi les guerres auxquelles la Nouvelle-Zélande fut impliquée et son histoire mais rien que la section des civilisations du Pacifique m’a pris deux heures à explorer. C’est vous dire s’il y à voir ! Il y a également des expos temporaires et je n’ai pas hésité à y faire un tour puisqu’il s’agissait d’une première expo sur le 75 ans d’Air New Zealand (oui, oui, celle qui utilise Peter Jackson pour faire ses vidéos de sécurité) et d’une expo sur « WOW, World of Wearable Art ». Un grand show annuel où des artistes/styliste créent des costumes les plus extravagants les uns que les autres, du moment que cela puisse être porté par quelqu’un et que ce soit beau, tout est bon ! J’y ai vu des femmes-cadillacs, des femmes-homards, des femmes-chevaux, des femmes-armoires, des femmes-scorpions… le tout dans une scénographie tout en noir pour que les couleurs et matières explosent. Je te laisse d’ailleurs ce petit film là si ça t’intéresse, Lectrice, Lecteur.

One Tree Hill et Devonport

Quittons un peu l’agitation du CBD et de ses alentours pour rejoindre la proche banlieue.

  • One Tree Hill / Maungakiekie est en fait le sommet d’un volcan (y’en a pas mal dans le coin) située dans une banlieue verte de la ville, dans un immense parc (Cornwall Park). C’est tout simple : on a l’impression de débarquer dans un autre monde. Bordé de magnifiques arbres et de prairies où paissent les vaches, la promenade pour arriver jusqu’au sommet (pas très haut) est vraiment agréable. Autrefois le site d’un pa fortifié maori, il existait un arbre solitaire qui fut coupé par les colons européens. On peut encore y voir la souche, une fois arrivé au sommet. Un obélisque fut érigé à sa place. Le propriétaire du terrain, Sir John Logan Campbell, fit don du terrain à la ville à condition d’élever un mémorial aux maoris. Il est d’ailleurs enterré sur place, dominant à jamais Auckland et sa baie.
  • Devonport : Visiter Auckland sans prendre la mer, impossible ! Je me suis donc rendue au port pour prendre un ferry de la compagnie Fullers pour rejoindre Devonport, une jolie petite ville située sur une péninsule qui fait face à Auckland (et accessoirement, le lieu où la chanteuse Lorde a grandi). Rien que pour le plaisir de prendre la mer et de voir Auckland depuis le bateau, l’excursion vaut le coup ! Une fois arrivée sur place, c’est comme se l’on se retrouvait au début du XXème siècle. Les jolis bâtiments de Queen’s Parade et King Edward’s Parade ont une élégance toute européenne avec leurs nombreuses boutiques. A l’intérieur du village, c’est une suite de très belles demeures colorées et cossues, avec des jardins étudiés, qui se font suite. Un peu plus loin sur le chemin de Cheltenham Beach, on croise le terrain de cricket où les gamins s’entraîne avec leur coach. C’est mignon, propret… peut-être un peu trop ? Je m’attends à voir une jolie dame soignée jusqu’au bout des ongles sortir avec un magnifique gâteau pour m’en proposer une part. On dirait que Devonport vit dans un autre temps alors qu’il n’a fallu qu’un quart d’heure depuis l’embarcadère d’Auckland !
Pour aller plus loin
blablah

Dormir à Auckland

Je prends vite mes quartiers à l’auberge Lantana Lodge. En fait d’auberge, c’est plutôt une grande maison où la rêgle est que l’on y entre pas chaussures au pied). L’endroit est plutôt mignon et bien tenu, mais malheureusement, l’amabilité du personnel laisse un peu à désirer. Ca tombe bien, je ne compte pas rester trop longtemps là et la ligne de bus passe juste à cinq minutes de là : parfait pour commencer à découvrir Auckland ! Le quartier de Parnell est situé un peu en hauteur, à 5 minutes à pied du Auckland Domain (où se trouve l’Auckland Museum). C’est un quartier calme, bien déservi par une ligne de bus. Parnell en lui-même ne manque pas d’atout avec ses restos, pubs et galeries. Chambres en dortoirs (entre 21 et 23 Euros) et individuelles pour deux et trois disponibles (56 euros-83 Euros).

J’ai également séjourné au YMCA. Une énooooorme auberge située par loin du Wynyard Quarter dans le centre. Comme je le disais : c’est grand. Il y a donc pas mal de facilités (kitchenttes, billard, baby foot, station d’ordinateurs, machines à laver…) mais c’est également très bien tenu, ce qui compense l’aspect un peu stérile du mieux (et le personnel est super-sympa). Les dortoirs commencent à 29 euros et les chambres individuelles pour une personne (plutôt rare que pour être signalées) démarrent à 59 Euros (avec salle de bain commune). Une bonne affaire !

Transport à Auckland

Bus, trains suburbains et ferries sont les principaux moyens de transport disponibles pour voyager à travers Auckland et sa banlieue. Le tout est chapeauté par Auckland Transport. Si vous comptez passer plusieurs jours à Auckland, il vaudra mieux utiliser l’AT HOP Card que vous pourrez charger et recharger (10 $NZ ). Si vous comptez utiliser souvent les transports en commun en une seule journée, n’hésitez pas !

 





  1. Lauriane
    le 15.12.2017

    Au moins tu auras trouvé ton content dans les musées d’Auckland 🙂 Contrairement à toi je ne suis pas un petit rat de musée mais je suis sûre que le Auckland War Memorial Monument se glissera sur la liste quand je viendrai en Nouvelle-Zélande ! J’ai tant d’attentes envers ce pays que même si j’ai une possibilité de me rendre en Australie tous frais payés d’ici un an, je ne sais pas si je ne pourrais lui consacrer “que” deux semaines après ce séjur pro… Ah lalala que de belles choses à voir en Océanie !

  2. Melissa
    le 15.12.2017

    Oh, tu verras Lauriane, ce n’est pas un musée ennuyeux du tout… je dois dire que les Néo-zélandais font du bon boulot côté musées (le Te Papa à Wellington et l’Art Gallery à Auckland sont super aussi, chacun dans leur genre).
    En effet, deux semaines, c’est peu… mais jouable si tu te concentre sur une des deux îles. J’y étais pendant presque 4 semaines et je ne suis pas arrivée au sud de l’île du sud. J’ai dû rebrousser vers le nord une fois arrivée à Wanaka. A côté de l’Australie, la Nouvelle-Zélande est petite mais on ne se rend vraiment pas compte des distances, j’en ai fait des heures de bus là-bas !

  3. Lauriane
    le 15.12.2017

    Ça sort des classiques égypte/romains qui peuplent les musées tournés vers les civilisations (qui sont ceux qui me plaisent le plus), alors oui je suis sûre qu’il(s) me plairai(en)t ! Je pense aussi que si ce voyage ce fait je me concentrerais sur une seule île, on m’a dit que l’île du sud était la plus sauvage… En tout cas c’est sûr qu’en bus ça doit moins être évident qu’en voiture pour parcourir tout ces grands espaces !

  4. Melissa
    le 15.12.2017

    Oui, l’ïle du Sud est plus sauvage… mais pour une première fois, je pense que je conseillerai l’Île du Nord parce qu’il il y a “un peu de tout” : la culture maori, de chouettes paysages à l’extrême nord et à Tongariro National Park, la péninsule de Coromandel (que je n’ai pas visitée par manque de temps), les environs de Rotorua avec les sources de Wai-O-Tapu et Hobbiton… et puis, il y a Wellington aussi que j’ai beaucoup aimé.

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