- Koh Tao , Thaïlande -

May 2014

Koh Tao, premiers pas dans le monde de la plongée – 2e partie

 

“Bien dormir, c’est une des conditions Numéro 1 pour plonger” avait dit Wolf avant de nous quitter la veille. Et malheureusement, c’est la tête dans le cul que je débarque chez Pimp My Dive. La nuit fut courte… la nervosité et l’excitation ont tenu tête à la fatigue de la veille. Résultat : j’ai à peine fermé l’œil de la nuit et c’est ce matin que nous embarquons pour notre première plongée en mer. Avant de partir, Wolf nous fait un petit briefing: comment les choses vont se passer sur le bateau, ainsi qu’un rappel de la théorie accumulée depuis la veille. Enfin, on embarque les sacs de matériel et en route pour le port où un petit bateau nous attend. Nous ne serons pas les seuls à bords. Un deuxième petit club de plongée y embarquera aussi mais il s’agit de plongeurs confirmés qui sont là pour s’amuser.

Première étape, enfiler la combinaison jusqu’à la taille, histoire d’être à moitié-prêts une fois arrivé au spot de plongée. J’essaie de me détendre pendant la navigation. Le soleil brille, la mer est belle… idéal pour une belle partie de plaisir subaquatique. Finalement, le bateau s’arrête. White Rock, c’est ici que nous allons faire nos premières palmées de plongeurs et comme je suis le binôme de Wolf, c’est à moi que revient l’honneur de sauter après lui.  Nous revêtons le reste de l’équipement, vérifions mutuellement que tout fonctionne et voilà, il ne reste plus qu’à se lancer. Même si je sais que ce n’est pas dangereux, j’ai toujours détesté une mise à l’eau en sautant du pont d’un bateau… Je gonfle mon gilet, met mon détendeur en bouche, chausse mes palmes, place une main sur le masque et l’autre sur on ceinture de lest et PLOUF.

Maintenue en flottabilité par le gilet, je m’éloigne un peu pour laisser les autres nous rejoindre et enfin, nous nageons vers la corde qui pend du bateau et qui nous servira un peu de “ligne de vie”. Le moment fatidique est arrivé. Wolf nous fait le signe de descendre. Je saisis la corde, dégonfle mon gilet, et m’enfonce dans un inconnu bleu océan.

 

Première de cordée

Au début, je ne vois pas grand chose. Juste la tignasse blonde de Wolf devant moi. J’ai en fait à peine le temps de regarder tant je suis concentrée sur la compensation de mes oreilles. A chaque mouvement de mains sur la corde pour aller plus bas, je pince mon nez et souffle avant que mes oreilles ne puissent me faire mal. Finalement, nous arrivons au bout de la corde. Nous lâchons tout et c’est parti pour l’exploration. Sortie du monde confiné de la piscine, je trouve la manœuvre plus facile. Plus facile de se maintenir à l’horizontale, d’évoluer dans l’eau… et maintenant que je sais plus ou moins ce que je dois faire pour maintenir mon niveau, j’arrive à contrôler ma respiration. Il ne me reste plus qu’à être attentive à ce qui se passe dehors, point de vue paysage et de mon binôme. Autour de moi, les premiers poissons évoluent: poissons sergents-majors, qui ont à peine peur, poissons perroquets toutes couleurs dehors, de petits poissons-clowns dans leurs anémones… des rouges, des bleus, des jaunes, des noirs… et des coraux, partout… La visibilité n’est pas au top (le vent qui a secoué Koh Tao crée encore du mouvement la-dessous) mais pas assez pour tout cacher. Je consulte mon profondimètre: 11 mètres! Wow. Ca y est, je l’ai fait. J’ai plongé en bouteille. Mission accomplie!

Un peu plus loin, Wolf réalise que nous avons de la compagnie: un diodontidae. Un drôle de petit animal, celui-là! Il a une forme de boite, de grand yeux ronds et une petite bouche qui semble sourire. A le voir comme çà, on le jurerait dessiné pour un manga. Mais en regardant bien la surface de son corps, on y voit des petits pois noir. En fait, lorsque qu’il prend peur, le poisson enfle et de son corps sortent des épines. Mais pour le moment, le poisson nous suit comme un petit chien, et même s’approche pour nous regarder de plus près… Je me demande si’il nous admire autant que nous l’admirons.

Après un petit 45 minutes de ballade, je consulte mon manomètre. 70 bars d’air restant dans mes bouteilles. Un tiers de la quantité de départ. C’est le signal qu’il faut remonter vers le bateau, avec un petit exercice de palier de sécurité. Lorsque je remonte sur le bateau, adieu le sentiment d’apesanteur. Les bouteilles pèsent bien lourd sur mes épaules et je dois me tenir de toutes mes forces à l’échelle pour remonter… mais je suis comblée! Du thé du café, des biscuits et des tranches de pastèques nous attendent. Le temps de se régaler, de se reposer, de faire le point (et éventuellement évacuer l’azote qui s’accumule dans le corps lors de la plongée), et nous sommes repartis, cette fois, pour un réif tout à fait différent.

 

Gym sous-marine

Les récifs ne sont pas que naturels. certains sont faits de la main de l’homme… et Koh Tao en a plusieurs. Le dernier en place n’est même pas répertorié dans les cartes: il s’agit de “Junkyard“, un endroit où ont été déversés une quantité aussi impressionnante que diverse d’objets: une 4×4, un manège, un banc en pierre et même… du matériel de gym! Eh oui! Sur le fond de la mer, vous trouverez un stepper, un tapis de course, et des altères… L’endroit le plus comique, c’est la carcasse de la 4×4: un vrai petit aquarium, à l’intérieur de cet aquarium géant qu’est la mer. Et dans le creux du banc, nous attend une surprise: une petite rascasse. Ce joli poisson orange et rouge, bardé d’épine. Si vous en croisez une, regardez là de loin: son venin peut-être douloureux, voire mortel. Je regarde ce joli poisson en restant suspendue comme sur un fil, en apesanteur. Étrange sensation d’être sans corps, de regarder une émission du Commandant Cousteau, comme au temps de mon enfance.

Nous rentrons après cette deuxième plongée mais les efforts ne sont pas terminés pour autant. Juste après le débriefing, on passe l’examen théorique Open Water! Wolf nous enferme dans une pièce, minuteur à la main, et nous laisse plancher sur une cinquantaine de question. A ma grande surprise, les réponses viennent vite, naturellement. Notre moniteur a donc bien fait son job. En un quart d’heure, l’affaire est entendue. Le regard de Wolf vole de questions en question et je l’entends murmurer du “bien… bien…”. Il me rend ma feuille: 98% et une seule erreur. Je ne m’y attendais pas!

On m’invite à poser pour ma photo officielle de plongeuse. Toutes mes données seront envoyées au centre de SSI pour être accréditées et avec les deux plongées du lendemain (un peu plus profondes, et avec plus d’exercices) plutôt concluantes, j’ai enfin ma carte de plongeuse certifiée . Sur la photo, une fille aux cheveux encore un peu mouillés sourit bêtement, l’air légèrement euphorique…

Bref, j’ai appris à plonger!

 





En continuant sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies Plus d'informations

Nous utilisons des cookies pour vous garantir la meilleure expérience sur notre site. Si vous continuez à utiliser ce dernier ou cliquez sur "Accepter", nous considérerons que vous acceptez l'utilisation de ces cookies.

Fermer