Après une petite sortie matinale dans les rues de Liège, il est temps de partir vers ma prochaine destination : le Préhistomuseum ! Michael a gentiment proposé de m’y conduire au lieu de prendre le bus et c’est donc parti pour un saut dans le temps ! Mais avant de retourner au Paléolithique, il faut sortir de l’ère industrielle. Rejoindre Ramioul demande que l’on traverse toute une zone industrielle qui raconte tout un pan de l’histoire de la Province de Liège : Flémalle et les hauts-fourneaux de Cockerill-Sambre, Seraing… C’est toute une couronne d’anciennes usines qui se trouve au sud de la ville de Liège et dont le futur reste encore à écrire.

Pour le Préhistomuséum, le futur, lui, semble s’annoncer radieux. Quel parcours pour ce site archéologique ! D’une simple grotte devenue curiosité suite aux découvertes qu’on y fit, il se transformât en musée et avec les années, est devenu plus une « expérience » qu’un simple lieu d’exposition. En fait, c’est même un parc d’aventures et je vais vite le découvrir avec Marie, l’archéologue qui va m’accompagner pendant la visite.

La Grotte de Ramioul
Cette grotte est découverte en 1911 par le groupe des « Chercheurs de Wallonie » qui feront énormément d’effort pour la préserver. A l’intérieur de cette grotte sur 3 niveaux, on va découvrir des restes allant de l’époque de l’Homme de Neandertal (70.000 AC) jusqu’à 2300 AC. Classée, la grotte fut la première a être électrifiée pour pouvoir la visiter.

Un repas à travers les âges

C’est au bistro (il est quasi midi) que Marie vient me rejoindre. Je vais vite me laisser contaminer par son dynamisme et sa passion du métier. Elle travaille sur le site depuis longtemps, en connaît tout les recoins et c’est autour d’un bon repas qu’elle va me faire le topo du musée. Le bistrot fait d’ailleurs lui aussi partie de l’expérience et on est loin d’un esprit « cafète » ici. Le lieu est inondé de lumière grâce a de grandes baies vitrées, couvert de bois, à la scandinave, et ses luminaires lui donnent un petit côté branché bien sympathique. Côté menu, on y retrouve des classiques de la restauration (n’oublions pas non plus qu’une grande partie des visiteurs sont des enfants, il faut donc les contenter) mais les plus aventureux choisiront le menu qui vous fait voyager à travers le temps grâce aux papilles : de la préhistoire à l’époque de la « codification » de la cuisine française et ça commence dès l’apéritif qui est composé d’un hydromel, d’hipocras et d’un alcool léger à base de sauge. Ça démarre fort mais ce ne sera rien comparé au plateau qui arrive ! Les différents plats, présentés en format « tapas », incarnent une période de l’humanité dans nos régions : un os à moelle pour la préhistoire, une recette de poulet trouvé dans un livre de cuisine qui date du règne de l’empereur Tibère, un porc sucré-salé cher au Moyen-Âge, une tourte typique de la Renaissance et enfin, un aspic de poisson pour signifier la naissance et l’élévation de la gastronomie française. Un dessert, une tarte aux pommes, est aussi prévue dans le menu mais je dois dire qu’après tous ces petits plats, j’étais repue et n’ai pas eu la force d’en manger un morceau.

Des expériences multiples au Préhistomuséum

J’avais donc hâte qu’on se mette en route pour découvrir les lieux ! Le domaine est divisé en zones et si nous n’allons pas tout voir, Marie m’en montrera une bonne partie. Nous passons d’abords par l’espace du labyrinthe de l’évolution. Un vrai labyrinthe qui vous fait démarrer primate. Aux embranchements, des questions vous sont posées et si vous arrivez à éviter les extinctions (nombreuses sont les espèces disparues) vous en ressortirez singe ou homo sapiens sapiens. Une façon imagée et ludique de visualiser et de comprendre l’évolution des espèces.

La prochaine station est un sentier pieds-nus, comme j’avais pu le voir dans l’Armentiérois avec le Sentier-va-nu-pied sauf qu’ici, nous sommes dans un petit bois. Le sentier mélange des matières organiques (comme du bois), des minéraux (des pierres) et d’autres complètement artificielles (comme un évier de cuisine). A chaque changement de matériau, des petits panneaux vous interrogent sur la place de l’espèce dans la nature, ses effets sur elle, etc. On a le choix de juste profiter de l’expérience et des sensations qu’elle procure (ça fait un bon massage parfois vigoureux selon les matières, de la voûte plantaire), de profiter du paysage qui se déroule entre bois, bosquet, clairières ou de vraiment prendre le temps de s’interroger selon les questions posées.

La Grotte de Ramioul et la guerre du feu

Mais avec tout ça, nous n’avons pas encore vu le lieu où tout a commencé : la fameuse Grotte de Ramioul. Et pour la visiter, c’est un peu particulier car on se met plus en moins dans la peau de ceux qui l’on découverte : elle est plongée dans le noir et elle se visite à la lumière de la lampe-torche. J’enfile donc un casque, allume ma loupiote et c’est parti ! Gros coup de bol, Marie et moi sommes les seules à se balader dedans. On a donc tout le temps d’en profiter et d’admirer les différentes salles. Elles ne sont pas spécialement spectaculaires (les salles sont petites) mais l’idée de faire la visite de cette manière est vraiment bien trouvée et permet de se rendre compte de ce qu’est la spéléologie et l’exploration de l’inconnu.

Apprendre ne veut pas dire subir, le Préhistomuseum organise aussi certains ateliers (dont un sur le tir à l’arc comme le faisait nos ancêtres de la préhistoire. Ce n’est pas celui là qui m’a attiré le plus d’autant que je sais maintenant depuis mon passage à Winterfell que je suis plutôt douée. Non, non… il manque une corde à mon arc, si j’ose dire : savoir faire du feu ! Je n’hésite donc pas à m’y enrôler. Marie me laisse donc entre les mains d’une instructrice. Je suis la seule adulte non accompagnée du groupe mais pas de souci ! Nous voilà assis en cercle sous une grande hutte pour assister à la démonstration. Pour faire un fieu assez rapidement, il vous faut :

  • du silex
  • de la pyrite
  • du champignon bien sec
  • du foin

Confectionnez un nid avec le foin et placer le champignon sec réduit en poudre.

Frotter le silex contre la pyrite pour provoquer des étincelles et allumer des braises. Souffler sur les braises et ventiler jusqu’à ce que le feu prenne. C’est aussi facile que çà. J’ai même été la première à faire prendre mon feu, je suis donc prête pour Koh Lanta. Bien que je ne sois pas sûre qu’on trouve de la pyrite, du champignon et du foin sur le camp des aventuriers !

Un musée et un centre de recherche archéologique

Enfin, il est temps de découvrir le pôle muséal. Après tout, dans Préhistomuséum, il y a… enfin, tu m’as suivie, Lectrice, Lecteur ! Ici aussi, il y a un petit côté ludique. Par exemple, une grande salle dans le centre de recherche explique tous les métiers qui tournent autour d’une fouille archéologique, depuis la découverte jusqu’au processus de conservation dans un musée. Ma collection préhistoire en perspective aide à rapprocher les objets archéologiques des visiteurs contemporains pour qu’on les comprennent mieux : des ossements, des outils, des poteries… tout est mis en contexte. Le clou de la visite reste quand même une petite tête en pierre qui est la représentation humaine la plus ancienne que l’on ai trouvé dans nos contrées. « Voici le premier Wallon » me dit Marie en riant et à bien y regarder, avec l’espèce de demi-sourire que l’on devine sur cette drôle de petite tête, on se dit que la réputation de bonhomie proverbiale des habitants de la région ne date pas d’hier.

Le musée allant fermer, il est temps pour moi de partir jusqu’à ma prochaine destination : Huy.

Préhistomuseum

Rue de la Grotte 128

4400 Flémalle

Huy, un soir d’été

Rien de plus facile, j’embarque dans un bus TEC et c’est parti pour un bon 45 minutes dans la campagne liégeoise, l’occasion de me détendre un peu et d’observer les petites villes et villages sur le chemin.

Lorsque j’arrive à Huy, le soleil commence à se coucher et c’est la kermesse. Les jeux d’arcade, les auto-scooters et autres manèges sont tout partout près des quais de bords de Meuse. L’ambiance est d’ailleurs à la fête avec le Festival d’art de Huy. Si la plupart des manifestations se déroulent dans des lieux fermés, certaines animations viennent aux passants dans la rue, comme sur la Grand-Place. Huy, la belle de la Meuse, est à explorer avec son glorieux passé mais cela, ce sera pour demain et un autre épisode en Province de Liège !

Pour aller plus loin

Comment rejoindre le Préhistomuséum :

Sans voiture, prenez le bus TEC de la ligne 9 en direction de Huy et descendez à l’arrêt « Grottes » à Ramioul. Le bus s’arrête quais en face de la rue qui monte vers le site.

Pour poursuivre jusque Huy, reprenez le même bus !

Cette escapade était organisée avec la collaboration de la Province de Liège Tourisme mais toutes les opinions exprimées me restent propres. Aucun verre de péket n’a été maltraite pendant ce séjour.

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