Parmi les stations de ski les plus cotées du Valais, Verbier a une place de choix. Située sur le territoire des 4 Vallées, elle a remporté le prix de meilleure station de Suisse. Nombreuses sont les célébrités et têtes couronnées qui viennent y dévaler les pentes des sommets aux alentours. Mais la belle saison venue, alors que les échos des après-skis se dissipent dans l’air des montagnes et que le village retrouve son calme, c’est le moment pour les amoureux de la nature de profiter de tout ce que l’été à Verbier peut offrir en termes de nature et de bien-être et c’est ce que je vais vous faire découvrir avec l’Office du tourisme de Verbier.

Verbier Inspire le yoga

L’été tout pourri nous a poursuivi jusque dans les Alpes… on va donc commencer par découvrir Verbier en douceur et se remettre du voyage avec… une séance de yoga chez Inspire. S’il avait fait beau, nous aurions suivi le cours face aux montagnes sur la terrasse du Mouton Noir, le restaurant qui est à l’arrivée des télécabines aux Ruinettes mais voilà, contre mauvaise fortune, bon coeur, nous rejoignons Lulli, la prof, au studio.

J’ai longtemps pratiqué le yoga donc pour moi, c’est un vrai bonheur de m’y remettre ! Adieu le stress du voyage, oubliée la pluie du dehors, après quelques pauses de chien-tête-en-bas, quelques torsions et une bonne séance de relaxation, c’est légère que je quitte le studio, prête à affronter le reste de ce séjour.

Sarreyer, le village slow food

Rejoindre le village de Sarreyer se mérite ! La route est un peu mauvaise, sinueuse (avis à celleux qui sont sensibles au mal des transports) mais si belle, même par temps maussade. Le village en lui-même n’est pas en reste. C’est bien simple, Sarreyer est inscrit au patrimoine suisse. Ô ironie, alors que le village est situé sur la « Route du Soleil» et que ses coteaux sont connus pour être particulièrement ensoleillés, c’est sous une petite pluie que nous débarquons pour découvrir un village qui est devenu la première communauté slow food de Suisse, grâce à l’Association des artisans et paysans de Sarreyer.

C’est au centre névralgique du village, au Café Mont-Fort, que nous avons rendez-vous avec Isabelle Gabioud, une passionnée des plantes qui, avec d’autres, a créé « Les Simples », une petite entreprise qui cultive et met en valeur des fleurs et plantes de montagne. Ces plantes sont soit livrées telles qu’elles pour être transformées soit Les Simples les transforment eux-mêmes en tisanes, pots d’épices, sirops ou cosmétiques, marqués du sceau « Grand Entremont« , un label qui certifie de nombreux produits issus de ce territoire bien particulier. L’autre intervenant de la matinée, c’est Guillaume Besson, lui aussi spécialiste des plantes mais dans une autre optique : celle de se nourrir. Guillaume cuisine avec des plantes qu’il cueille. Accompagnés de tous les deux, nous allons rejoindre l’un des jardins d’Isabelle pour y faire quelques récoltes et ça tombe bien, le temps de se présenter et de donner des précisions sur le déroulement de la matinée et la pluie s’est arrêtée.

En route donc pour une petite balade verte ! Il n’y a même pas besoin d’arriver jusqu’à la parcelle d’Isabelle avant que Guillaume ne s’arrête devant une plante dont les fleurs en ombrelles ont déjà laissé place aux fruits : c’est la berce des près et dans la berce, tout est bon : les racines qui sont piquantes, les tiges et boutons floraux, qu’on peut manger crus ou sautés et les fruits, tout petits, d’un beau vert mais au goût très fort (on a testé) qui rappelle le citron vert et qui peut être utiliser en condiment mais avec modération ! D’ailleurs, quand il s’agit de la pratique de la cueillette, la modération est la règle : « un bon cueilleur, c’est celui qui ne laisse aucun signe qu’il est passé » . Sauf dans le cas des orties que Guillaume s’empresse de ramasser. C’est une plante abondante, on peut donc y aller ! Elle peut être utilisée en tisane, cuite pour faire de la soupe et utilisée fraîche, comme nous allons le voir.

Enfin, nous voilà dans la fameuse parcelle, c’est un lieu plutôt magique. Déjà, il y a l’odeur de la sauge sclarée, en pleine floraison, envoutante… On voit les fleurs de mauves au violet soutenu, et d’autres fleurs d’un rouge vif, celle d’une plante que je connaissais pas, la monarde, et qu’Isabelle transforme en sirop. Nous avons chacun.e un petit sac et pouvons récolter ce que nous voulons. Tout dans ce jardin aromatique est consommable (frais ou transformé), le plus dur, c’est choisir ! C’est comme si nous étions planté.e.s au milieu d’un grand buffet ! Je prends un peu de mauve, de la sauge sclarée, du thym, de l’achillée mille-feuilles, de la menthe, de l’absinthe, une fleur d’edelweiss pour le plaisir… Il y a même un plan de génépi que nous ne toucherons pas… Tous les contenus des petits sachets, nous les utiliserons pour en faire nos propres tisanes mais pour le moment, Isabelle nous explique les vertus des plantes. Pour la fille de la ville que je suis, me faire rappeler la générosité de la nature me laisse émerveillée.

Avant de rentrer, nous allons faire un petit tour à travers le village. Une des particularités de Sarreyer, c’est qu’il conserve encore un moulin à eau qui fonctionne ! La scie et moulin de Sarreyer sont encore régulièrement utilisés pour… vous l’aurez deviné, scier du bois, mais aussi presser des pommes par exemple. Ce n’est pas le seul rescapé du genre, le village possède encore son four banal, le four communal et qui lui aussi, sert toujours. En se promenant, on comprend tout de suite pourquoi Sarreyer est inscrit au patrimoine suisse avec ses jolis chalets au bois patiné par les années et l’environnement. Je m’y vois bien passer une semaine tranquille pour randonner, prendre un verre au café du village, lire… et puis, il y a cette odeur qui me restera toujours en tête quand je penserai à Sarreyer : celle du bois. Le village sent le bois ! Je ne sais pas si ça vient du bois des chalets, de poêles qui fonctionneraient ou des stères de bois qu’on trouve stockées dans quelques jardins mais mon nez est en plein rêve.

Cuisiner avec les plantes

De retour au café, on se met de suite au travail. Guillaume commence à préparer un risotto d’épeautre et donne des instructions pour la préparation des plats : au bout de lq table, on s’occupe de couper les herbes pour les mélanger au fromage frais. De mon côté de la table, on émince les feuilles d’achillées qui seront ajoutées à des graines de courges et tournesol broyées pour en faire une espèce de tapenade. Une fois que c’est prêt, nous enfilons les gants pour passer au découpage des feuilles d’orties qui seront mélangées avec pour faire un pesto qui lui, accompagnera des spaghetti de courgettes.

Une fois que c’est fini, je rejoins Isabelle pour créer ma petite tisane perso. Elle déballe attentivement le contenu de mon sachet, tout est une question de dosage (attention à l’amertume de l’absinthe, par exemple, ou simplement à la quantité de plantes utilisées) et de savoir quelle plante « interagit » bien avec les autres du point de vue du goût et des propriétés (certaines plantes ont un effet calmant, d’autres sont plus stimulantes, etc.). Le plus comique est de comparer les tisanes. Selon le choix de nos plantes, elles sont de différentes couleurs. Verte pour moi, chartreuse ou rose pâle pour d’autres… On a juste le temps de les boire, et de tester les délicieux sirops de menthe, de mélisse et de monarde avant de passer au repas, préparé de nos blanches mains !

Pour terminer notre délicieux repas, comme nous sommes en Suisse, c’est avec une création d’un chocolatier que nous allons atterrir. Ce chocolatier, c’est Raphaël Thoos qui tire lui aussi le parti de la nature qui entoure Sarreyer. Il nous servira de la glace aux fines pépites de chocolat et aspérule odorante ainsi que des meringues que Raphaël va faire cuire au four banal pendant qu’il refroidit après utilisation. J’ai aussi pu goûter sa tablette de chocolat à l’absinthe, une création que les amateurs d’amertume apprécieront (moi, j’adore).

Bruson, le village du PALP Festival

Il s’en passe des choses dans les villages aux alentours de Verbier et c’est le cas à Bruson où se trouve une des branches du PALP Festival, un festival d’art qui se déroule dans tout le Valais, de mai à octobre. Bruson est d’ailleurs le centre névralgique du Festival le « PALP Village ». Le but, développer une vraie communauté dans ce village alpin, fédérée autour du développement de la culture. Ça se traduit par une exposition qui a lieu à travers le village et centrée sur le rêve, les rêves que les habitants de Bruson ont pour leur village et qui qui ont été traduit par des artistes : installations dans des granges, tableaux, grandes bâches peintes, les oeuvres vous emmènent au fur à mesure à la découverte du village, et des espoirs des habitants. Malheureusement, lors de la visite, il pleuvait tellement que nous n’avons pas pu nous attarder. Par contre, une des réalisations permanentes du PALP, c’est l’épicerie du village, la Brusonette : fruits, légumes, produits de premières nécessités (et même un peu plus) mais aussi viandes et fromages locaux, produits régionaux et artisanaux… On a envie de dévaliser toute l’épicerie !

Randonnée au dessus de Verbier

Retour à Verbier où ce n’est pas parce que le soleil ne brille pas qu’on va se priver d’une petite marche en montagne ! D’autant plus que grâce au Verbier VIP Pass, la plupart des télécabines sont gratuites !

Verbier VIP Pass
L’un des gros avantages qu’offre Verbier , c’est son Verbier VIP Pass (pour Verbier Infinite Playground). Lorsque vous séjournez au moins une nuit dans un établissement qui a pris part au programme (du 5* au camping) ou, si vous séjournez chez des amis ou dans un AirBnB et que vous passez à l’Office du tourisme pour payer une taxe de séjour, vous recevrez votre pass qui vous donnera accès à une foule d’avantages sur tout le territoire de Verbier, le Val de Bagnes et La Tzoumaz. Parmi ces avantages, il y a la gratuité sur les cars postaux ou la plupart des télécabines. Vous trouverez aussi des activités gratuites (une séance de relaxation à la tombée du jour, une visite guidée de Verbier…) ou a tarif réduit (atelier raclette, cosmétique, randonnées gourmandes, VTT…) . La validité du VIP Pass couvre la durée de votre séjour.

Nous profitons d’une accalmie qui semble se prolonger et hop, en route pour les cimes ! Nous grimpons donc dans une télécabine, direction la station « Les Ruinettes ». C’est le début de plusieurs sentiers de randonnées dont un qui surplombe Verbier comme si on était sur un balcon. Mais vu les épais nuages qui engloutissent les épicéas lors de la montée, il n’est pas bien certain que nous ayons une vue sur le village, mais plutôt sur une mer de nuages. (NDLR : d’autres télésièges vous emmènent encore plus haut, mais ceux-ci ne sont pas compris dans le VIP Pass). Peu importe du coup la météo, juste me retrouver dans la montagne suffit à mon bonheur. D’ailleurs, l’altitude me monte déjà à la tête, et pas seulement parce que je suis un peu sujette au mal des montagnes ! Il y a quelque chose qui pétille dans l’air des Alpes !

C’est le début de l’été et sur le bord du chemin, les fleurs sont encore abondantes. Avec cette météo toute grise, leurs couleurs explosent : le jaune des boutons d’or, le rose fuscia du rhododendron, le bleu outremer des gentianes… Tout cela contraste avec des dizaines de nuances de vert, de blanc et de gris. Et alors que nous étions prêts à faire demi-tour pour retourner au village, voilà que s’ouvre une trouée, d’abords à l’horizon, où l’on peut voir un lambeau de ciel bleu et de haut sommets recouverts de neige, puis vers le bas. Le voile de nuages se déchire comme par magie. Les toits foncés de Verbier apparaissent et on peut contempler le village lové plus bas sur son plateau.

Jusqu’au dernier moment, Verbier se seras bien gardé de dévoiler tous ses atours, la coquine !

Cet article parait dans le cadre d’une collaboration avec l’Office du tourisme de Verbier mais les opinions de l’auteure lui restent propres, malgré les nombreux verres de jus d’abricots.
Aimez et partagez