- Bruxelles , Belgique -

July 2017

Les souvenirs de voyage qui me collent à la peau…

Il suffit d’un éclair, un déclic… Il faut que tu imagines un peu le décor, Lectrice, Lecteur… Une vieille maison de coron de charbonnage, celle de ma grand-mère. Les seules choses ayant changé de mon enfance, c’est le four, le remplacement de la baignoire par une douche et la couleur des papiers peints. Un décor que je connais depuis 43 ans.

Il y a vingt minutes (au moment où je commençais à écrire cet article), je sortais de la salle de bain. L’émission des « Belges du bout du monde » se termine par un morceau de musique brésilienne et là, j’ai un flash : mon esprit fait un saut dans l’espace et dans le temps et me ramène à mes petits matins brésiliens, dans les multiples auberges où j’ai séjourné. Il y avait ce même soleil, une même douceur et à chaque fois, de la musique. Le menu restait inchangé où que j’aille : petits pains, fromage ou jambon et invariablement, du gâteau dont la composition changeait tous les matins (nature, coco, au chocolat, marbré…). Mais c’est la musique qui m’avait marqué, sans que je ne m’en rende vraiment compte. Le premier matin en Argentine avait d’ailleurs été un petit choc : pas de musique dans la salle commune, j’étais déstabilisée.

Alors que les dernières notes de musique finissait de sortir du haut-parleur de la radio, mon esprit a commencé à jouer à saute-mouton entre différents souvenir, des souvenirs qui m’avait procuré ce même sentiment de bien-être, de plénitude dans le moment présent. C’était un peu comme voir défiler un film en accéléré. Une succession rapide de couleurs, de sons, de sensations, de goûts, d’odeurs qui se suivent un rythme rapide, avant de ralentir, ma volonté ayant repris le contrôle de mon cerveau pour pouvoir s’attarder au détail. Et qu’ai-je constaté ?

Que ce sont les détails les tout petit moment bien plus que les découvertes de grands Lieux connu qui marquent mon cœur.
Du coup, mon esprit a enchaîné sur les petites choses qui me manquent et d’autres qui m’ont marquées lors de mes voyages. La liste n’est pas exhaustive.

  • Se lever le matin sans plans bien précis, mais en se disant que tout est possible
  • Un oiseau, perché sur un moaï de l’Île de Pâques et qui pousse un cri déchirant juste au moment où le soleil apparaît à l’horizon.
  • Le chant du muezzin qui s’élève dans l’air matinal jusqu’au sommet de Borobudur, mêlé au prière des pèlerins bouddhistes venu dans ce coin de Java.
  • Le sens de l’humour des Jamaïcains.
  • Sortir de la bouche du métro en plein centre de Chicago en ayant emprunté la « Blue Line » et sentir tout à coup une énorme poussée d’adrénaline, comme si la ville vous faisait une piqûre. Alternativement, se coller le nez à la fenêtre quand la Brown Line est suspendue entre terre et gratte-ciel dans le loop, et se sentir comme être projetée dans un film de science-fiction.

  • Partout en France, anticiper l’heure du déjeuner avec l’eau à la bouche parce que l’on sait qu’on va bien manger si on va au restaurant.
  • Le sentiment que l’on est au croisement des civilisations quand, perchée au pied d’un monastère sur sa montagne en Géorgie, votre guide improvisé vous dit : « Cette route en bas, elle va Yerevan » et celle là, c’est pour Bakou, et plus loin, Téhéran… ». Sentir l’appel de la route, et ne pouvoir y répondre, du moins pour le moment.
  • L’impression de vivre à une époque où le monde était jeune et sans complication en Polynésie et où le reste du monde ne semble qu’un écho lointain qui viendrait de quelque part par delà un océan infini. Ce bruit étant noyé dans le bruissement des palmes de cocotier.
  • Etre projetée dans un livre d’image et en plein fantasme des mille-et-une-nuit en se promenant dans la Médina de Fés et vouloir s’y perdre.

  • Mater les Danois dans les cafés et restaurant du quartier de Vesterbro, à Copenhague. En voir trois qui s’assoient juste dans mon champ de vision et être foudriyée par leur beauté. Me dire que je ne pourrais en choisir un, même si on me menaçait de me couper la main.
  • Cet étrange sentiment d’émerveillement mêlé de crainte de respect devant les paysages et le climat du Svalbard. Quelque chose que je n’avais jamais ressenti auparavant. Se rappeler que le slogan du territoire, c’est “Natura dominatur” : ” la Nature domine”.
  • Les couleurs de feu avant le coucher du soleil à San Pedro de Atacama
  • La paix que m’ont à chaque fois apporté les couchers de soleil des îles de Thaïlande, qui pourraient réconcilier n’importe quelle personne fatiguée du monde avec ce qui l’entoure. Avoir les larmes aux yeux en réalisant que pendant quelques minutes, on a vraiment joui du moment présent, en oubliant tout le reste, en se gavant juste les yeux, les oreilles et la peau en pensant à rien d’autre que CE moment.
  • Etre étalée sur le sable d’Ilha Grande, un champs d’étoile par dessus la tête, occulté quelques fois par une feuille de cocotier qui bouge doucement dans le vent du soir, le bruit des vagues dans les oreilles. Se dire qu’on pourrait dormir là.
  • Aller se coucher en n’ayant pas vraiment d’idée de ce que demain apportera, mais en sachant que ce sera quelque chose que ne j’aurai vécu avant.




  1. Sarah
    le 16.12.2017

    J’adore tous tes petits moments! À cette époque où on se concentre sur les images on en oublie parfois les sensations qui nous procurent du bonheur à un instant précis 🙂

  2. Melissa
    le 16.12.2017

    Exactement, Sarah… Je m’en suis rendue compte par après, quand ce moment que je décris en début d’article a déclenchées souvenirs. En fait, je suis tellement focalisée sur plein de choses (notemment faire des photos) que je ne profite pas autant que je devrais. Finalement, reste ces petits moments, cruciaux, qui restent Cole des fulgurances.

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