Continuons notre périple le long de la côte lettone. À l’extrémité sud, se tient Liepāja, premier port, et troisième plus grande ville du pays et qui s’appête à devenir capitale européenne de la culture 2027, ce n’est pas rien ! Quel contraste avec Ventspils, qui est aussi pourtant une ville portuaire. On est de retour « dans la grande ville » ici. À l’atmosphère paisible et relaxante de la première, se succède une énergie bien palpable. Les Lettons disent de Liepāja que c’est ici que naît le vent. Il y a peut-être un peu de ça… En tout cas, je le sens directement alors que j’arrive au cœur de la ville, sur Rozu Laukums, la « Place des roses » où se trouvent mon hôtel, et, gros avantage, l’office du tourisme. C’est la fin de matinée… j’ai pas mal de temps devant moi !Le temps de déposer mes affaires, de passer me renseigner chez Travel Liepāja, me voilà armée pour découvrir la ville avec des idées et des brochures.
Pour découvrir Liepāja, suivez la musique !
Dans l’imaginaire letton, en plus du vent, Liepāja est associée à la musique. Là aussi, il y a peut-être un lien. La salle de concert The Great Amber, en est la parfaite illustration, mais nombreux sont les chanteurs et musiciens en tous genres qui sont nés, ont grandi ou ont vécu ici. Et cette vocation musicale est le fil rouge qui va vous aider à découvrir la ville grâce à des notes de musique en laiton, encastrées dans les trottoirs, qui vous emmènent à travers les rues et les quartiers de Liepāja. Prévoyez au moins une demi-journée pour faire tout le parcours, et je recommande également d’aller chercher une carte à l’office du tourisme avec tous les renseignements sur le parcours Follow The Notes et ce que vous allez y voir.
Je vais vite découvrir que Liepāja est une ville de pavés, de gros pavés, style chaussée romaine. Comme Ventspils, d’ailleurs.
Pētertirgus, le Marché Saint-Pierre
La promenade commence à nous emmener sur la place du marché où trône une superbe halle, Pētertirgus, datant du début du XXe siècle, comme on en trouve énormément à travers l’Europe. Les halles servent toujours de marché de nos jours, un marché qui se prolonge sur la place. Nous sommes en automne et les stands des maraîchers regorgent de bonnes choses : potirons, courges, citrouilles, choux, carottes, pommes de terre, pommes, poires… À l’intérieur, on trouve plutôt des bouchers, boulangers, fromagers et poissonniers, tous réunis sous la grande verrière des halles. Qui a besoin d’un supermarché avec pareille offre ?
Donnant sur la place, se trouve la cathédrale Saint-Joseph, une église catholique de style néo-romane et le plus grand édifice catholique de Courlande, un exemple de la tolérance religieuse qui anima Liepāja. Avant d’être largement sécularisés par des décennies de communisme, les Lettons étaient majoritairement protestants ou orthodoxes. Ville portuaire et ouverte, Liepāja a donc vu fleurir de nombreuses églises, temples et synagogues au fil de son histoire. L’église protestante Sainte-Anne, le plus haut bâtiment de la ville, lui fait face. Une synagogue se trouvait aussi tout près mais elle fut complètement détruite lors de l’invasion nazie, en 1941.
De la place Jānis Čakste au Parc de la plage
Les notes finissent par m’emmener vers la place Jānis Čakste. Cette grande esplanade porte le nom du tout premier président letton. Entourée d’arbres, de bâtiments altiers et remplie de fontaines, il s’agit d’un des grands points de rencontre de la ville, notamment pour des évènements d’envergure. Nous sommes dans les beaux quartiers de Liepāja, avec des immeubles en pierre datant du début du XXe siècle, tous plus élégants les uns que les autres.
Vous humez l’air ? Il y a comme un mélange de forêt et de sel ? Nous approchons du parc de la plage, une grande surface boisée qui sert de transition entre la ville et la jolie plage de sable blond qui fait la réputation de Liepāja. C’est un plaisir de s’y promener et les habitants aiment y venir avec leurs toutous, s’arrêter dans des petits cafés en plein air, ou venir avec les enfants pour profiter d’une des plaines de jeu… Au sein du parc, ne manquez pas « The Tree of Ghosts ». Cet arbre en métal a été érigé en hommage à un des plus grands groupes de hard-rock/métal de Lettonie, Līvi, avec une carrière qui a commencé en 1976, au temps de l’URSS ; leur dernier album est sorti en 2018. Une belle longévité même si certains membres sont décédés (leurs noms sont gravés dans le tronc de l’arbre). En appuyant sur les boutons fichés sur les bancs, vous entendrez quelques-uns de leurs morceaux les plus célèbres.
Plage de Liepāja
Mais plus forte encore qu’une guitare qui rugit, c’est la voix des vagues qui m’attire… Enfin, la voilà, la mer Baltique ! Bleue, un peu agitée pour cause de vent, le soleil brille et fait miroiter sa surface… Sur la plage, la ville a installé un véritable aimant à selfie Instagram : un grand panneau en métal avec le logo de la ville où on fait un peu la file pour se photographier ou se faire prendre en photo. Heureusement, nous sommes en automne, et la fille est réduite… Prenez le temps de vous balader, de chercher de l’ambre (on en trouve de tous petits morceaux, surtout après une journée de mer agitée), ressentez ce fameux vent de Liepāja… Certes, les bars de plage seront peut-être fermés lors de votre visite, mais ça ne change rien à la beauté du spectacle de la mer.
De là, je continue de suivre les notes, direction l’étang aux cygnes. Pas loin de la plage, ce petit quartier résidentiel qui entoure cet étang vous en met plein les yeux avec de nombreuses, et fort cossues, villas en bois de toutes les couleurs, typiques de l’architecture lettone. Semi-cachées par les arbres, on a bien du mal à les photographier correctement, mais je me suis mise à rêver d’en posséder une ! Au centre de l’étang, où j’ai plutôt vu des canards que des cygnes, trône une espèce de petit temple à la grecque, fort romantique, et que j’imagine servir à bien des photos de mariage.
La Liepāja Art Nouveau
De là, toujours en suivant les notes de musiques, ont remonte Kūrmājas prospekts, une longue avenue qui relie le centre-ville à la mer. Alors que Liepāja devenait cité balnéaire, de nombreuses personnes aisées y firent construire leurs résidences ou maison de vacances. Le long de l’avenue, je croise des installations, toutes tirées des paroles de l’hymne de Liepāja « Pilsētā, kurā piedzimst vējš », « La ville où naît le vent ». Le corbeau, le charpentier de marine, le téléphoniste, tous les personnages évoqués sont là. Et avec le téléphoniste perché sur son poteau, on peut même chanter un couplet de la chanson !
Plus loin, arrêtez-vous pour admirer le Gymnasium, un bel édifice Art nouveau qui a débuté son existence en tant qu’école secondaire pour filles. Elle est toujours en service mais aujourd’hui, les classes sont mixtes. Presqu’en face, se trouve un grand bâtiment d’une blancheur éclatante : l’ancien quartier général de la Russian-East Asian Steamship Company, aujourd’hui un tribunal. Prenez le temps, en suivant les notes, d’admirer les superbes immeubles Art Nouveau le long de Graudu iela. L’Art Nouveau fut extrêmement populaire en Lettonie, et pas seulement à Riga, Liepāja possède quelques beaux exemples de ce style architectural, c’est d’ailleurs la deuxième ville de Lituanie en termes de nombre de bâtiments de ce style classés au patrimoine national
Des petites rues me conduisent vers un endroit insolite : la Cour de Juliana, un ancien complexe industriel transformé en hub créatif. A la place d’une imprimerie, d’une fabrique de sandales et d’un atelier de couture, on trouve des lofts, des bureaux pour jeunes entrepreneurs, des bars et cafés… Un lieu un peu bohème, un peu hipster, ou il fait bon s’attarder.
De là, on rejoint les bords du canal du commerce qui relie le lac Liepāja à la mer. Une promenade a été aménagée sur sa rive gauche et ici, avec les bateaux amarrés le long des quais, l’appel du large est encore plus fort que quand on se trouve sur la plage. La balade est particulièrement agréable au coucher du soleil !
Passage à La Grande Ambre
Et en remontant la promenade, on ne peut pas manquer ce bâtiment qui est devenu une véritable icône de la ville : la salle de concert « La Grande Ambre ». Sa silhouette orange, de la couleur de la résine, tranche avec le ciel bleu. C’est l’architecte autrichien Volker Giencke qui s’est inspiré de « l’or de la Baltique » pour la dessiner. On dirait un gigantesque morceau d’ambre, taillé en facettes : 8 étages, plusieurs salles, dont une qui peut accueillir environ 950 spectateurs, une acoustique exceptionnelle aussi. N’hésitez pas à y entrer, on peut le faire librement (et il y a d’ailleurs un café à l’intérieur, en plus du bar dans le foyer les soirs de spectacle). Avec ses fenêtres orange, on a l’impression d’être une inclusion enfermée dans son ambre, ou de vivre dans un coucher de soleil perpétuel… Le lieu est en tout cas spectaculaire, et j’aurai la chance d’y revenir plus tard pour une visite (que tout un chacun peut réserver), et une représentation !
Eglise de la Sainte-Trinité
Dernière étape de notre « route de la musique » avant de retrouver la place des roses : l’Eglise de la Sainte-Trinité. Cette église est tout aussi blanche à l’extérieur qu’à l’intérieur. Sa construction a démarré en 1742 mais elle ne fut achevée qu’en 1866. Elle a néanmoins gardé son style néoclassique, avec des éléments baroques. Sobre et élégante, le blanc met en valeur les nombreuses dorures qui ornent les statues, les lustres, la chaire de vérité et surtout, l’immense orgue, le plus grand orgue mécanique au monde avec pas moins de 8 000 (oui, 8 000) tuyaux ! Vous pourrez l’admirer de plus près et aussi affronter les escaliers du clocher d’où vous aurez une vue évidemment imprenable sur toute la ville !
Et ainsi, s’achève cette promenade, les dernières notes vous ramènent devant l’office du tourisme… Vous avez découvert l’essentiel de Liepāja… Vous pensez que c’est beaucoup ? Il y a encore plus !
Voyage dans le temps dans l’auberge de Madame Hoyer
Vers la fin du XVIIe siècle, un marchand hollandais, David Hoyer, s’installe à Liepāja qui fait à l’époque partie de l’Empire russe. Il se marie avec une certaine Margarethe Holst. Ensemble, ils ont quatre enfants et ouvre une auberge aux alentours de 1677 mais David meurt soudainement. Voilà donc la veuve, avec 4 enfants à charge, qui se retrouve à la tête de cette affaire qu’elle mènera d’une main de maîtresse. Parmi les clients de prestige qui sont venus y dormir et y manger, pas moins que le tsar Pierre-le-Grand, alors en route pour son tour d’Europe (il paraît que Madame Hoyer a dû lui rappeler de la payer au juste prix) en 1697. Son auberge a miraculeusement survécu à l’histoire tumultueuse de la ville, c’est d’ailleurs le plus ancien bâtiment de la ville. Aujourd’hui, il est devenu un musée en deux parties. Le plan original de l’auberge a été restauré. Autre miracle, quelques ornements d’époque ont survécu !
Ce sont surtout les quartiers privés de la famille Hoyer qui impressionnent avec leur mobilier d’époque (coffre, buffet, lits…).
À l’étage, c’est tout autre monde ! Nous rentrons dans le monde de la famille de Christoph Wilhelm Stender. Les Stender et leurs descendants furent propriétaires de la maison jusqu’aux années 1930. Christoph Wilhelm était notaire, un nanti, donc. Son intérieur a été recréé pour montrer à quoi ressemblait un intérieur bourgeois de la fin du XIXe/début du XXe siècle. On dirait que la famille pourrait revenir à tout moment ! Il y a même un mignon petit train électrique !
Cerise sur le gâteau, la partie auberge… en est véritablement une ! Vous pouvez y manger des spécialités locales, servis par un personnel en costume d’époque tandis qu’un petit café se cache dans l’appartement des Stender.
Auberge de Madame Hoyer – Musée de l’intérieur du XVIIe et du XIXe siècle
Kungu iela 24, Liepāja
Musique, à The Great Amber
Si on me demande quels sont les plus beaux bâtiments contemporains d’Europe, je mets sans hésitation la salle de concert « The Great Amber » dans le top 10. Depuis 2025 ce bâtiment, ressemblant à une pierre d’ambre géante taillée, marque le paysage urbain de son empreinte par sa taille et par couleur d’un orange profond. Elle est l’œuvre de Volker Giencke, un architecte autrichien qui a eu l’excellente idée de choisir « l’or de la Baltique » pour conceptualiser cette boîte à musique. Également d’importance pour une salle de concert, l’acoustique et l’éclairage ont été confiés à des pontes : l’Allemand Karl Heinz Miller et l’Autrichien Christian Bartenbach. Elle est la maison de l’orchestre symphonique de Liepāja mais outre les concerts, on peut assister à des opéras, des festivals, du ballet… J’en ai déjà parlé brièvement lors de la balade en ville mais, Lecteurice, je t’engage vraiment à y entrer, voire même à réserver une visite guidée (tous les dimanches à 11h, 4€) pour en connaître tous les secrets. J’ai eu la chance d’avoir eu une visite express privée… J’avais déjà évoqué cette sensation de nager dans la résine de pin originelle, qui va finalement se durcir pour devenir pierre… mais il y a aussi, comme une grande sensation de légèreté à l’intérieur, avec ses immenses fenêtres ouvertes sur le canal du commerce.
L’une des curiosités des espaces publics, est une installation visuelle et sonore issue d’un studio espagnol et qui génère du son selon l’activité humaine !
Quel contraste quand on plonge dans le noir du Grand Hall, la plus grande salle du complexe. Elle peut accueillir plus de 950 spectateurs, pas mal ! Coup de chance pour moi lors de mon passage, l’orchestre était justement en pleine répétition. L’occasion de les voir à l’œuvre.
Encore mieux, à la fin de ma visite, j’apprends que je suis invitée à assister à un concert le soir même. Liepāja est le lieu d’une demi-finale de compétition de musique classique entre pays entourant la Baltique. Quel honneur ! Mieux habillée que d’habitude, j’arrive donc à The Great Amber, toute illuminée de l’intérieur dans la nuit lettone. Quelle différence avec la journée ! Le bar du foyer bruisse d’activités, une lumière dorée remplace l’orange, tout ce petit monde se régale d’un verre de vin ou un cocktail. Les plus sages dégustent un café. Enfin, la sonnerie nous invite à rejoindre nos places. Je suis un peu émue, c’est mon premier concert classique dans une salle d’une taille pareille et dans le cadre d’un festival. Le silence se fait. Chaque membre du jury et le chef d’orchestre sont présentés et applaudis. Le premier candidat du soir, un pianiste polonais, s’avance, l’air relativement confiant, et prend place. Le chef d’orchestre bouge légèrement les bras, la main du pianiste se léve… et la magie opère !
Sachez que les prix pour les concerts de l’orchestre symphonique commencent à 12€.
The Great Amber « Lielāis Dzintars »
Radio Iela 8
Karosta, vestiges soviétiques
À quelques encablures de Liepāja (avec le bus N°3 depuis le centre-ville ou en vélo via une piste cyclable toute récente), un peu plus au nord, se tient Karosta. Cette ville-garnison fut établie au temps de l’empire russe par le tsar Alexandre III en 1890. Au départ, ce qui devait être une forteresse et un port de guerre portait le nom du tsar. Après l’indépendance lettone, elle prend le nom de Kara Osta (littéralement « Port de guerre », qui sera raccourci en Karosta. Lorsque les Soviétiques s’emparent de la Lettonie après la Deuxième Guerre mondiale, Karosta devient la plus grande base navale sur la Baltique de toute l’URSS et devient une zone interdite à qui n’y travaille pas. Les Russes ne quitteront les lieux qu’en 1994.
Depuis, Karosta a dû se relever. Intégrée à Liepāja, elle est si vaste qu’elle représente un tiers du territoire de la ville. Les années qui ont suivi l’indépendance n’étaient pas faciles puisque vidée de ses habitants, qu’ils soient soldats ou civils (les logements sont d’ailleurs encore très vides). Criminalité, drogue, insécurité… Mais petit à petit, elle se relève. Les grands espaces sont colonisés par les artistes, et le patrimoine insolite de Karosta attire de plus en plus de visiteurs.
C’est vraiment un drôle d’endroit, en effet, une élégante mais sévère architecture militaire de la Belle Époque côtoie les fameuses « barres soviétiques » des années 60 et, au milieu de tout cela, un gros bonbon doré : l’église orthodoxe Saint-Nicolas.
Cathédrale navale orthodoxe Saint-Nicolas
Saint-Nicolas, c’est le patron des enfants, mais c’est aussi celui des marins ! Pas étonnant que l’église de la base lui soit dédiée. Ses 5 dômes en oignons, recouverts d’or, rayonnent dans le décor un peu rigide de Karosta. On peut en admirer l’extérieur à loisir, mais pour l’intérieur il faudra être patient ! À peine inaugurée (en 1903), elle est vidée en urgence de ses icônes et objets d’art au début de la Première Guerre mondiale. Le reste sera volé ou confisqué par les Allemands. Lors de la première indépendance, elle devient cathédrale luthérienne jusqu’au début de l’occupation par l’URSS. Karosta devient zone interdite et la cathédrale est transformée en gymnase, en cinéma, même en lieu récréatif pour les militaires… L’intérieur est alors quasi complètement saccagé. Si elle est rendue au culte après le départ de l’armée russe, la cathédrale est en rénovation constante. Malheureusement, je n’en verrai que l’extérieur, le lieu n’étant pas ouvert.
La jetée nord de Karosta
Alternative à la plage de Liepāja, celle de la jetée nord est assez particulière puisque bordée par la jetée nord, la plus grande de Liepāja. Ce qui fait sa particularité, ce sont les blocs de béton qui ont contribué à construire la jetée, en forme de monumentales étoiles. De l’autre côté, on trouve des reliques d’installations militaires, qui ont à moitié sombré dans la mer. Un décor évocatif qui serait parfait pour une scène de film !
La prison de Karosta
Mais celle qui attire tous les regards à Karosta, c’est l’ancienne prison. Au départ, ce solide bâtiment de briques rouges devait être un hôpital pour la base navale. Il ne le deviendra jamais. À la place, sa vocation sera celle de prison militaire où les marins qui enfreignaient les règles allaient purger leur peine. Elle le restera jusqu’à l’abandon de la base en 1994. Véritable capsule temporelle du temps de l’URSS, la prison se visite, on peut y jouer (avec un escape game), y manger et même… y dormir (soit en tant que prisonnier, soit en tant qu’officier, soit dans un appartement « soviet chic ») ! Lors de ma visite, j’ai eu droit à une visite en français, en compagnie d’un ancien gardien qui a fait la Légion étrangère ! Il va donc me mener à travers de sombres couloirs où des bureaux qui n’ont pas l’air d’avoir changé depuis les années 80 jusqu’aux cellules où de nombreux prisonniers ont laissé des traces de leur passage. Brrrr… Ce qui m’a flanqué des frissons, c’est la découverte du cabinet médical avec son matériel qui ressemble fort à des instruments de torture…
Dehors, une bande d’adolescents en rang d’oignon, en train de se faire crier dessus par un garde en uniforme. C’est une des immersions proposées pour les groupes scolaires, histoire de rappeler comment ça se passait au temps de l’URSS. Bref, Lecteurice, tu l’auras compris, c’est un endroit pas comme les autres, à visiter absolument… et à ne pas négliger, le petit passage au bufete, le petit café de la prison qui est lui aussi resté figé dans le temps, tout comme son intendante.
Invalīdu iela 4
Moment nature à Zirgu Sala
Pour celleux qui ont envie de s’échapper un peu de l’environnement urbain (bien que Liepāja soit relativement relax), rendez-vous à Zirgu Sala, « l’île du cheval », facilement accessible depuis le centre-ville, cette île au bord du lac Liepāja est un des endroits préférés des locaux. Depuis la Nature House qui sert de centre d’accueil, empruntez le sentier en bois qui vous fera visiter l’île sur 4 kilomètres. Sur une longue jetée, vous tomberez sur un des grands classiques des sentiers nature en Lettonie, une tour d’obseervation des oiseaux (jumelles recommandées) et tout au bout, se trouve une plateforme d’observation avec une vue imprenable sur le lac. Gros bunus : le sentier est très bien aménagé avec des bancs, des aires de picnic… UN chouette moment de respiration !
Zirgu sala 2
Liepāja, capitale européenne de la culture 2027
Liepāja se fait belle, et pour cause… 2027 va être une année à marquer d’une pierre blanche puisque la troisième ville de Lettonie s’apprête à devenir, avec Évora au Portugal, la capitale européenne de la culture, après Tartu, en Estonie, et Oulu, en Finlande. Pendant un an, plus de 500 évènements, dont un grand nombre seront gratuits, vous prendront possession des institutions culturelles et des espaces publics de la ville, mais aussi des régions de Courlande du Sud et de Kuldiga. L’occasion de découvrir le sud-ouest de la Lettonie. Parmi les gros évènements de l’année, signalons le festival des lumières the Illuminated Liepāja (du 17 au 23 mars), et le festival Europa Cantat, qui rassemblera plus de 3 000 choristes venus de quatre coins d’Europe, un bel hommage à la tradition musicale de Liepāja et à la fameuse Révolution chantante qui a libéré les Pays baltes du joug soviétique.
Plus d’informations sur Liepaja 2027.
Comment rejoindre Liepāja ?
Liepāja est facilement accessible en transports en commun, que ce doit depuis Riga, les autres villes lettones ou les villes de Lituanie toutes proches comme Klaipeda et Palanga.
En train vers Liepāja
Étonnamment, la 3e ville lettone est mal desservie par les trains qui roulent à des heures peu pratiques. Il n’y en a qu’un en semaine (vers 18h20 depuis Riga, 4h57 depuis Liepāja) et un train supplémentaire les week-ends (à 13h55 depuis Riga, 15h55 depuis Liepāja). Plus de renseignements sur www.vivi.lv
En bus vers Liepāja
De nombreux bus circulent depuis Riga, mais aussi depuis d’autres villes importantes de la région comme Ventspils, Kuldīga ou Talsi. Pour venir depuis les autres grandes villes de Lettonie (Jelgava ou Daugavpils par exemple), il faudra passer par Riga. Plus d’information sur www.1188.lv , www.bezrindas.lv et www.infobus.eu/en .
Depuis la Lituanie plusieurs bus Lux Express circulent depuis Klaipeda, en passant par Palanga avec www.luxpress.eu ou https://liepajasture.lv/en/