- Little India , Singapour -

September 2017

Little India : Singapour, côté “wild” !

Mon marathon singapourien continue! Reposée de la veille de mon escapade à Pulau Ubin, je me mets en route pour ce qui promet d’être une journée parmi les plus chargées de ce tour du monde. Au programme de la matinée, une promenade dans l’un des quartiers les plus animés de Singapour : Little India.

La communauté indienne est très importante ici, fruit de la politique des Britanniques qui avaient besoin de main d’oeuvre pour développer leur colonie. Bien installés, les Indiens font maintenant partie intégrale de Singapour et si Little India est loin de la frénésie et de l’intensité des rues de Kolkata ou de Mumbai, l’ambiance est décidément plus relevée que partout ailleurs à Singapour. Pourtant, mon entrée dans le quartier va se faire via deux temples qui n’ont rien à voir : le premier Bouddhiste thaïlandais et le 2ème Taoïste-bouddhiste chinois, qui se font quasi face.

Little India ou Little Asia ?

Quelle surprise de tomber sur un temple bouddhiste thaïlandais, je ne m’y attendais pas et pourtant, il n’y a pas à s’y tromper : avec sa stupa dorée, le Sakya Muni Buddha Gaya Temple a bel et bien été fondé par un moine bouddhiste thaïlandais (mais il parait que c’est à présent la communauté chinoise du quartier qui en prend soin). En un clin d’œil, me voilà transporté à Bangkok : les offrandes de fruits et de lotus, le large Bouddha (15 mètres, quand même) souriant, bienveillant, ceint d’une écharpe de soie, tout y est !

De l’autre côté de la rue, c’est un autre monde : devant le Leong Sang See Temple, un cerisier artificiel souhaite la bienvenue aux visiteurs. Le temple de la « Montagne au dragon » est particulièrement décoré : c’est simple, il y en a partout ! Dédié à Guan Yin, la déesse de la pitié, il abrite une statue de Confucius. Contrairement à son voisin où la décoration es plutôt sobre, ici le temple est bourré d’objets et de statues : lampions rouges, autels dorés, statues de divinités… Aucun recoin du temple n’est oublié !

Sri Veeramakaliamman Temple, le culte de Kali

Moins de 10 minutes plus tard, l’atmosphère commence à changer, j’ai l’impression d’entrer dans un village dans la ville et j’aperçois le Sri Veeramakaliamman Temple. On ne peut pas le louper, avec ses tours bleues et recouvertes de figures colorées. Pour moi, c’est une grande première : je ne suis jamais entrée dans un temple hindou ! Je me déchausse et pénètre dans le bâtiment. Dédié à la déesse Kali, la mère divine, c’est aussi un des plus anciens temples de Singapour, construit par les premiers ouvriers indiens venus avec le colonialisme britannique. La dédicace du temple à Kali n’a pas été faite au hasard. Elle est la déesse protectrice et destructrice du mal, et les nouveaux arrivants ont voulu se mettre sous son aile dans ce pays dont ils ne connaissaient rien. Le complexe est vraiment très grand et s’est construit en étapes successives. Outre quelques touristes, il y a quand même pas mal de monde venu prier : depuis les retraités, aux enfants en passant par les employés de bureau en costume ou tailleur. Le temple est une véritable explosion de couleurs : le fond reste toujours bleu mais des fresques, statues et ornements en stuc passent par toutes les nuances de l’arc-en-ciel. L’ambiance est aussi complètement différente des temples bouddhistes ou taoïstes que je connais. Alors que ces derniers m’apportent toujours un moment de paix, ici, je sens une espèce d’électricité bienveillante dans l’air, une ferveur, si elle n’en est pas plus intense, du moins plus vive. Et comme nous sommes à Singapour, à quelques pas du temple, on trouve une mosquée toute jaune, celle de la communauté bangladeshi du quartier.

Little India, coeur battant de Singapour

Mais le charme réel de Little India se révèle lorsque l’on parcourt ses rues, particulièrement les rues principales de Sanrangoon Road et Syed Alwi Road. Ici, les bâtiments ont été construits de façon à ce que l’étroit trottoir soit à l’abri de la pluie et une foule de gens y travaillent, prenant le frais : vendeurs de supérette, tailleurs, fleuristes, marchands d’offrandes… Singapour d’habitude si calme se réveille sous un autre jour. Quelques coups de klaxons ou de sonnettes de vélo sur fond de maisons colorées finissent de vous peindre le tableau. C’est ici, et ici uniquement que le vernis de perfection qui recouvre la ville, craque un peu. Little India, c’est aussi l’endroit pour faire du shopping à bas prix et c’est au Mustafa Centre que ça se passe. Ce centre commercial « old school » vend tout et n’importe quoi : énormément de bijoux, de tissus, de vêtements, de l’électronique, des billets d’avion, de l’assistance pour obtenir des visas, des fruits et légumes, etc. etc. Bref, si, Lectrice, Lecteur, tu es allergique aux centres commerciaux qui se ressemblent tous mais que tu veux quand même faire l’expérience du shopping à Singapour, je te recommande grandement d’aller y faire un tour.

Tu le sais, je suis une grosse gourmande et je me réjouissais d’enfin manger indien au célèbre Tekka Centre qui combine marché et food court. Malheureusement, désespoir du désespoir, c’est jour de grand nettoyage chez Tekka et le centre est fermé. Je vais donc me rabattre dans un des petits restaurants tout proches sur Buffalo Road (et qui doivent bénir ce jour de fermeture pour leurs commerces, les lieux sont bondés). On arrive néanmoins à me dégoter une petite table que je partagerais avec un vieil habitué (vu la déférence et les poignées de mains que le personnel lui manifestait) qui me lancera de nombreux sourires amicaux en m’invitant à essayer toutes les sauces servies avec mon poulet tandoori. De tous les repas fait à Singapour, ce fut le meilleur !

Après ces délices, je vais tomber par hasard sur l’une des plus belles mosquées de la ville : la Masjid Abdul Gaffoor. Et si elle à l’air flambant neuve, c’est que sa construction fut terminée en 2003, presque 100 ans après le début des travaux. Elle combine pas mal de styles différents : on reconnaît évidemment l’architecture islamique avec ses fenêtres typiques mais il y a également des colonnes à style corinthien à l’occidentale mais avec également des fioritures (particulièrement dans la décoration) typiquement indiennes. C’est que la mosquée a été construite pour le culte des Musulmans du sud de l’Inde qui étaient nombreux à travailler à l’ancien hippodrome tout proche.

Une touche de Chine à Little India…

Pendant une petite heure, je vais flâner dans les rues de Little India mais paradoxalement, la maison la plus colorée du quartier… est chinoise ! C’est la maison de Tan Teng Niah. Le propriétaire était un riche homme d’affaire qui fit construire cette villa pour sa femme en 1900. Avec les années, le quartier devint le centre de la Communauté indienne de Singapour et elle est la dernière survivante des maisons chinoises dans le coin. A l’origine, la maison était toute blanche mais elle est à présent la plus colorée de tout Little India, le fait de la communauté indienne qui l’administre depuis les années 80. Ne la loupe pas, Lectrice, Lecteur.

C’est ici que prend fin le parcours, à deux pas de la station de métro. C’est que j’ai rendez-vous pour visiter l’icône de la skyline singapourienne : le Marina Bay Sand… Mais çà, c’est une toute autre histoire.

Stay tuned !!!

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