Il y a presque neuf ans, le 1er janvier 2010, je lançais un sondage un peu fou à mes lecteurs et followers. Je leur demandais de choisir entre deux îles perdues. Deux îles perdues où j'étais prête à me rendre selon leur verdict.

La source en était la frustration. Frustration d’être restée à Bruxelles pendant que les collègues étaient en conférence à Bali (si, si… on peut faire autre chose que du surf et du yoga à Bali). Dans mon article de l’époque, j’évoque une conversation au détour de Twitter. Cette conversation c’était eMich qui l’avait lancée. Ce jour où je me morfondais devant mon écran, il venait d’apprendre qu’il avait 40 jours de vacances. 40 jours dont il ne savait que faire. Je suggérais alors qu’il lance une fléchette sur une carte et qu’il aille là où 3a flèche atterrirait… et qu’il existait certainement un site que faisait une simulation de tout çà. Je me suis prise au jeu et quelques secondes de recherche plus tard, je trouvais DartonMap. Si eMich ne l’a finalement pas utilisé, moi, je l’ai fait, en déclarant publiquement que je soumettrai au verdict de la fléchette.

Sauf que la fléchette tombât dans le Pacifique Sud à mi-chemin entre l’Île de Pitcairn et celle de Rapa Iti. Laquelle choisir ? J’ai alors trouvé la solution : demander à mes lecteurs et mes followers.  A l’époque, mon ancien blog était bien modeste et une trentaine de personnes avaient participé au vote, m’envoyant leurs réponses sur Twitter, Facebook ou en commentaire sur le blog.

Deux semaines plus tard, j’annonçais la victoire de Rapa Iti dans le sondage et je commençais à mettre en route mon plan pour y arriver… Je savais que ce ne serait pas facile, puisque le seul moyen de rejoindre Rapa, c’est le bateau puisque les Rapa ont toujours refusé la construction d’une piste d’atterrissage.

Si depuis toutes ces années, les rotations du Tuhaa Pae, cargo mixte qui relie Rapa à Tahiti a un peu augmenté, il reste malgré tout à une cadence limitée. Une fois tous les mois ou tous les mois et demi.

J’ai failli par deux fois y parvenir…  La première fois était plutôt rocambolesque. La deuxième fois, c’était lors de l’occasion de mon tour du monde mais le bateau était sot plein, soit partait à une mauvaise date.

Vint enfin 2018 et mon licenciement. L’une des premières choses à laquelle j’ai pensé c’est ; « Ca y est !!! Je peux enfin tenir mon pari. » Mes économies sont là, il ne reste plus qu’à ! Et enfin, après des semaines de tergiversations internes, des tas d’e-mails avec la société qui gère le bateau, un sacré coup de main de famille d’adoption tahitienne, de nombreux essais pour contacter la mairie de Rapa pour demander une autorisation de séjour (sans succès), je me suis finalement décidée : mon billet pour Tahiti est acheté, ma place sur le bateau est réservée. Plus de retour possible ! Mon seul regret aura été de ne pas avoir pu avoir l’autorisation de rester mais le contrat entre mes lecteurs et moi sera respecté.

Je peux enfin le proclamer : Le Rapa Iti Project est devenu réalité.

Et crois-moi, Lectrice, Lecteur, moi-même, j’ai du mal à le croire. Et j’ai aussi un peu le vertige !

En attendant, pour vous faire rêver, je vous invite à aller voir le compte Instagram de PBenjanin, un jeune photographe qui a passé un mois à Rapa cette année, entre avril et mai.