Mons, chef-lieu du Hainaut, capitale culturelle wallonne, ex-capitale européenne de la culture en 2015… Ça fait pas mal fait pas mal d’arguments pour aller la visiter et malgré tout, les touristes y sont encore rares pourtant, avec ses rues pavées et ses maisons aux « toits espagnols », elle a énormément de cachet. Rajoutez à ça 3 chefs d’oeuvres inscrits au patrimoine mondial de l’UNECSO, une tonne de musées, une région attachante connue pour sa convivialité et sa bonne humeur ainsi qu’une proximité avec Bruxelles (vous y êtes à 45 minutes en train) et vous obtenez une chouette petite escapade ! Allez, Lectrice, Lecteur, je t’emmène visiter Mons !

La Grand-Place, le coeur de Mons

Les dieux de la météo ne sont pas avec moi. Il fait gris, brumeux et glacial ce matin mais comme mon programme est très axé sur les musées, ça tombe plutôt bien mais pour ce matin, j’ai rendez-vous avec Bernadette qui va me faire visiter la ville. Un peu comme Tournai, Mons est une ville que je connais sans vraiment connaître. Depuis l’enfance, nous nous y rendions en famille pour aller au cinéma et y manger un burger au Quick. J’allais aussi y faire des démarches administratives quand j’habitais la région mais vraiment y faire attention, c’était une ville qui faisait partie de mon paysage mental mais depuis que je m’en suis détachée, elle m’apparait différente, mes yeux sont plus ouverts et parcourir ses rues avec une guide, c’est tout de même une expérience totalement différente.

Nous commençons évidemment par la Grand-Place, ce grand livre de tout ce qui se fait en architecture depuis la fin du Moyen-Âge jusqu’à aujourd’hui. Du gothique, du Renaissance, du classique, du néo-Art Déco… il y a un peu de tout mais c’est assez harmonieux tout de même. A la belle saison, les terrasses sont de sortie sur quasi la totalité des établissements bardant la place. C’est le centre de la convivialité montoise ! C’est aussi ici que se déroule un des plus gros évènement du folklore wallon le dimanche de la Trinité : le « Doudou » ou combat dit « Lumeçon ». Inscrit au patrimoine immatériel de l’UNESCO, le Lumeçon est la reconstitution du combat de Saint-Georges contre le dragon que les Montois.es appellent « el Doudou ». C’est une fête énorme et la foule, surtout masculine, se presse autour de l’arène pour pouvoir arracher un poil de la queue de la « grosse biète » qui apportera chance et bonheur pour l’année. Comme tu vois, Lectrice, Lecteur, c’est assez impressionnant.

L’hôtel de ville de Mons, le livre d’histoire de Mons

Pour le moment, Bernadette m’emmène à l’intérieur de l’hôtel de ville. Ce bel édifice gothique a été pensé par Mathieu de Layens, le même architecte que l’hôtel de ville de Leuven, est resté inachevé. Il devait y avoir un troisième étage mais après une explosion durant la construction (l’arsenal était à côté), l’argent vint à manquer et l’hôtel de ville du être fini en l’état. Plus tard, on lui a ajouté une tourelle baroque, qui lui donne son aspect insolite. On peut admirer l’énorme serrure de la grande porte, qui est inspirée des armes de la ville et bien sûr, faire une caresse au singe de la garde. Cette petite mascotte montoise a une longue histoire dont on ne connait pas le début ! Etait-ce l’emblème d’un estaminet qui était logé dans les caves de l’hôtel de ville ? Etait-ce l’oeuvre d’un apprenti de corporation ? Ou un pilori pour enfant ? On le saura jamais ! En attendant, son crâne poli atteste du nombre de personnes qui l’on caressé (de la main gauche, attention) pour leur porter chance.

Si vous n’avez pas réservé une visite guidée de l’hôtel de ville avec Visit Mons, vous pourrez au moins voir la Salle de Sacquiaux, et ses sièges de pierre, dans l’embrasure des fenêtres, où les gardes pouvaient garder un oeil sur les allées et venues. Le salon des mariages est aussi un des plus connus. On y sent le côté ancien, le plancher craque, une grande frise reprenant plusieurs évènements historiques de Mons veille sur les futurs mariés. Nous continuons la visite, montant les escaliers, découvrant les magnificences des salles mais la plus belle reste sans aucun doute le salon gothique. Bien qu’il ait été refait au XIXème siècle, il garde toutes les caractéristiques d’une salle médiévale avec ses poutres, ses fenêtres… mais les peintures trahissent la redécoration. Elle reste néanmoins impressionnante par la taille, par ses fenêtres qui donnent sur la Grand-Place mais aussi par le fait qu’elle donne accès à un balcon. Comme la Grand-Place est remplie par les chalets et animations pour le marché de Noël, la vue n’est pas aussi dégagée qu’il faudrait mais, ça donne une idée du spectacle qui attend celleux qui montent jusqu’ici.

Nous sortons de l’hôtel de ville par le « Jardin du mayeur ». C’était un peu l’ancien potager de l’hôtel de ville qui a été transformé en parc dans les années 30. On prend le temps de saluer « Le Ropieur », la statue d’un gamin espiègle qui éclabousse à la belle saison les passants. Là, il est à court d’eau, il faudra attendre quelques mois pour qu’il reprenne ses farces. Un hêtre pourpre solitaire est le roi du parc et s’étend de toutes ses branches. A partir d’ici, les rues se sont petites, au fur et à mesure que nous montons car « Mons » est située, comme son nom l’indique, sur une colline.

Restes des remparts et beffroi deMons

Comme toutes les villes anciennes, Mons avait des remparts. Il n’en reste pas grand chose mais on peut y voir des vestiges sur le chemin qui mène au beffroi. C’est un joli coin de Mons, où on se retrouve plongé dans une ambiance médiévale, au calme, comme au dessus de tout. Le gel a déposé ici une fine couche de glace qui blanchit tout, délavant les couleurs et rappelant que l’hiver approche.

Sur le point le plus haut, exposé au vent, on trouve le beffroi, qui veille solitaire sur la ville. Comme tous les beffrois de Belgique et du nord la France, il est inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO mais il a en plus une caractéristique qui le rend unique : c’est le seul beffroi baroque de Belgique. Il a été érigé tardivement comparé à la majorité des beffrois du pays. Son sommet bombé est flanqué de 4 petites bulbes et a étonné Victor Hugo qui était de passage.

Difficile d’imaginer qu’ici s’élevait le château des comtes de Hainaut, parmi les plus puissants seigneurs de l’époque. Il ne reste quasi rien de ce château-fort. Laissé à l’abandon au début de l’époque bourguignonne, les Montois se servirent de ses pierres comme d’une carrière. Ne reste que des caves, la chapelle Saint-Calixte et la tour César. Peut-être est-ce pour ça que la statue de la tête de Charles Plisnier semble un peu triste. Regardant les toits de Mons, il se demande peut-être lesquelles de ces maisons portent les pierres du château disparu ?

Mais retournons au beffroi : après de longues années de rénovation, il est à nouveau accessible. Bonne nouvelle si vous êtes PMR, un ascenseur permet d’accéder au niveau supérieur (mais pas complètement tout en haut). Allez zou, on en profite aussi ! Comme ce beffroi est donc tardif, il n’a pas été construit pour les mêmes motifs que les autres. La plupart du temps, le beffroi est un symbole des libertés communales. Il abritait la charte de la ville, servait d’hôtel de ville, voire de prison. Ce beffroi-ci était plutôt une construction de prestige mais sa position en a fait un lieu de guet idéal, notamment pour avertir d’un incendie. Le dernier guetteur a d’ailleurs fini sa carrière au milieu du XIXème siècle, tout de même.

A la sortie de l’ascenseur, la vue est imprenable, à 360 degrés sur tout Mons et sa région : sur les toits tout en bas, plus loin on reconnait la lanterne de l’hôtel de ville, le clocher de l’église Sainte-Elisabeth, plus loin encore, on distingue dans une brume froide la silhouette des terrils. Pour vous aider à vous y retrouver, des écrans tactiles sont là pour vous aider.

Qui dit beffroi dit « carillon ». Et Mons a même une équipe de carillonneurs. On peut d’ailleurs assister à des concerts mais quand ils ne sont pas là, un mécanisme fait tourner un gros cylindre dentelé comme un boite à musique et qui va actionner les marteaux qui viendront frapper les cloches, et il n’y en a pas moins de 49, de toutes les tailles. Cette partie est accessible via des escaliers.

On trouve aussi une magnifique horloge du XVIIème siècle. L’horloger qui l’a restaurée a du l’emmener chez lui et c’est dans son garage qu’il l’a installée pour travailler dessus. Un travail qui a dû demander pas mal de boulot et de savoir faire puisqu’il a été obligé de refaire des pièces du mécanisme lui-même car il n’existe plus de pièces de rechange après tous ces siècles passés.

Beffroi de Mons

Parc du château

7000 Mons

Sainte-Waudru, l’inachevée

Venir à Mons sans visiter la collégiale Sainte-Waudru serait un crime car cette sainte est à l’origine de la ville ! J’en avais un peu parlé lors de mon passage à Soignies, ville que son mari, devenu Saint-Vincent, a fondée. Drôle de mariage que celui de Waudru et Vincent puisqu’une fois leur 4 enfants éduqués, il se séparèrent pour se consacrer à la vie religieuse. Sur les conseils de Sant-Ghislain, son confesseur, cette dame de la noblesse locale vient fonder un oratoire sur une colline. Une abbaye bénédictine s’y développe, puis une ville : Mons est née !

La collégiale est un solide édifice en pierre bleue (LA pierre de la région, on la retrouve partout, c’est un signe extérieur de richesse). De style gothique brabançon, et donc massive, tout comme l’hôtel de ville, elle n’a jamais été finie. La collégiale devait comporter un haut clocher mais il ne sera jamais construit pendant les 241 ans que durèrent les travaux. Dès qu’on s’approche de la collégiale, on remarque une chose : toutes les niches extérieures sont vides. Elles comportait des statues qui ont toutes été détruites par les révolutionnaires français. D’ailleurs, la collégiale a bien failli être tout simplement rasée ! Mais avant d’être rendue au culte, elle servit d’écurie. Une écurie de luxe, on peut le dire !

L’intérieur de la collégiale est assez sobre, voire même un peu austère, si ce n’était les statues de Jacques Du Broeucq. Sculptée dans l’albâtre, elles faisaient à l’origine partie d’un jubé en marbre noir. Rescapées de la Révolution française, elles sont maintenant placées près du choeur. Les vitraux, dont certains datent du début de la construction au XVIe siècle, sont aussi de toute beauté.

Les regards sont aussi attiré par deux éléments massifs : l’orgue et le Car d’or. L’orgue est un des plus joli sque j’ai pu voir. Surmonté d’une horloge, il trône à l’avant de la collégiale, tout rutilant car il a été restauré récemment..

Le Car d’or quand à lui est un char de procession. Le matin du doudou, le char, tiré par des chevaux de trait, sort de la cathédrale pour promener la châsse de Sainte-Waudru en ville. On peut d’ailleurs voir les traces de roues sur le sol ! Lorsque le car sort de la collégiale, une grande rampe se présente devant elle. Le car doit monter cette rampe d’un seul trait sans s’arrêter. Imaginez la scène… ce char doré et massif où sont perchés châsse, prêtre et plusieurs enfants de choeur, les chevaux qui tirent en essayant de gravir cette pente toute pavée et des dizaines de personnes qui poussent ce même char pour aider les chevaux. Avec le Lumeçon, c’est LE moment d’importance de la Ducasse de Mons.

Rue des Fripers, rue du cool

C’est dans la rue des Fripiers, probablement la rue commerçante la plus cool de la ville que la visite s’achève. Non sans avoir salué plusieurs oeuvres d’art en ville, certaines issues de Mons 2015, d’autres plus récentes, sorties dans le cadre de « L’Art habite la ville ». Vous pourrez vous procurer une carte pour découvrir toutes les oeuvres à l’office du tourisme.

La rue des Fripiers, j’en avais parlé lors de ma dernière journée passée avec Visit Hainaut. Née de l’envie des commerçants de donner un coup de fouet à un centre-ville économiquement sinistré (la faute à un centre commercial ouvert juste à la sortie de la ville), cette initiative à vu les riverains, bénévoles et passants peindre chaque petits pavés de couleurs vives, créant un serpent multicolore qui monte graduellement. Couplez à cela des très chouettes commerces (design, vintage, restaurants…) plus que sympas et vous aurez compris pourquoi je dis que cette voirie est cool !

Mons Memorial Museum : mémoire de guerres

Lorsque j’ai vu sur le programme qu’il y avait un musée qui traitait des deux guerres mondiales, j’étais un peu sceptique mais, l’amatrice d’histoire que je suis est restée ouverte d’autant plus que j’ai un vif souvenir des plaques commémoratives du Château d’Edimbourg, en hommage aux soldats morts pendant la Bataille de Mons.

Avant même d’entrer, on sait où on se trouve : un char américain trône juste devant. Le lieu en lui-même est plutôt intéressant puisqu’il s’agit du bâtiment de l’ancienne machine à eau, un souvenir de l’industrialisation du XIXème siècle. La machine n’est plus là mais l’édifice a subsisté. A présent, ce musée joue un rôle essentiel de mémoire, d’autant plus qu’il ne reste plus que les personnes ayant vécu la deuxième guerre mondiale sont de moins en moins nombreuses. Le parcours commence avec une mise en place de la ville de Mons dans l’histoire et les conflits dont elle a fait partie, volontairement ou non. Après ce préambule, on entre dans le vif du sujet : la Première Guerre Mondiale. Si la Deuxième Guerre a fort affecté Mons et sa région, c’est surtout la Grande Guerre qui a marqué au fer rouge la ville. C’est ainsi que la plus grande part du musée y est consacrée. Outre des uniformes et objets d’époque, la scénographie utilise le son, les images… A l’avancée de l’armée allemande, on entre dans une salle ou résonne le bruit de bottes. Pour l’armée britannique, Mons est le lieu où la guerre commence et finit. C’est au cimetière de Saint-Symphorien que sont enterrés le premier et dernier soldat britannique tués pendant le conflit. C’est ici, lors de la bataille de Mons, que seraient apparu des Anges le 23 août 1914 à un corps expéditionnaire britannique en pleine retraite. Trop peu nombreux pour résister aux Allemands, les soldats auraient évoqué Saint-Georges, patron de l’Angleterre, auxquels auraient répondu des anges et les esprits des archers de la bataille d’Azincourt afin de les couvrir. Cette légende va se répandre comme une traînée de poudre et servir à la propagande alliée pour démontrer que Dieu était de leur côté. Une petite affiche rappelle que les « vrais anges de Mons », ce sont les infirmières !

La vie dans la tranchée et assauts sont évoquées dans un superbe dessin animé en noir et blanc et via des écrans retraçant des témoignages poignants de ces jeunes soldats. La mort qui rôde, le froid et l’humidité des tranchées, le manque des proches… les tourments sont nombreux. Tout cela culmine avec la pierre tombale du dernier soldat à mourrir lors de la guerre : George Lawrence Price, un soldat canadien tué le 11 novembre 1918 à 10h58. Deux minutes avant le cessez-feu de l’Armistice. D’abords enterré au cimetière d’Havré, juste en dehors de Mons, sa dépouille sera transférée au cimetière militaire de Saint-Symphorien. C’est cette première pierre tombale qui est exposée ici.

Pour la population civile, ce n’est pas drôle non plus. L’occupation allemande sera particulièrement féroce. C’est une suite ininterrompue de règles et d’interdiction à suivre mais aussi de privations.

Ça devait être la « der’ des der’ », mais la guerre reviendra en Belgique 22 ans plus tard en 1940, encore plus violente que la précédente. Dans cette partie du musée, c’est plutôt l’expérience des civils qui est mise en évidence, particulièrement ceux qui étaient impliqués dans la résistance comme Marguerite Bervoets, qui sera emprisonnée à Mons avant d’être déportée et exécutée.

La visite se conclut avec une expérience immersive sur la libération de Mons. Dans une salle, des petites guérites sont aménagées. A l’intérieur, un casque de réalité virtuelle et un casque audio qui permettent de se mettre dans la peau soit d’un soldat américain, d’un soldat allemand, d’un.e résistant.e ou d’un.e civil.e! C’est assez bluffant, je ne vous en dis pas plus pour ne pas vous spoiler ! Attention, l’expérience immersive dure jusqu’au 20 juin 2020.

Mons Memorial Museum

Boulevard Dolez 51

7000 Mons

BAM Mons, un musée qui claque !

Si vous aimez l’art contemporain, vous ne devez pas louper le BAM (Beaux-Arts Mons). Déjà le bâtiment donne le ton : c’est un immeuble contemporain, blanc tout en angle. A l’intérieur, les espaces sont aérés et on imagine qu’il y a de la place pour de grandes installations. Au programme, trois expositions bien différentes les unes des autres mais d’une qualité remarquable.

La première, c’est « Le surréalisme dans les collections montoises ». Le surréalisme est cher au coeur des Belges (c’est une seconde nature, presque). Ici, des artistes hennuyers, belges et internationaux sont exposés. Bienvenue dans le monde de l’étrange où la réalité est détournée et ou l’onirisme et la psyché tiennent le beau rôle. Parmi mes préférés, les peintures sombres, rappelant un peu Dali, et le bestiaire imaginaires d’Ivan Tovar et les couleurs lumineuses des oeuvres de Camille De Taeye où chaque tableau semble vous plonger dans un rêve ouaté. Vous trouverez aussi une petite expérience assez rigolote à faire. Dans une pièce en forme de carré, vous êtes invité.e à mettre un casque où sont diffusés des sons sans queue ni tête (on est dans le surréalisme, tout de même) et à marcher en écoutant attentivement et en laissant votre cerveau faire comme il veut. A partir de ces sons, vous déterminerez à quelle oeuvre ils vous font penser.

 

Au sous-sol, c’est une exposition un peu « trash » qui vous attend. C’est comme si on avait mis le trublion de la classe à la cave ! Anamor marque par l’utilisation abondante par Nicolas Failly, l’artiste, d’animaux taxidermisés. Collectionnés par l’artiste (la collection est son dada), ils sont mis en scène, souvent sous cloche, représentant de petite scénettes, ou semblables à des icônes. C’est à la fois beau, repoussant, perturbant et poétique. Par contre, si les animaux empaillés vous répugnent ou si vous visitez avec des enfants sensibles, ce n’est peut-être pas l’expo pour vous.

La pièce de résistance, c’est Memento Mons, une très belle exposition qui reprend le principe du cabinet de curiosités. Le cabinet de curiosité était très en vogue au XIXème et les collectionneurs aimaient à montrer leurs trouvailles, souvent précieuses et/ou rares combinant des « naturalia» (issues de la nature, du minéral à l’animal), des artefacts (oeuvres d’arts, bijoux, artisanat, outils scientifiques…) ou encore des objets venus d’ailleurs, les « exoticae ». Le tout étant agencé par le goût et le fil rouge personnel du collectionneur.

Dans Memento Mons, les collections historiques des musées montois sont mélangées à des oeuvres d’art contemporain ou de design : depuis les silex taillés lors de la préhistoire de la grotte de Spienne à un tabouret couvert de paillettes crée en 2018. Comme dans un vrai cabinet, l’exposition est arrangée par thèmes : « Mineralia », « Humanitas », « Albicolor », « Animalia »… Ce grand fourre-tout où en un clin d’oeil, on peut parcourir des siècles de vie sur Terre, est fascinant et à chaque thème, c’est un peu comme si j’allais déballer un panier surprise. Que vais-je y trouver ? Cela nous emmène à prendre énormément de recul sur l’Homme, son impact et le monde où nous habitons. Petit plus insolite, dans certaines salles de thèmes, des galets parfumés ont été disposés. Reniflez-les : à quoi l’odeur vous fait-elle penser ? Elle est en rapport avec une des oeuvres exposées. Je dois dire que ce n’est pas facile que ça, je me suis plantée à chaque fois (il y en a 5). Essayez de jouer le jeu sinon, reportez-vous au livret qu’on vous donnera à l’accueil du musée !

Attention, toutes ces expos se terminent au mois de janvier !

BAM Mons

Rue Neuve 8

7000 Mons

Où dormir à Mons ?

Hotel Lido Mons Centre

J’ai passé la nuit au Lido, un hôtel situé juste sur le grand boulevard à l’entrée du vieux Mons. Nous ne sommes pas ici dans un hôtel de charme mais ce 4 étoiles sans chichis a pas mal d’atouts pour lui : sa situation, la taille, le confort et l’équipement des chambres, la présence d’un spa (que je n’ai malheureusement pas pu tester MAIS, il est au dernier étage et j’ai cru voir une vue sur la ville depuis le jacuzzi !

Là où le Lido brille, c’est par ses petites attentions (comme un parapluie qu’on m’a laissé emprunter après mon check-out) et le buffet du petit-déjeuner. Bien difficile sera celui ou celle qui n’y trouvera rien à son goût ! Quand au prix, c’est plutôt raisonnable pour un quatre étoiles ! Les prix les plus bas sont à partir de 74 euros sans le petit-déjeuner pour 2 personnes.

Hôtel Lido Mons Centre

Rue des Arbalestriers 112

7000 Mons

Où manger à Mons ?

El Camerluche

Que voilà un restaurant tout nouveau, tout beau ! Il a ouvert il y a un mois et demi-seulement (à la date où est publié cet article). Rien qu’avec le nom du resto, la couleur est annoncée. Un « camerluche » , c’est un ami, un camarade. Nous sommes donc dans une taverne de spécialités wallonnes !

Situé en bas de la rue des Fripiers, le lieu est vraiment accueillant : à l’entrée, des fauteuils autour d’une table pour l’apéritif, beaucoup de bois, une cheminée pour le côte cosy (particulièrement bienvenue en la journée glaciale où je me suis rendue) et une sympathique chef, Loïc Deroubaix, qui a pris le temps de m’expliquer le concept du restaurant qui repose sur l’approvisionnement en circuit court, le plus possible.

A la carte, des plats typiquement wallons comme le chicon au gratin, les boulettes sauce tomate ou encore, le pinacle de la gastronomie montoise : la côte de porc al berdouille. Al quoi ??? La sauce al berdouille est une sauce à base de moutarde, cuite avec des échalotes, du bouillon de boeuf, du vin blanc, du vinaigre ET des cornichons au vinaigre en petits morceaux. Cette sauce brune avec les morceaux de cornichons ressemble à de la « berdouille », c’est à dire de la boue avec ses morceaux de terre dedans. Et je vous jure que c’est délicieux ! Comment je le sais ? Parce que c’est ce que j’ai commandé. Bien qu’originaire de la région, je n’en n’avais jamais mangé ! Une fois ma commande effectuée, Loïc me montre la pièce qu’il va cuire pour moi. Elle est tout simplement énorme !!! Je me dit que c’est pas possible, ça va réduire à la cuisson. Lorsque ma côte à l’os arrive nappée de sa sauce avec ses frites et sa salade, ma mâchoire manque de se décrocher. Réduite ? A peine ! J’empoigne mes couverts et me lance à l’assaut. Je me régale vraiment ! La viande, lardée, est un véritable régal ? Le goût de la viande est particulièrement bien mise en valeur parle côté un peu acide de la sauce. Bref, j’ai vraiment fait bombance. Tellement qu’il n’y avait aucune place pour un dessert. Alors si vous cherchez une adresse conviviale, avec des produits de qualité à un prix raisonnable, vous avez trouvé !

El Camerluche

Rue des Fripiers

7000 Mons

 

Tocco d’Italia

Mons et le Borinage sont terres d’immigration. Nombreux sont les travailleurs venus de loin pour faire tourner les charbonnages qui faisaient la richesse de la région et les plus nombreux furent les Italiens. Votre blogueuse est issue de cette migration. Et la gastronomie italienne est presque considérée comme locale après tant d’années. Il était donc logique d’aller manger dans ce restaurant qui se situe à deux pas de mon hôtel. Après mes balades dans les deux musées, l’appétit était revenu ! L’intérieur du restaurant signale que je vais manger comme à la maison. Ce côté familial sera renforcé par l’accueil vraiment adorable. Je sens que la cuisine sera du marché et je ne me trompe pas ! Allez, comme je n’ai pas eu assez de mon quota de cochonnaille pour la journée, j’opte pour du prosciutto en antipasto. Je m’attendais à trouver quelques tranches de Parme avec un morceau de melon… simple et efficace ! Mais non, c’est une énorme assiette qui arrive devant moi. Je crois qu’une petite queue en tire-bouchon risque de me pousser dans le bas du dos pendant la nuit. Sans surprise, ma gourmandise me fera finir l’assiette. Sagement, je décide en guise plat principal de me rabattre sur les pâtes. Ce sera donc des tagliatelle fraîches aux oeuf, sauce al pesto. Elle sont servies dans les règles de l’art avec ses pignons de pin grillées. Ça y est, je me sens retournée au pays des ancêtres !

Allez-y faire un tour, vous comprendrez pourquoi il est autant prisé des Montois. Je l’ai déjà dit, mais le personnel en salle est au petit soin, et pas seulement parce que j’étais invitée!J’ai pu observer la même sollicitude envers les autres clients.

Tocco d’Italia

Rue de Nimy 114

7000 Mons

Où sortir à Mons

Golden Coach

Non, avec un nom pareil, ce n’est pas un pub irlandais mais un bar à bières un peu particuliers où l’on se sert soi-même. Vous prenez une carte magnétique sur laquelle vous chargez de l’argent puis vous vous dirigez vers un comptoir où plusieurs pompes sont alignées. C’est à vous de choisir la bière que vous voulez. Vous insérez la carte et un montant est déduit en fonction de la quantité que vous prenez. Le lieu est vraiment très beau, le bar grand, aéré, la déco est superbe, le concept est très sympa mais là où le bât blesse, c’est dans le choix des bières disponibles. Ça manque furieusement de découvertes quand on est une habituée des bières. Pour ceux qui ne s’y connaissent pas, c’est une excellente manière d’en pouvoir goûter plusieurs sans avoir à commander un verre entier.

Golden Coach

Rue des Clercs 6

7000 Mons

Mons, coeur en neige

Vous êtes à Mons pour la période de Noël, restez jusqu’à la nuit tombée (ça tombe bien à 16h30, il fait déjà quasi noir) pour profiter du marché de Noël « Mons, coeur en neige ». C’est sur la Grand-Place, magnifiquement illuminée, que se passe le gros des festivités avec les chalets des artisans, les chalets des restaurateurs (on vous recommande celui des spécialités belges où vous pourrez manger une super carbonnade au spéculoos et les bières d’une de mes brasseries préférées : la Brasserie du Borinage). Le petit plus « esprit de Noël » revient au chalet de la solidarité où les visiteurs peuvent déposer des biens d’hygiène de première nécessité qui seront distribué à ceux qui en en besoin.

Pour les plus petits, il y a un manège, un sapin mécanique et sur le célèbre marché aux Herbes (LE lieu de sortie pour les bars à Mons), on a installé une grand patinoire. Moi qui suis une habituée des Plaisirs d’hiver à Bruxelles, j’ai aimé le côté convivial et local du marché. J’y étais le soir de l’inauguration et les Montois avaient bien envie de faire la fête ! Alors si vous aimez les marchés de Noël mais que vous fuyez la foule et le côte « surtourisme », venez faire un tour à Mons.

Pour aller plus loin

Rejoindre Mons est très facile. Vous devrez néanmoins certainement passer par Bruxelles, sauf si vous venez de Lille ou du nord de la France où il existe des trains directs depuis Lille-Flandre.

Si vous arrivez à la gare du Midi à Bruxelles, il y a au minimum deux trains par heure (jusqu’à 4 à l’heure de pointe).  Si vous venez de l’aéroport, il y a un train direct mais si vous le manquez, vérifiez s’il n’est pas plus rapide de prendre une correspondance à Bruxelles-Nord plutôt que d’attendre le suivant.

Plus d’informations sur https://belgiantrain.be 

Cette escapade à Mons a été réalisée en partenariat avec VisitMons mais les opinions de l’auteure lui restent propres, malgré les délices de la côte al berdouille.

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