- Wanaka , Nouvelle-Zélande -

July 2017

Nouvelle-Zélande : Wanaka et Fox Glacier, entre lacs, montagnes et glaciers

Le bus plonge vers l’intérieur de l’île du sud qui devient de plus en plus sauvage et montagneux. Sous le soleil, c’est un spectacle permanent et je déguste. Je fais bien, la route va durer assez longtemps pour arriver jusqu’à Wanaka.

Le bus s’arrêtera même pour que nous puissions prendre des photos du Mont Cook/Aoraki, la plus célèbre montagne de l’île du Sud, tout couronné de blanc en cet été austral qui tire vers sa fin. Autour de moi, le paysage me fait un peu penser à le Suisse, mais une Suisse un peu plus chaude, pleine de fougères et avec des plantes qu’on y trouve pas.

Mon bus ne va pas jusqu’à ma destination finale et je descends à une espèce de carrefour perdu au milieu de nulle part où est installé une station-service/restaurant. J’y ai ici une petite heure à tuer. Après la Suisse, c’est à ces endroits improbables sur les petites routes des Etats-Unis que je pense avec ce bâtiment et sa clôture tous deux en bois blanc. A ce carrefour, les yeux éblouis par le soleil de l’après-midi, mes sacs à mes côtés, devant cette route poussiéreuse, je me sens en plein cœur de mon aventure ! Finalement, voilà mon bus qui arrive, je grimpe et une bonne heure plus tard, me voilà à Wanaka !

Wanaka, la ville de l’outdoor !

Pourquoi Wanaka ? Cette petite ville pas très loin de Queenstown commençait à attirer pas mal de gens. Queenstown, la capitale des sports extrêmes en Nouvelle-Zélande, est très connue des backpackeurs et après avoir un peu hésité, j’avais finalement décidé de prendre l’alternative qu’offre Wanaka… sauf que la petite ville était en plein boom touristique et BAM, plus de chambres individuelles en auberge ! Me voilà donc contrainte à dormir dans un dortoir. Je vais mordre sur ma chique, ça ne doit pas être si terrible que çà, non ? Ca me faciliterait la tâche de rencontrer des gens, non ? On va fraterniser entre compagnons de chambrée. Lorsque je rentre dans mon dortoir, je trouve mon voisin de lit affalé sur son couchage avec son ordi. Un bonjour timide échangé, il retourne à son occupation… A par des « Bonjour » et « Au revoir », je ne sortirai rien de ce jeune homme. Ni des deux autres qui viendront rejoindre la chambre le soir même. Pire encore, je me revois sortir de l’auberge en saluant tout un petit monde assis dans la salle commune, soit devant la télé, soit devant leur ordi ou smartphone… et ne pas avoir de réponse.

Tant pis ! L’essentiel à Wanaka, il est dehors… et surtout sur son bords de lac. Si Wanaka est devenue populaire, elle le doit en partie à un Belge, Johan Lolos. Photographe, il fut embauché par l’office du tourisme de la ville pour en faire la promo… et ça a marché ! A tel point que la ville a du s’en trouver un peu dépassée. C’est Wanaka a pas mal d’atouts : il y a d’abords son lac. Une magnifique étendue d’eau entourée des montagnes des Alpes du sud où, s’il est un peu frais pour y nager, on peut y naviguer en voilier. Plein de petits bateaux blancs glissent sur les eaux calmes du lac quand je le découvre en fin d’après-midi. C’est idyllique ! Et c’est dans le lac que Wanaka a trouvé sa mascotte : un petit arbre qui se reflète gracieusement dans l’eau. Surnommé #ThatWanakaTree sur Instagram, c’est un des endroits les plus photographié de Nouvelle-Zélande. Ironie de l’histoire, je ne verrais pas ce petit arbre, il est un peu caché !

Instagram, parlons-en d’ailleurs… c’est le lendemain en partageant un café avec Johan, qui a bien voulu s’arracher un moment à son agenda de ministre, que nous allons en discuter. A l’époque en début 2015, le réseau social commence à monter en puissance mais je reste encore dubitative : est-ce que la seconde que ça prend pour « liker » une photo avant de passer à la suivante est assez pour « influencer » quelqu’un à venir quelque part ? Johan est persuadé du pouvoir de l’image, évidemment. Et ne suis-je pas venue ici à cause d’Instagram ? Oui et non. Cela a contribué à me faire connaître la ville mais c’est surtout mon goût pour les sentiers moins battus qui m’a amenée ici, ma propre curiosité. Instagram m’a informé que le lieu existait mais sans mes préférences pour les chemins de traverse, sans doute aurai-je préféré retrouver Queenstown.

Wanaka n’a rien a envier à Queentown d’ailleurs ! Elle est aux portes du Mount Aspiring National Park. L’hiver, c’est une base pour tous les passionnés de ski et l’été, c’est terrain de jeu idéal pour les randonneurs, des amateurs aux plus confirmés. N’étant là que pour deux nuits, je fais l’impasse sur le Parc National pour me rendre dans une des nombreuses « Short Walks » qui entourent la ville. Mon choix va se poser sur la « Mount Iron » walk, une randonnée de deux bonnes heures qui commence à la sortie de la ville Après une ascension quelque fois un peu difficile, on arrive au sommet de cette colline avec une vue imprenable sur Wanaka et son lac, le lac Havea et la verte vallée de la Clutha. Une chouette sortie vraiment facile d’accès. Mais c’est en redescendant que je vais commencer à déchanter. Je suis soudainement prise de frissons et d’éternuements. Et en une demi-heure, me voilà quasi sur le flanc, terrassée par un rhume ! Alors que je voulais faire le tour du lac, je me retrouve complètement hébétée, le nez bouché, à regarder les oiseaux au bord de l’eau. Dépitée, je rentre à l’auberge . Je ne sais pas si tu as déjà dû gérer une nuit enrhumée dans un dortoir, Lectrice, Lecteur, mais c’est un véritable cauchemar. Par courtoisie, tu essaies de limiter les reniflements et le mouchage de nez mais rien à faire.

Wanaka restera aussi dans mes souvenirs comme le lieu du renoncement. Rentrée dans mon auberge, je contemple mon calendrier : il ne me reste qu’une poignée de jour en Nouvelle-Zélande. Pas assez pour attendre l’extrême-sud et Milford Sound, alors que j’avais accéléré le rythme de voyage, passant des 3 nuits habituelles dans un seul endroit à deux . C’est apparentement une erreur commune de sous-estimer la taille de la Nouvelle-Zélande, vu qu’elle a l’air minuscule à côté de l’immense Australie. Je me résous donc à remonter vers le nord et rejoindre Wellington, d’où je prendrai un avion pour Auckland.

Le “Glaciers Country” de la Nouvelle-Zélande

C’est donc après une nuit blanche que j’embarque dans un nouveau bus à destination de Fox Glacier. Ici aussi, le bus s’arrêtera pour faire plaisir aux visiteurs. Nous voilà de l’autre côté de la Nouvelle-Zélande, devant la mer de Tasman, sur une plage de sable gris, belle et sauvage : Bruce Bay. Le genre d’endroit où on rêve de s’attarder un peu plus longtemps qu’un arrêt de bus… Je ne le savais pas, mais cette plage compte parmi les plus belles de Nouvelle-Zélande.

Quand je débarque à Fox Glacier, je suis extrêmement surprise : ce n’est pas une ville, ni vraiment un village mais un agglutinement de maisons au bord de la route : une station-service, un supermarché, quelques logements, une poignée de bar-resto, l’immense bureau de tourisme, et c’est à peu près tout. Le reste d’un village construit suite à une ruée vers l’or qui n’a pas duré. Ce qui est le plus drôle, et que je vais découvrir plus tard, c’est que quasi tout le monde qui y travaille est un expat’ ; Argentins, Anglais, Polonais, Espagnols, Français, Allemands… On peut comprendre qu’il n’y ai pas beaucoup de néo-zélandais qui aimeraient vivre ici, il n’y a quasi rien mais par contre, les paysage sont spectaculaire. Toujours terrassée par le rhume, je vais passer la fin de l’après-midi à récupérer avant de sortir et de planifier ma journée du lendemain, la seule que j’aie pour visiter les 2 sites qu’on trouve à Fox : le glacier lui-même et le Lac Matheson.

Glaciers Country
Cette portion du centre de l’Île du Sud est surnommé “Glaciers Country“, le pays des glaciers. Les deux principaux sont Fox Glacier et Franz Josef Glacier, quelques kilomètres plus loin. Il fallait faire un choix, il s’est porté sur Fox Glacier. Moins fréquenté et moins cher.

Lake Matheson, ode à la photogénie !

Le Lac Matheson est apparemment le lac le plus photographié de Nouvelle-Zélande et on comprend pourquoi ! Pour le découvrir, il faut d’abords se promener dans une forêt, bien à l’ombre, avant d’arriver dans un terrain un peu marécageux et de commencer le tour du lac et enfin, à un belvédère, le panorama se révèle : le reflet dans les eaux tranquilles du Mont Cook/Aoraki. Malheureusement alors que la matinée avait commencé sous un soleil sans partage, les nuages commencent à s’amonceler et les sommets de Aoraki et du Mont Tasman sont perdus dans les nuées. C’est donc lou^é pour la fameuse photo carte-postale ! Le reste de la promenade est vraiment agréable dans un paysage très vert planté de pins et rempli de fougères. Une parfaite mise-en-conditions pour mon après-midi sur le Glacier Fox !

Fox Glacier, aux pied du géant bleu

Te dire que j’étais impatiente en arrivant au bureau de tourisme, Lectrice, Lecteur est un euphémisme. J’avais décidé de faire péter le budget. Largement. De m’offrir LA grande aventure : un survol du glacier en hélicoptère avant d’aller marcher dessus.

Quand je signale à la demoiselle de la réception ce pourquoi je suis là, je vois le sourire disparaître de son visage : la météo s’étant dégradée, les sorties en hélicoptère sont annulées. Je serai évidemment remboursée mais en échange, on me propose une sortie privée avec un guide. Et quand je vois la dégaine du guide en question, je me dis que finalement, le temps a bien fait de se mettre au gris. C’est donc joliment accompagnée que je grimpe dans le 4×4 de Nathan pour voir le plus près le Fox Glacier. Venu de Tasmanie, Nathan s’est établi en voisin en Nouvelle-Zélande. Pour combien de temps ? Lui-même ne le sait pas, du moment qu’il continue d’aimer ce qu’il fait, pourquoi se poser la question ! Habitué aux grands espaces depuis l’enfance, il mène tous les jours les visiteurs sur le glacier, un plaisir renouvelé car Fox Glacier a deux particularités : c’est le plus long de Nouvelle-Zélande (13 kilomètres de long) et sa glace bouge plus vite que n’importe quel glacier dû à sa forme en entonnoir, ce qui fait que son apparence change très rapidement. La présence d’un guide pour le visiter est donc indispensable ! L’autre particularité de Fox, c’est son accessibilité. Il est près de la route, à 6 kilomètres du village. On peut donc facilement le visiter. Sous un ciel devenu chargé en un clin d’oeil, Nathan et moi cheminons dans un paysage devenu quasi lunaire. Si le glacier avait avancé jusqu’en 2009, il s’est depuis retiré et on peut clairement voir le point d’extension maximum du glacier, au ras de la végétation, un peu plus haut. Dans le fond, le voilà… une grosse masse bleue, grise et blanche : le glacier ! En un clin d’oeil, on se retrouve un peu comme si nous étions au Pôle Nord ! Le paysage mangé par le glacier n’est que pierres, glace et éboulements. Minéral. Avec le ciel tout gris, cela donne une impression très forte de désolation. Seule la couleur bleu glace se détache du panorama… Un bleu d’une pureté qui me fascine et qui doit être une de mes couleurs préférées au monde !

Le sentier est clairement balisé et les barrières ne sont là pour rien. Ne les franchissez pas si vous êtes sans guide, il y a déjà eu des morts.

Malheureusement, la météo ne faisant que se dégrader et la pluie commençant à tomber, nous sommes obligés de partir, question de sécurité.

Point météo
C’est le genre d’information que l’on retient… âprès une déconvenue. Dû à sa proximité avec la côte, la météo de Fox Glacier est changeante. En général, les matinées sont belles mais l’après-midi, les nuages qui viennent de la mer sont bloqués par les montagnes. Le temps se gâte donc, et il peut pleuvoir. Exactement ce qui s’est passé dans mon cas. Sauf que je ne l’ai su que plus tard. A bon entendeur/euse !

C’est la première pluie que je vois depuis près de 4 semaines que je suis en Nouvelle-Zélande et soudain, je prends conscience que mon tour du monde touche à sa fin. Il doit me rester une dizaine de jour… si peu… alors que je suis aux antipodes de la Belgique. Mon cerveau refuse d’y croire ! Pendant que je mange mon sandwich, je secoue violemment la tête comme si je voulais chasser une mouche, ou me remettre les idées en place. Dix jours, c’est plus qu’il n’en faut pour faire encore le plein d’aventures !

Pour aller plus loin
Où loger à Wanaka

Wanaka est une petite ville et elle compte quelques auberges. C’est au Flying Kiwi Backpacker que j’ai trouvé refuge. Cette sympathique petit auberge est située dans le centre de Wanaka. Pas de chichis, les installations sont simples et propres. Il y a wi-fi et casiers pour ceux qui dorment en dortoir. Par contre, la cuisine commune, un peu petite, est vite bondée

Où loger à Fox Glacier

Fox Glacier comporte un poignée d’option pour le logement. Mes quartiers étaient au Ivory Tower Backpacker, situé un peu en hauteur de la route qui traverse le “village”. Une très bonne adresse avec un prix raisonnable et luxe des grands luxes, la télé dans la chambre ! La cuisine/salle à manger est immense et les sanitaires communs, hyper-propres !

Que faire le soir à Wanaka ? 

Avec tous ces backpackeurs, Wanaka ne manque pas de pubs MAIS l’endroit le plus génial de la ville c’est… le Cinema Paradiso. Ce petit cinéma (2 écrans) en plus d’être chaleureux à la particularité d’avoir des sièges… différents pour chaque personne : un baquet de voiture de course, une chaise de dentiste, une chaise d’avion… etc. Quand à moi, j’ai eu le loisir de profiter de la vision de “Theory of Everything” dans un sofa bleu hyper confortable et RIEN QUE POUR MOI. Fin du fin, à l’entracte, tout le monde se précipite pour les crèmes glacées et les cookies maison (l’odeur des cookies reste encore dans mes souvenirs). Si vous voulez faire une expérience unique en Nouvelle-Zélande, allez vite prendre votre ticket !

 

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