- Inverness , Scotland -

November 2017

Un grand week-end à Inverness, 1e partie : sur les traces de Outlander

Il y a peu d'endroits dans le monde qui arrivent à conjurer spontanément autant d'images que l'Ecosse.

Essaie par toi-même Lectrice, Lecteur : si je te dis « Ecosse », à quoi penses-tu ? Je parie que tu vas imaginer des paysages un peu rudes sous un ciel tourmenté, où se nicherait un château de pierres sombres au bords d'un loch. Peut-être sera t-il en ruine mais sûrement peuplé de fantômes ? Peut-être même qu'en sortirait un homme en kilt et que la scène serait enveloppée du son de la cornemuse ?

Je ne suis pas trop loin du compte, n'est-ce pas ? C'est donc avec une Ecosse fantasmée que j'ai pris la route d'Inverness, la capitale des Highlands sur l'invitation de Visit Britain et Visit Inverness Loch Ness.

Pour tout dire, ce n'est pas la première fois que je viens en Ecosse, mais je n'étais jamais sortie d'Edimbourg, sa magnifique capitale. J'y ai même passé pas mal de temps, celui qu'il faut pour découvrir la chaleur des Ecossais et pour m'habituer à cet accent qui fait frémir par mal d'oreilles non-anglophones. Aussi, quand je me retrouve dans notre minibus avec Au Coin de voyageurs, La fille de l'encre et Violaine, une journaliste, c'est avec une certaine excitation que je m'apprête à me confronter à la réalité des Highlands. Mais comme nous sommes en Ecosse, la réalité se mélange toujours un peu avec la fiction puisque notre premier arrêt nous emmène dans un lieu plusieurs fois millénaire mais populaire depuis la série Outlander : les Clava Cairns.

La pierre de Craigh na Dun (ou pas)...

Fans des aventures de Claire Beauchamp-Randall-Fraser, je vais vous décevoir : Craigh na Dun n'existe pas. Par contre, la fameuse pierre magique, elle, fait partie du complexe de Clava Cairns (le site plus large étant celui de Callanish Stones dans les Hébrides extérieures). Elle se dresse de manière imposante sur ce petit ensemble de tombes datant de l'âge de bronze. Pour les archéologues, il s'agit d'une série de chambres à tombes qui témoignent de la vie des hommes il y a des milliers d'années mais pour les plus rêveurs, c'est aussi un endroit porteur d'une certaine force ésotérique. La tombe à couloir, dont l'étroit passage est orienté de manière à ce que les rayons du soleil y entrent au solstice d'hiver, en est le plus bel exemple... et il se trouve qu'au moment où nous sommes arrivés aux Clava Cairns, le soleil est soudainement réapparu, illuminant le feuillage d'automne d'une lueur de feu. Finalement, se passerait-il vraiment « quelque chose » à Clava Cairns ? En tout cas, je ne suis étrangement pas très à l'aise lorsque je me retrouve nez-à-nez avec la fameuse pierre. Heureusement, pas de drôle de sifflements, ni de transport mystérieux au XVIIIe siècle, à l'époque des révoltes jacobites, au moment où je touche la pierre.

Le champ de bataille de Culloden

Pour ne pas quitter l'environnement historique de la série, nous arrivons sur le lieu de la bataille de Culloden où furent définitivement réduites à néants les ambitions des partisans jacobites écossais.

Le jacobitisme
En 1688, James II Stuart, roi catholique, est détrôné par la « Glorieuse révolution ». Son penchant pour la royauté absolue aura eu raison de lui. Il meurt en exil en France mais ses descendants n'auront de cesse de retrouver le trône du Royaume-Uni. Ce mouvement de soutien à la restauration des Stuarts prendra le nom de « jacobitisme ». Le petit-fils de James, Charles, surnommé « Bonnie Prince Charlie » sera celui qui aura le plus de succès, Soutenu, en tous cas en promesses, par les monarchies catholiques comme l'Espagne et surtout la France (il est cousin de Louis XV), réussissant à fédérer plusieurs clans des Highlands écossais, il arrivera à prendre Édimbourg et menacera même Londres. Repliée dans le nord de l'Ecosse, l'armée majoritairement composée de Highlanders de Bonnie Prince Charlie affrontera à Culloden l'armée gouvernementale menée par le Duc de Cumberland pour un ultime face à face. La défaite de l'armée du prince sonnera le glas des espoirs des Stuarts.

Ce lieu a une telle signification historique que Culloden fait partie de la National Trust for Scotland, ce qui n'est pas rien. Avant de voir les lieux même de la bataille, nous visitons le musée où une petite mise en contexte historique s'impose. La bonne idée, c'est de mettre en parallèle les deux points de vue : celle de partisans jacobites et celle du gouvernement britannique et de son armée. Le plus impressionnant, c'est l'expérience cinéma où les débuts de la bataille ont été reconstitués dans un cube où sont projetés les deux camps face à face, avec vous au milieu. On se trouve juste au cœur de la charge initiale des Highlanders et de la réplique des hommes de Cumberland. Plutôt impressionnant ! Une exposition d'artefact finit de compléter l'espace muséal avant de pousser une porte vers le Moor de Culloden. Il faut imaginer qu'il avait plu et que le sol était particulièrement détrempé ! Si vous avez le temps, vous pourrez vous promener à travers le moor et essayer de vous représenter ce champ de bataille.

Les conséquences furent assez terrible, beaucoup des partisans jacobites faits prisonniers furent envoyés dans les colonies américaines comme quasi esclaves et pendant 40 ans, tartans et kilts furent interdits, ainsi que d'autres mesures répressives visant à faire rentrer le nord de l'Ecosse dans le rang.

Tomatin, du whisky de tradition

Pour nous remettre de tout çà, il fallait bien un petit whisky et LA distillerie du coin, c'est Tomatin. Aujourd'hui, la distillerie est calme mais la veille encore, tout le monde était au turbin pour terminer la mise au tonneau de leur whisky plus tourbé. Tout bénéfice finalement, puisque nous ne serons pas dans les pattes du personnel pour la visite ! La grande caractéristique de Tomatin, c'est que son ingrédient principal, l'eau, coule juste ici. C'est celle de la Alt-na-Frith, une des rares distilleries écossaises a avoir une source d'eau directe. C'est que le coin est plutôt isolé et lorsque la distillerie fut construite à la fin du XIXe siècle, les fondateurs demandèrent à l'architecte de construite également des maisons pour la main d'oeuvre. A ce jour, encore 80 pour-cent des employés vivent sur le site. L'autre particularité, c'est que c'est la seule distillerie qui possède encore un tonnelier. Les tonneaux ne sont pas fabriqués (d'autant plus que les whiskies reposent en anciens fûts de sherry ou de bourbon) mais bien modifiés ou réparés sur place. J'ai l'impression d'avoir mis les pieds dans une grande famille plus que dans une petite entreprise. Une entreprise qui a l'air de marcher plutôt bien tant je verrais de publicité pour la marque lors de nos déplacement dans la région.

Enfin, nous arrivons au cœur des choses : la dégustation. Trois whiskies nous sont proposés pour exercer nos palais : le whisky de base, rond, aux notes vanillées, un whisky plus vieux, vieilli en fût de bourbon, plus complexe et corsé et enfin, une version plus tourbée et dirons-nous... masculine mais harmonieuse, sans que cela agresse. Nous voilà donc tout joyeux et détendus pour démarrer le séjour !

Inverness : Où dormir

Une des belles adresses dans la capitale des Highlands est le Kingsmills Hotel. Un peu en dehors de la ville, l'ancienne demeure familiale du provost d'Inverness est devenu un hôtel 4 étoiles cossu mais au tarif abordable, surtout en basse saison (moins d'une centaine d'Euro par nuit, petit-déjeuner compris). En face de l'ancienne demeure, on trouve un bâtiment moderne le « Kingsclub », où nous étions logées. La déco y est plus contemporaine mais ce que l'on perd en charme, on le gagne en superficie et en calme. C'est un petit monde à part avec sa propre salle de petits-déjeuners. Et si les résidents du Kingsclub ont accès au buffet de « la grande maison », l'inverse n'est pas vrai.

J'ai donc hérité d'une chambre avec un lit king size à l'américaine d'un moelleux que je n'avais plus vu depuis Bruges avec son petit coin salon équipé de fauteuil et sofa qu'on a vraiment du mal à quitter (je m'y suis installée tous les jours pour travailler avant le repas de soir) et d'une très grande salle de bain.

A noter : le restaurant de l'hôtel, l'Inglis,  est excellent avec une revisite gastronomique de redouté plat national : le haggis (la panse de brebis farcie) servi avec une sauce à la moutarde et au whisky Tomatin, qui été englouti même les palais les plus sceptiques du groupe.

Et ce n'était que le premier des repas qui allait prouver qu'en Ecosse, eh bien on se régale... et il fallait prendre des forces puisque la journée du lendemain allait nous confronter aux nombreux mystères du Luch Ness.

A suivre...

Cette aventure écossaise a été réalisée en coopération avec Visit Britain et Visit Inverness Loch Ness. Les opinions de l'auteure restent ibres et entières, malgré le nombre de dégustations de whisky.

 

Freedom an' whisky gang thegither!

Robert Burns





  1. voyagesdemarie
    le 13.12.2017

    Quelles magnifiques couleurs d’Automne !! L’Ecosse me fascine, elle a un côté épique, sombre, où la nature est sauvage et puissante…

  2. Melissa
    le 13.12.2017

    Merci Marie ! Oh oui… Et avec les feuillages d’automne, c’est encore plus spectaculaire. On dirait que les arbres étaient en feu. Ce n’est vraiment pas étonnant que l’Écosse ait cette aura de mystère et de rudesse.

  3. katou
    le 13.12.2017

    Tes photos sont magnifiques, je n’ai qu’une seule envie est de prendre l’avion est de repartir 😉
    C’est vrai que l’hôtel Kingsmills Hotel est super sympa, j’adorai les levers de soleils depuis ma chambre.

  4. Melissa
    le 13.12.2017

    Le sofa et le lit me manquent, je dois dire. Et le bacon du petit-dejeuner. Franchement, l’Écosse est un de ces pays où on ne se lasse pas de revenir. C’est si beau… Et puis les Ecossais sont juste géniaux.

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