Désormais, les vols low-cost ne se contentent plus de faire des liaisons de courte durée, depuis quelques années, des compagnies se lancent dans le long courrier, voire le TRES long courrier. Alors, comment ça se passe un vol Paris-Tahiti avec French Bee ? Petit retour d’expérience sur le plus long trajet aérien de ma vie.

A propos de French Bee

Première chose que je souhaitais préciser avant de raconter tout çà : #cecinestpasunarticlesponsorisé.  Ça fait un peu plus d’un an que je suis revenue de mon épopée dans les Îles Australes mais quand j’en discute avec des amis, on me pose souvent cette question : « Mais t’as volé avec une low-cost jusque là ? Ça se passe comment ? ». Du coup, je me suis décidée à vous faire un petit compte-rendu car Lectrice, Lecteur, je peux comprendre que l’idée de passer entre 21 et 23 heures dans un avion clone d’une célèbre compagnie irlandaise, ça peut faire peur, voire provoquer une énorme angoisse.

French Bee est arrivée sur le marché plutôt récemment. Cette compagnie française s’est d’office lancée dans le long courrier avec comme destination la Réunion puis a très vite ajouté Tahiti à son offre (via San Francisco). Elle vient d’ailleurs d’ouvrir une liaison vers New York. Lorsqu’elle a débarqué à Papeete, l’effet a été immédiat : Air Tahiti Nui et Air France qui avait un duopole sur la Polynésie ont été forcés de baisser les prix et la destination n’a jamais été aussi accessible (prix quasi baissés de moitié). Cela reste quand même un voyage lointain et cher donc le risque de surtourisme me parait quand même limité, mais pour un archipel qui souffre d’un sacré taux de chômage, ça peut être une chance. Par contre, votre empreinte carbone va en prendre plein la tronche.

Expérience à bord

Mais revenons à nos moutons… un beau matin de novembre, me voilà donc à l’aéroport de Paris Orly pour embarquer dans mon avion. Première constatation : l’avion est tout neuf ! Si il y a une espèce de classe « premium », rien de semblable à une business class de long courrier. Ce ne sont pas des boxes comme on peut en voir dans les compagnies classiques mais des sièges améliorés qui peuvent légèrement s’incliner. Rien à voir avec mon expérience chez Qatar Airways par exemple.  Le reste de l’avion consiste en des sièges de classe économie standard. Chaque siège est équipé d’un système de divertissement, d’une prise USB et d’une prise pour casque/écouteurs. Pas de magazine de bord, tout (du menu au catalogue hors taxe) est disponible sur le système de divertissement. Reste plus qu’à s’installer !

Alors, comme dans toute les compagnies low-cost, les extra sont payants. Le billet de base (basic) comprend le vol et un bagage cabine, c’est tout. Le tarif suivant (smart) comprend un bagage en soute, un repas (dans mon cas, il s’agit de deux vols, donc 2 repas), une petite trousse de confort et la possibilité de modifier son billet avec frais. Le tarif « premium » comprend un deuxième bagage en soute, un repas amélioré, les boissons, la modification et l’annulation gratuite du billet et la possibilité de choisir son siège. Dans mon cas, j’ai payé un extra de 15 Euros par pour avoir le privilège de ne pas avoir à m’asseoir sur le très redouté siège du milieu ! Pour un itinéraire aussi long, c’est une nécessité (et connaissant mon incapacité à dormir dans un avion, j’ai choisi le côté couloir, contrairement à mes habitudes, cela m’a permis de me déplacer un peu plus facilement). Etant de petite taille, je n’ai jamais de problèmes pour me sentir relativement à l’aise dans un avion mais les sièges m’ont paru un peu étroits (l’espace pour les jambes a, lui, l’air correct).

Attention, si vous avez un billet de base, les écouteurs ne sont pas fournis ! Vous devrez emmener le vôtre… ou acheter un kit de voyage.

Au moment de choisir votre billet, soyez attentif.ve.s à vos besoins. Bien entendu, si vous achetez un billet « basic » vous pourrez payer pour rajouter un bagage et une formule repas par après… mais vérifiez que la différence de prix n’est pas supérieure à l’achat d’un billet « smart ».

De mon coté, j’ai opté pour cette formule « smart », histoire de ne pas me casser la tête (je partais quand même pour un mois, mon bagage n’aurait pas tenu dans la cabine, d’autant qu’on ne part jamais en Polynésie sans penser à des cadeaux) et l’idée de ne pas me faire servir à manger pour un si long vol ne m’enchantait pas non plus. Si vous avez acheté un billet de base sans extra, sachez que vous pouvez emmener bien sûr votre nourriture avec vous ou acheter des petits-plats (spaghetti, croque-monsieur) et snacks une fois à bord.

Le service et les divertissements

Une fois l’avion en l’air, le service commence et tout se passe comme pour un vol classique… sauf que mes deux voisins sortent des sandwiches de leur sac au moment du repas, tandis que je reçois mon plat et une boisson. Ce sera le seul. D’habitude, pour un vol transatlantique, on a droit à un repas et un snack en deuxième partie de vol. J’aurai seulement  droit à un second repas lors de la deuxième partie entre San Francisco et Papeete, c’est un peu chiche pour un trajet aussi long. Notez que même si vous avez un billet repas compris, ou acheté un formule repas, vous n’aurez qu’une seule boisson comprise ! Il faudra acheter les suivantes (bien sûr, l’eau est à disposition gracieusement). La bonne surprise, c’est que les repas ne sont pas mauvais. La nourriture d’avion, ce n’est pas évident mais French Bee s’en sort très bien. Mon petit taboulé était bien frais et juste bien épicé, ma blanquette de poulet pas trop sèche et les mini éclairs plutôt gourmands.

Autre constatation : le personnel est vraiment jeune comparé aux compagnies que je connais mais tout à fait serviable. Rien à dire de ce côté là, manque peut être les petites attentions qui sont le signe d’un personnel un peu plus rodé. Lors de l’escale à San Francisco, l’équipage change et c’est un personnel de bord polynésien qui assure le service. On se sent déjà là-bas ! Autre touche sympa : le catalogue de la boutique propose des produits locaux suivant la destination par exemple, du monoï pour les vols de et vers Tahiti ou de la vanille bourbon pour des vols de et vers La Réunion.

Vous n’êtes pas assis.e côté hublot ? Eh bien l’avion est équipé de cameras à plusieurs points différents de l’avion et on peut les regarder sur l’écran de divertissement. Je ne m’en suis pas privée quand nous avons survolé le Groenland et à l’atterrissage à Tahiti.

Seul point un peu noir, j’ai trouvé le catalogue de films et de séries disponibles sur le système de divertissement un peu maigre pour une destination aussi lointaine.

Escale à San Francisco

Il n’existe pas de vols directs entre l’Europe et la Polynésie, une escale aux Etats-Unis est donc impérative. Dans le cas de French Bee, c’est à San Francisco que nous débarquerons (pour Air Tahiti Nui et Air France, c’est à Los Angeles). Tous les passagers doivent donc quitter l’avion et passer le contrôle d’immigration des Etats-Unis ce qui signifie que si vous allez en Polynésie et que vous faîtes être un.e national.e d’un pays exempté de visa pour visiter les Etats-Unis, vous devrez IMPERATIVEMENT remplir une demande ESTA (demande d’une autorisation de voyage aux États-Unis) au plus tard 72h avant votre départ. Ca craint, vu qu’on ne fait que transiter, mais c’est malheureusement ainsi. Sachez que vous ne pouvez rien laisser à bord, même si vous retrouverez votre siège par après.

Une bonne nouvelle par rapport à mon expérience, c’est que les passagers de French Bee à destination de Tahiti ne sont plus obligés d’aller récupérer leurs bagages avant de les réenregistrer. Vous devrez seulement passer l’immigration et c’est tout. J’ai eu deux expériences complètement différentes à l’aller et au retour. L’aller fut cauchemardesque ! Il se trouve que ce vol arrive plus ou moins à la même heure que deux vols en provenance de Chine et d’Inde. Ces deux pays ne bénéficiant pas de l’exemption de visa, les contrôles prennent beaucoup plus de temps. Le passage par l’immigration US n’est jamais une partie de plaisir mais là, c’était le bordel intégral ! Je n’avais même pas encore passé le contrôle que l’heure prévue du décollage pour Tahiti était arrivée alors que nous avions une heure et demie d’escale. Le côté rassurant était de voir que les autres passagers de mon vol étaient tout autant coincés, ce qui voulait dire que l’avion allait attendre. Une fois que vous avez quitté les contrôles d’immigration, les agents de French Bee étaient présents pour diriger les passagers en transit, ce qui confirmait que l’avion nous attendait bel-et-bien. Résultat ? Notre avion a atteri avec deux heures de retard. Au retour par contre, tout s’est passé en 30 minutes à peine. Jamais je n’avais passé les contrôles aussi rapidement. C’est assez déroutant !

Deuxième partie du trajet : San Francisco-Tahiti

La deuxième partie du trajet entre San Francisco et Papeete est bien différente. Non seulement, l’équipage change mais aussi la moitié des passagers ! Ce sont donc une majorité d’Américains qui embarquent et j’ai à côté de moi un couple qui, devinez quoi, part en voyage de noce et sont en train de rêver de leur arrivée prochaine à Bora Bora. Après le service repas, l’avion est plongé dans la pénombre, et ceux qui peuvent, essaient de dormir. Peu avant l’arrivée à Papeete, le moodlighting de l’avion s’active, simulant un lever de soleil. Le service petit-déjeuner, pour ceux qui ont souhaité l’acheter, est promptement délivré et cette looooongue journée de vol (23 heures avec le retard) est accomplie. Vous voilà arrivé.e.s sur le tarmac au son des chants, du ukulele et des premières effluves de fleurs.

En conclusion

Vous avez toujours eu envie d’aller en Polynésie et vous voulez garder votre budget sous contrôle ? Vous pouvez vous accommoder d’un minimum de confort et voyager léger ? Alors aucun souci avec French Bee ! Ceux pour qui le service est important passeront leur chemin.

J’ai aimé

  • – Le prix compétitif
  • – L’avion neuf
  • – Le Wi-fi à bord
  • – La qualité des repas pas mauvaise pour de la nourriture d’avion
  • – Les caméras de l’avion accessibles depuis les écrans de divertissement.
  • – Le personnel de la compagnie à San Francisco qui est là pour diriger les passagers en transit
J’ai aimé

  • – Tous les petits extras à payer
  • – Le catalogue un peu restreint du système de divertissement
  • – N’avoir qu’un seul repas et qu’une seule boisson comprise pour chaque morceau de vol qui sont des longs courriers à eux tout seuls.
  • – Les sièges un peu étroits

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