Ce matin, un parfum d’aventure flotte dans l’air des Shetland : nous quittons notre quartier général de Lerwick pour rejoindre Northmavine. Nothmavine, c’est la péninsule qui forme le nord de l’île de Mainland. Seule une toute fine langue de terre relie les deux parties. Elle est tellement mince qu’on dit qu’une fois dessus, on peut lancer une pierre dans la Mer du Nord et une autre dans l’Atlantique en restant au même endroit (même s’l faudrait la force d’un.e lanceur.se de poids pour y arriver).

Les standing stones et Housetter et le sommet des Shetland

Nous ne reviendrons pas à Lerwick avant plusieurs jours et nous voilà lancées sur les routes, sous un ciel ou le soleil joue à cache-cache avec les nuages.  Très vite, Northmavine va nous enchanter. On file d’abords tout au nord pour voir le Beorg of Housetter et ses « standing stones », des pierres dressées durant le néolithique dont on ne sait trop qui ou pourquoi elles ont été dressées. Il y en a deux, juste à côté de la route face à un petit loch. Toutes de granit rose, elles montent une garde silencieuse et nul n’a encore violé leurs secrets. Ce coin de Northmavine est particulièrement isolé. Seul un pêcheur taquine le goujon dans le loch et semble attendre que nous nous en allions pour profiter de la quiétude du lieu.

C’est surtout dans sa partie ouest que Northmavine brille de mille feux. Mais sur le chemin, nous allons nous arrêter à Heylor pour admirer la vue sur le point culminant des Shetland : Ronas Hill. Il est possible de grimper ses 450 mètres et il parait que l’on peut voir presque toutes les îles depuis là-haut. Nous nous conterons de l’admirer depuis une petite plage de Ronas Voe, un bras de mer qui ressemble furieusement à un fjord. Sur une plage de sable rouge à l’abri du vent, on va se réchauffer le visage au soleil. Ici, le bruit des vagues est un doux clapotis qui vous emmènerait bien vers le pays des rêves, si on fermait les yeux sans prendre garde.

Pause et aperçu de la vie rurale à Tangwick Haa

On a bien pris notre temps sur cette plage et le besoin d’un petit café se fait sentir ! Nous allons donc faire un saut au Braewick Café, un des seuls établissements du coin avant de reprendre la route vers le Tangwick Haa Museum.

Ce mini-musée est un concentré d’un peu de l’histoire et du mode de vie de la région. On y trouve des artefacts, pas mal de photos, des objets liée au passé agricole et à la pêche mais aussi, une salle meublée comme elle l’était au XIXe siècle, quand le dernier Cheyne de Tangwick a encore vivre dans les îles expirât.

A côté de ses activités muséales, Tangwick Haa contient aussi les archives généalogiques de la paroisse de Northmavine et aussi un très beau jardin avec une abondance de fleurs, assez surprenant sous ces latitudes.

Quelques miles de plus et nous voilà arrivées à l’un des sites les plus visités des Shetland (la preuve : un bus de touristes issu d’un bateau de croisière quittait à peine le lieu à notre arrivée) : les falaises d’Eshaness.

Eshaness, gouffre magique

Eshaness est un endroit impressionnant à plus d’un titre. Tout d’abords, nous sommes face à l’Atlantique. C’est même un des endroits les plus à l’ouest de Mainland. Ici, l’océan se jette avec furie sur ces pauvres cailloux qui sont sur son chemin. Cette force de l’eau a fini par creuser une faille, ce qu’on appelle une geo, l’élargissant et creusant une chambre et une grotte dans des falaises faisant quasi quarante mètres de haut. Et on peut en faire le tour facilement, à la condition d’être prudent.e. Ces falaises sont très exposées au vent. Gardez donc une distance raisonnable et évaluez la force et la direction du vent. Nous avons eu du bol. Le vent est resté assez modéré et venait de la mer, nous poussant donc en arrière des falaises. Nous avons donc pu nous approcher plutôt près du bord. Si vous êtes sensible au vertige, la prudence est aussi recommandée.

Le temps d’aller jeter un œil sur le phare d’Eshaness (construit par le même ingénieur que celui de Sumburgh Head), le car de touristes a fini par partir et nous voilà enfin avec les falaises pour nous toutes seules. Nous en ferons le tour complet. Et chaque pas va révéler de nouveaux détails, de nouvelles formations rocheuses, mais aussi des détails de la côte et du large.  On dirait qu’un géant monstrueux a fendu la terre à coup de hache avant de commencer à en racler le fond.  L’eau s’y engouffre en différentes couleurs, bleu marine, bleu-vert, bleu-glacier… Sur la paroi des falaises, poussent de l’herbe et des fleurs, ce sont comme de mini-jardins suspendus et les oiseaux, dont de nombreux fulmars, viennent y nicher. Cette furie des éléments contraste fortement avec le paysage doux et verts au-dessus des falaises. Quelques ondulations viennent à peine troubler un horizon parsemé de lochs qui semblent comme suspendus. Une impressionnante illusion d’optique due à la perspective qui rend le paysage d’Eshaness, magique. Du côté de la côte, lorsqu’on a fait le tour du gouffre, on découvre une série de falaises rouges disloquées, déchirées. Un grandiose spectacle de la nature !

Après de longs moments à randonner autour d’Eshaness mais le vent, ça fatigue pas mal ! Après près de deux heures de promenade, nous décidons de rentrer, direction Brae, notre point de chute pour la nuit.

Fish and Chips et un manoir très british à Brae

Ce joli village à la jonction de Northmavine et du reste de Mainland a un charme tout particulier, dommage que nous n’étions là que pour une nuit ! Non seulement, c’est ici que l’on trouve Frankie’s Fish and Chips, le Fish and Chips le plus au nord du Royaume-Uni (où on peut même choisir quelle sorte de poisson et de panure on veut) mais est aussi le lieu où se trouve le Busta House, un hôtel aux airs de manoir qui nous sera notre coup de cœur logement de ce séjour. Mais ne t’inquiète pas, Lectrice, Lecteur, tous ces secrets te seront révélés dans un article bonnes adresses.

Northmavine restera pour moi le plus beau coin de Mainland. Certes, moins de plages de ce côté-ci (ça change depuis qu’on est là, tiens) mais les paysages, la lumière et la puissance de cette péninsule m’ont laissé une impression que je ne suis pas prête d’oublier.

L’opération #Onnepeutpasonaponey a été réalisée avec le soutien de Visit BritainCarigami et Logan Air. Les opinions de l’auteure lui restent propres.