- Bruxelles , Belgique -

November 2017

Tendances Première, Séquence Inspiration : Surmonter sa peur de voyager seul.e

Lectrice, Lecteur,

L’une des constantes de ce blog, c’est le voyage en solo. C’est d’ailleurs un peu pour çà que ce blog a commencé. Ce n’était donc qu’une question de temps avant que je n’évoque le sujet sur “Tendances Première”. Et ce qui revient le plus souvent lors de mes discussions avec d’autres concurrents au voyage en solitaire, c’est la peur et l’incertitude. C’est donc sur ce sujet particulier : surmonter sa peur de voyager seul.e, que j’ai voulu consacrer cette chronique. J’ai eu dix minutes pour essayer de vous rassurer ! 

Véronique Thyberghien : Elle anime le blog “Mel Loves Travels” depuis un bon moment maintenant et vous pouvez vous y connecter à ce blog, c’est Mélissa Monaco qui est avec nous aujourd’hui. Bonjour Mélissa

Moi-même : Bonjour Véronique, bonjour à tous !

VT :  Notre voyageuse qui vient aujourd’hui nous proposer un sujet qui m’a un petit surprise, je vais vous expliquer pourquoi. Vous vouliez parler de comment surmonter sa peur de voyager seul.e.

MM : Voilà, en fait, l’idée m’est venue d’en parler parce qu’il y a quelques semaines j’étais invitée à un apéro voyageur (Les Apéros Travel’In, NDLR) et au moment des questions,  donc j’ai plein de jeunes, en grande majorité des jeunes femmes qui sont venues me voir et qui m’ont dit : je veux partir tout seul mais j’ose pas, j’ai peur, je ne sais pas par où commencer et j’ai été surprise de voir autant de réactions d’appréhension de la part de plus jeunes de partir.

VT : Oui, cette génération on la dit “Peur de rien, j’ai ma vie bien en main, je suis capable de bouger, d’être nomade…”. Nomade, pas trop loin, visiblement. Et donc ces jeunes avaient peur, en fait ? 

MM : Voilà, je pense qu’il y a une partie aussi où ils ne savent pas trop par où commencer donc je vais essayer de mettre les choses à plat.

VT : Les peurs, elles sont diverses mais elles sont surtout liées à quoi ?

MM : Je vais dire que la première peur, c’est tout le côté de matériel, la question du budget et pour ceux qui ont déjà commencé une carrière, la question de l’interruption de la carrière.

Le budget, c’est assez facile à régler. Je sais bien que pour moi, c’était une grande peur quand je suis partie autour du monde, j’avais peur de pas pouvoir gérer ça donc il faut d’abord apprendre à se connaître à savoir quels sont nos besoins en termes de voyage. Par exemple moi, je sais que les dortoirs, j’ai toujours détesté, même quand j’étais plus jeune donc ben du coup ça fait gonfler mon budget, ça le fait doubler quelquefois voire même tripler par rapport à ce aux autres backpackeurs.

VT : Parce que les auberges, c’est pas…

MM: Non, non, je vais en auberge de jeunesse mais en chambre individuelle.

VT: Qui sont plus chères.

MM : Voilà, en général, c’est le double, quelque fois le triple mais j’essaie de garder le côté social des auberges de jeunesse. Du coup, évidemment, il faut commencer à calculer çà et puis après, il existe aussi plein de outils qui permettent de savoir plus ou moins à combien on doit s’attendre à dépenser dans un pays ou dans une destination. Je pensais au Planificateur à contresens qui est très utile et qui vous donne de très bonnes idées. Et donc, une fois qu’on a établi son budget, on se laisse une marge, 1000 Euros, en cas de pépins, on ne sait jamais. Si on ne les dépense pas, eh bien tant mieux, ce sera pour le prochain voyage. Pour le long court, en tout cas.

VT : C’est quoi le Planificateur à contresens ?

MM : C’est un site web qui donne des informations sur les coûts selon les destinations, en fait.  Ils font plus ou moins un calcul moyen pour vous dire que vous dépenserez par exemple 80 € en une journée en Polynésie, 20 € en Moldavie. C’est pas mal du tout!

Alors, la question du budget , on peut régler facilement mais il y a la question de l’interruption de la carrière ou là, c’est plus compliqué?. Pour les travailleurs du service public; ils ont toujours droit à l’interruption de carrière par contre, pour les travailleurs du secteur privé malheureusement, il n’y a plus de crédit-temps donc c’est soit la démission, soit négocier un congé sans solde avec son employeur tout en sachant qu’il n’est pas obligé de vous le donner. Ca n’est pas un droit, c’est quelque chose à négocier.

VT : C’est un sacré frein quand même. 

MM : Oui, c’est un sacré frein. J’ai encore pu bénéficier du crédit-temps mais là, maintenant, c’est terminé.

VT : Mais ça ne vous empêche pas de voyager ! 

MM : Non (rire)

VT: (rire) Je m’en doutais ! 

Parmi les peurs il y aussi le côté : “Je quitte le nid, je quitte la famille”…

MM : Ca, c’est le plus délicat à régler en fait parce que ça n’est pas tant affronter ses propres peurs que de devoir essayer de rassurer les autres donc, c’est un peu plus difficile.

Je vais prendre le cas de ma grand-mère, qui était la plus créative je suis partie au long cours. Je lui ai dit ; “Mais, Nonna, des fois, tu ne me vois pas pendant 2 semaines, 3 semaines, 1 mois. C’est presque quasi la même chose, sauf que je ne serai pas en Belgique, je serai ailleurs. Même quand je rentre à Bruxelles, elle a toujours un peu d’appréhension  donc déjà… Ca ne la rassure pas du tout mais je lui dis : “Voilà, tu sais bien que dès que tu passes le  pas de la porte, il peut se passer quelque chose.  C’est la même chose à l’étranger je ne suis ni moins en danger, ni plus en danger à l’étranger”. Sauf si je suis dans un pays en conflit mais je ne pense pas qu’on aille visiter un pays en conflit quand on veut voyager seul.e pour la première fois.

VT : Vous l’avez dit, vous ne la rassurer quand même pas mais j’imagine qu’elle ne vous empêche quand même pas de partir. Elle n’essaie pas tout pour vous dissuader. 

MM : Non, non… Il y a toujours un peu d’incompréhension. On explique. Mes parents, c’était plus point de vue carrière, pension, et cetera… ils se projetaient déjà  et je leur ai dit : “Mais là, si je ne le fais pas maintenant quand est-ce que je vais le faire ? Qui sait ce qui va se passer dans quelques années ? Je tomberais peut-être malade  donc il ne faut pas reporter, si on sent que c’est le moment de le faire, il faut le faire.

VT : C’est çà, ce sont les plutôt les proches qu’il faut convaincre d’abords parce que soi, en général, on est déjà convaincu, quoi ! Et puis, eh bien, on ne sait pas toujours ce qui va se passer, la peur de l’inconnu. Ca peut paralyser plus d’une personne, j’imagine. 

MM : Et là, c’est quelque chose sur lequel on doit vraiment travailler sur soi. C’est normal. Quand on est dans la vie de tous les jours, on suit un scénario qui est bien réglé : on va à l’univ’, on va au boulot, on sait qu’on sera à de telle l’heure à telle heure à tel endroit puis après, on prend le métro, la voiture, le train, on rentre, on mange, etc. tandis que quand on est en voyage, ben c’est l’inconnu. Chaque jour est une page blanche que l’on doit écrire soi-même selon ses propres envies, vu que l’on voyage en solo et qu’il n’y a pas de négociation à faire avec quelqu’un. C’est vraiment suivre ce dont on a envie de faire et  déjà c’est une espèce de stimulant pour essayer de passer au-dessus de cette peur de ne pas savoir ce qui va se passer et finalement en fait, au fur à mesure, en tout cas pour le voyage au long cours ça, devient le quotidien, cet inconnu. On s’y habitue.

VT : C’est çà, on s’y habitue et ça ne devient plus un obstacle ou une épreuve. Le fait de se retrouver seul.e tout le temps, la solitude ?

MM : Ah çà… Il faut être prêt à savoir que il y aura des moments où on va être seul.e, voire même quelquefois très seul.e mais actuellement la solitude n’est plus vraiment ce qu’elle était. Avec les réseaux sociaux, il y a toujours du réseau partout. Je sais bien que quand je me sentais vraiment très seule,  je prenais une photo, je l’envoyais sur les réseaux sociaux en disant : “Eh, les amis, je pense à vous !”.

VT : Il y aussi le côté : “Je vais me faire des potes partout”. 

MM : Ce n’est pas négligeable non plus, surtout si on reste dans des auberges.,  c’est pratique bien que, je vais parler pour ma chapelle, moi je m’attendais rencontrer plein de gens et ça c’est pas vraiment spécialement passé comme ça. Je ne sais pas si c’est une question d’âge parce que je suis plus âgée que la plupart des gens qui séjournent en auberges mais ça dépend des caractères aussi.  Moi je suis un peu plus réservée et timide donc c’est un peu plus difficile.

Avec DJ Uncle Phil… le parrain.de la scène House en #NouvelleZélande..;-)

Une publication partagée par Melissa M. (@mellovestravels) le

VT : Vous n’entrez pas dans une pièce avec une fanfare derrière vous et en hurlant.

MM : Non, et quelque fois, il y aurait du mal parce qu’avec tout le monde qui est branché sur son ordinateur ou sa tablette, quelquefois c’est même un peu compliqué. On a envie d’engager la conversation et tout le monde est vissé donc là, on est : “Okayyyyyyyyyyy”.

VT : Vous parliez de l’âge, on part quand même à n’importe quel âge aujourd’hui ! 

MM : Tout à fait, tout à fait, il n’y a absolument pas de limites du moment qu’on a la santé pour le faire. J’ai fêté mon anniversaire avec une dame de 72 ans au Brésil.  Chaque année, elle prend trois-quatre mois, elle reste dans un pays et le découvre en mode baroudeuse d’ailleurs elle était dans un dortoir avec les autres backpackeurs, pas de problèmes.

VT : Excusez-moi, backpackeurs ?

MM : Ce sont ceux qui partent en sac à dos et qui ont un budget vraiment minimum.

VT : Est-ce qu’en fonction de l’âge, on fait ou on choisit peut-être des choses différentes. Vous qui voyagez depuis un certain nombre d’années maintenant, est-ce que vous voyez des changements dans votre façon de voyager ?

MM : Je pense que j’étais j’avais déjà des goûts assez affirmés à savoir que je ne voulais pas absolument être “budget-budget”. J’essaie de limiter les coûts mais par exemple, je sais bien que pour moi, le sac à dos, c’est non. En plus je suis petite, c’est lourd. J’ai un très beau sac à roulette qui convient très bien. Les dortoirs, c’est pas trop mon truc. J’ai encore essayé pendant mon tour du monde et ça a confirmé que… non ! (rire). Mais oui, je pense qu’avec l’âge, on évolue.

VT: Eh bien je propose déjà, avec des envies de voyages, qu’on aille se brancher sur votre blog et on retrouve vos conseils sur podcast et videocast et on vous retrouve très vite dans l’émission. . Merci Mélissa, à bientôt.

Pour le podcast, rendez-vous sur Auvio !

Pour aller plus loin
Tendances Première, Séquence Inspiration : Voyager sans voiture




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