- Koh Phangan , Thaïlande -

May 2014

Koh Phangan, à Haad Rin, sans la Full Moon Party !

Les adieux furent brefs. J’avais embarqué mes bagages sur le bateau pour faire notre dernière plongée. Le temps de revenir du spot et de sécher sur le pont, me voilà débarquée… et prête à embarquer à nouveau pour l’Île de Koh Phangan.  Je regarde ceux qui furent mes compagnons de plongée pendant ces quelques jours. Wolf restera ici, les autres s’éparpilleront au 4 vents. A chaque fois, ces convergences de la vie me laissent songeuse et je pense à tous ces gens avec qui j’ai fait un petit bout de vie en commun. Un peu gauche et triste, je coupe court, prétextant que le bateau n’attend pas. Et une fois assise à ma place su le bateau, les larmes me viennent aux yeux.

La tristesse passe comme un orage, au fur et à mesure que le bateau se rapproche de Koh Phangan. Il y a encore tant à faire et à voir, si la paresse ne prend pas le dessus! Cette fois, la traversée se passe sans remous et Une bonne heure plus tard, nous voilà arrivés à Thong Sala, la capitale administrative de l’Île. Koh Phangan, j’y étais déjà venue. Ancienne île de hippies, aujourd’hui Île des soirées débridées, on pourrait se demander ce que je viens y faire. Eh bien, j’ai une envie de découvrir “l’autre” Koh Phangan, du moins un petit peu. Et le comble, c’est que je vais pousser le vice à m’installer pour quelques jours à Haad Rin, justement LA plage des fameuses “Full Moon Parties”, histoire de voir à quoi elle ressemble sans les fêtards mais après m’être infligée Khao San Roas, je me demande si je n’ai pas un fond profondément masochiste.

Alors, suis-je une masochiste ?

Pour arriver jusque là, il faut parcourir une bonne moitié de l’île et ce qu’on peut dire, c’est que Koh Phangan est belle. Sublime, même. La route serpente sur les collines surplombant les eaux du Golfe de Thaïlande, côté soleil couchant. Je regrette de ne pas pouvoir faire la route par moi-même! Les opportunités de photos de rêves se multiplient et ma frustration aussi.  Après une bonne demi-heure, le thong-seo nous déposent au village de Haad Rin. Je découvre un ensemble de rues compactes coincées sur un isthme. Pour mon séjour, réservé en dernière minute, j’ai décidé de séjourner au Delight Resort, un mini-resort à la réputation correcte dans un endroit qui est plutôt connu pour les logements de backpackers à la qualité souvent discutable. La chambre est mignonne, dans le style thaï, tout en bois et le wi-fi est gratuit (OUF).

Le temps de déposer mes affaires dans ma chambre et je pars à la découverte de l’endroit  car si Haad Rin Nok est la plage du lever du soleil, il suffit de traverser le village pour trouver “l’autre plage”, celle du coucher du soleil: Haad Rin  Nai. C’est d’ailleurs elle que je vais découvrir en premier, j’ai juste le temps de marcher pour assister au spectacle. La plage n’est pas bien grande, ni spécialement jolie, mais a un certain charme avec ses petits bateaux qui se balancent tout doucement sur une mer d’huile. Quand le soleil a plongé dans la mer, je traverse le village pour me rendre sur cette fameuse plage. Comme toujours sous les tropiques, la nuit tombe très vite. Il fait déjà presque sombre et les lumières des bars de plage commencent à s’allumer. Surprise: il n’y a presque personne! Est-ce à cause du petit vent qui y souffle? J’y découvre une plage de carte postale, large, bordée de palmiers… Je m’attable sur la plage et commande un cocktail. Et lorsqu’arrive mon MaÏ Thaï, je me tasse légèrement dans ma chaise… Oui, la détente, ça commence maintenant!

Une Mecque touristique

Alors, à quoi ressemble Haad Rin “hors-saison” ? C’est plutôt calme. Bien que les petites rues du village soient souvent bien remplies, la grande plage est plutôt déserte. On se demande où se cache tout ce petit monde… Un petit monde plutôt jeune, voire très jeune (Koh Phangan est sur tous les parcours de backpackers qui passent par la Thaïlande), avec une grande présence de jeunes Israéliens (il semble que Koh Phangan soit une espèce de passage obligé avant ou après l’accomplissement du service militaire) et pas mal de Russes aussi. Certains viennent en famille, d’autres entre célibataires et là, malheureusement, on est confronté au syndrome “ugly tourists”. Je ne compte pas le nombre de mâles, toutes nationalités confondues, passablement éméchés qui n’hésitaient pas à agripper les serveuses birmanes ou thaï avant même que les pauvres aient eu le temps de protester. Je n’ai qu’une envie, me lever et les gifler… mais ces gaillards font souvent deux fois ma taille. Je m’autorise malgré tout le droit de les observer, histoire d’intervenir si les choses en arrivaient à dégénérer.

Ça, c’est pour le côté “sombres” de Koh Phangan et de Haad Rin en particulier.

Les bons côtés d’Haad Rin

Côté lumière, il y a évidemment cette superbe plage, où je me suis accordée une journée entière à lézarder, histoire de récpuèrer de la plongée (ça fatigue, et même beaucoup). Une journée à lire, les yeux aveglés par la blancheur du sable et à nager dans son eau turquoise… car il n’y a rien d’autre à faire ici. Pas de snorkeling, pas de sport nautique. Les plus méditatifs observeront les balets des longboats qui emmènent leurs passagers vers d’autres plages de la Côte Est (j’y reviendrai).

Le village de Haad Rin est une petite métropole à elle toute seule! Il semble que toutes les Nations s’y soient données rendez-vous. Et tous les matins, les rabatteurs sont là, à l’abri du soleil sous leurs grands chapeaux, souvent des femmes, qui essaient de vous motiver à réserver une excursion. J’entamai la conversation avec l’un d’entre eux, le dernier soir… Entre les petites dames asiatiques, ce grand black saute aux yeux comme un gnon au milieu de la figure. Même si tu ne lui achète rien, Lectrice, Lecteur, n’hésite pas à entamer la conversation… Ce fils de Congolais et d’Haïtienne élevé à New York aura plein de belles choses à te raconter si tu sais écouter.

Il suffit de regarder tous les restaurants qui s’alignent pour satisfaire tous les goûts! De la pâtisserie française en passant par la pizzeria, le restaurant indien, méditerranéen, le pub à burger et même… un resto à schnitzel! Inutile de te dire que nous avons fui tout cela pour nous réfugier dans des bouibouis thaï dont la plupart n’ont pas de nom. On va y déguster des curries corrects ou un ginger chili beef avant d’aller se balader le long de la plage. La nuit tombée, même sans fête, Haad Rin ressemble un peuà un luna park. Les différents bars de plage ont sortis loupiotes, DJ’s et même jongleurs de feu, même s’il n’y a pas grand monde et entre deux bars, des poches de tranquillité où l’on peut observer les étoiles à loisir.

L’avenir à la thaïlandaise

Et un soir, un vieux thai était assis sur une nate, avec ses carte et sa lampe, à l’écart de tout. Je m’approche.

“Je vous dit votre avenir?

– Euh… oui.

– 200 Baht.”

Je me dis que ce n’est pas cher donné pour connaître sa destinée et ne discute pas. Le Monsieur me fait signe de m’asseoir, puis de choisir des cartes.

“- Ah oui… vous travaillez dur, vraiment beaucoup. Vous avez de la chance avec l’argent en tout cas. Ca vient tout seul.

– (silence et sourire amusé)

– Au mois de mai, faîtes attention, vous aurez deux prétendants, profitez-en.

(nous sommes au mois de mai, que mes prétendants se déclarent, SVP)

Là dessus, il me demande de lui tendre la main. Il la palpe, la retourne, suit ma ligne de vie.

“Vous avez une bonne santé! Attention à l’estomac quand-même. Vous devez boire un verre de jus de citron tous les jours avant de manger.”

(je note mentalement)

“Vous allez avoir une longue vie. 85 ans.”

(et là, je hurle mentalement: SI JEUNE)

Nous nous serrons la main et je quitte mon diseur de bon-aventure en me promettant que pour mon 85e anniversaire, j’organiserai la fiesta du siècle.

Bref, Haad Rin sans la Full Moon, c’est un mélange, encore, de fascination et de répulsion. Fascination face à la beauté de la nature et à sa perfection, aux destinées qui ammènent ici les gens, à leurs parcours. Et une répulsion face aux pires aspects du genre humain qui posent un voile noir sur tant de beauté.

Pour aller plus loin :

Site offciel de l’association du Tourisme de Koh Phangan : http://www.tourismassociationofkohphangan.com/

Koh Phangan sur Wikitravel EN: http://wikitravel.org/en/Ko_Pha_Ngan





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