Lectrice, Lecteur, depuis un bus plongé dans la pénombre, lancé sur une autoroute de France, quelque part entre Avignon et Lyon, je t’écris ces quelques mots. Mes vacances et ces chroniques vont se conclure ici. Je ne te dis pas à quel point je me suis détectée d’écrire pour le plaisir de le faire. Et on dirait que toi aussi, enfin beaucoup de tois (sic) aussi, avez apprécié. On remettra ça, c’est promis !

Tant que les impressions étaient encore chaudes et palpitantes, mon esprit n’a pas pu s’empêcher de revenir sur ces dernières semaines. Cet « Italotrip » avec une incursion en France, aura été d’un genre très particulier, un mélange de retour aux sources, de voyage sur les sentiers de la mémoire, de découvertes inédites et de nouvelles amitiés. C’est beaucoup d’émotions.

Revoir mon village inchangé (ou presque), se sentir sous l’aile protectrice de Nonna, qui malgré son âge continue de me faire sentir qu’elle veille sur moi, me ressourcer en ne faisant rien à la plage, la sensation ambiguë que m’a laissé Rome, la pure joie de tomber amoureuse de Matera et le réconfort de partager quelques jours avec Katou du blog Touristissimo après une dizaine de jours de voyage en solo… C’était un tourbillon de l’esprit, de vraies montagnes russes. Je ressors de ces vacances à la fois comblée, un peu triste et émotionnellement épuisée.

J’ai retrouvé des impressions d’enfance, des constantes qui bougent à peine malgré les ans : l’odeur du garde-manger de notre maison, le paysage que j’ai admiré mille fois depuis nos balcons, glorieusement lumineux au lever du soleil et purement dessiné en fin d’après-midi.

Je me suis perdue, les yeux dans le soleil et dans l’eau de l’Adriatique, la laissant emporter stress et négativité à chaque ressac. elle est bien assez grande pour pouvoir les prendre avec elle.

J’ai redécouvert une vieille connaissance, Rome. A la joie de me retrouver dans ses rues, a succédé la curiosité de la découverte de quartiers nouveaux jusqu’à ce que je ne cède aux sirènes de lieux hantés par les fantômes du passé. Une période de ma vie qui fut bien aimée, marquée du sceau de l’amitié. Mais revoir ces lieux m’a fait plus cruellement encore sentir le manque que ces personnes ont laissé.

Matera, je ne me féliciterai jamais assez d’avoir poussé jusque-là. On n’en a parlé et je vais évidemment développer dans les semaines qui suivent, mais tu connais mon analogie entre une destination et une personne. En général, celles que tu croises sont agréables, certaines plus que d’autres. Dans certains cas par contre, c’est le coup de foudre. Ça, c’était Matera. Pour d’autres cas par contre, c’est l’indifférence. Nous n’avons pas grand-chose à se dire. Milan fait partie de ceux-là.

Et puis il y a les petits extras qui feraient qu’une destination ne serait pas aussi savoureuse sans çà, comme la personnalité attachante de Katou qui m’a fait découvrir son Nice.

Tous ces bagages, je les emporte avec moi autant que le kilo de charcuterie (et le pot de confiture à la rose, merci Katou) que je ramène à la maison. Tout reste à digérer mais ce qu’il y a de bien lorsqu’on est blogueur, c’est que ce mécanisme se fait ici même, devant toi, Lectrice, Lecteur. On ne le laisse pas enfermé dans nos têtes, on y pense, on le couche sur nos écrans. Ça nous permet de décortiquer notre expérience mais aussi, une fois les articles et les photos publiés, de prendre congé une fois pour toute.

Mais pour le moment, et comme je le souhaitais en début ces quelques paragraphes, tout est encore chaud, confus… C’est peut-être le fait de voyager de nuit qui me rend aussi mélancolique ? Le manque de sommeil ? L’anxiété du retour au réel d’une vie dont je n’ai pas trouvé la clé ? Mais le trop plein d’émotions monte de ma poitrine jusqu’à mes yeux. Heureusement, tout le monde dort, mes apparences sont sauves.

Dans 5 heures, le soleil se lèvera, le jour sourira, mon appart’ me tendra les bras, mes chats viendront voir qui ouvre la porte avant de retourner à leur superbe indifférence et je fermerai la porte derrière mois. C’est déjà un premier pas vers la conclusion.

Je tire ici la révérence de ces chroniques. Merci d’avoir été là, Lectrice, Lecteur.

Bien à toi,

Mélissa